Les Arcs 2018 : Tout schuss

On revient sur les trois dernières journées de la dixième édition des Arcs Film Festival avec du cinéma, de la luge, des shooters, un dancefloor, des rencontres et un palmarès qui sacre C’est ça l’amour de Claire Burger.

Igloo et glou

Mercredi 19 décembre, la compétition se poursuit à 15H30 au Centre Bernard Taillefer avec L’Animale de Katharina Mückstein, titre à prononcer à l’italienne puisque choisi à partir de la chanson de Franco Battiato. Ce film autrichien suit le quotidien de Mati (Sophie Stockinger) et de ses parents. L’adolescente a tout du garçon manqué : sur son motocross, Mati excelle et se montre même capable de ridiculiser un membre de sa bande. L’unique fille d’une bande à l’influence néfaste, d’échauffourées en boite de nuit à des brimades vindicatives. Le père de Mati travaille dans le bâtiment, paradoxalement, leur maison est toujours en chantier, symbolisant un foyer fragile et inachevé. La mère de Mati découvre un jour que son mari s’adonne à des rapports homosexuels lorsqu’il prétend jouer au tennis avec un ami. Une homosexualité – ou bisexualité – refoulée qui conduit ces parents à souffrir, chacun de leur côté. Mati, elle, découvre aussi une attirance pour les filles. Un éveil sexuel qui la mettra en conflit avec ses camarades de terrains accidentés et autres carrières. Katharina Mückstein déploie deux crises d’identité sexuelle en parallèle et avec style, composant ses plans avec une vraie ambition artistique, des séquences en boite de nuit presque oniriques jusqu’à une véritable épiphanie musicale exploitant la chanson du titre du film. Pourtant son long métrage se montre déséquilibré, mettant en arrière-plan le personnage de la mère alors qu’une forme de monotonie s’empare du quotidien de Mati dans la première partie du film. Cette chronique, loin d’être ratée, souffre aussi du syndrome des fins « trop ouvertes », abandonnant les personnages sans laisser la moindre piste au spectateur. Un procédé un peu roublard, notamment quand on aborde des sujets aussi profonds. Une œuvre lacunaire mais aussi dotée de grandes qualités cinématographiques – le même scénario, mis en image en se contentant de la caméra épaule, aurait été un échec total.

Des consignes assez différentes de celles des voyages en avion

Malgré la présence de Katharina Mückstein et de Sophie Stockinger pour échanger avec le public sur le film, nous n’avons pas le temps de niaiser : il faut être à la place de l’horloge des Arcs 1950 pour participer à la descente en luge en direction de l’igloo aux Arcs 2000. Et c’est sous des chutes de neige abondantes que nous grimpons dans la navette, avec l’inquiétude d’être en retard mais aussi de rester coincé à ce niveau de la station tant cette dernière a envahi les routes. Mais l’efficacité des déneigeuses associée à un conducteur hors-pair pour la conduite sur les routes en lacets de nuit, nous permet de rejoindre les autres festivaliers à temps. Tout le monde s’équipe de lampes frontales, saisit une luge, et descend en direction des télésièges avec, évidemment, quelques sorties de route dans une poudreuse qui empêche d’atteindre des vitesses dangereuses. La montée en télésiège s’avère punitive car on y affronte la neige et le vent, limitant la vision et donnant un aspect peu rassurant à chaque passage de pylône, ces sons métalliques si peu familiers ! Mais tout le monde arrive en haut à bon port, pour une longue descente en virage léger vers l’igloo où nous attend un cocktail dînatoire organisé par Blue Efficience. Grâce à la neige abondante, l’igloo a pu être conçu avec de nombreuses salles et sculptures dans la neige et la glace – d’ailleurs, si vous passez aux Arcs pendant la saison, n’hésitez pas à y faire un tour, il reste ouvert, avec un bar à l’intérieur. Quelques photos :

On pourrait rester des heures dans cet habitacle à discuter et grignoter avec les autres festivaliers, mais une séance du Sommet nous attend avec un film très attendu : Sunset, second long métrage de László Nemes qui nous plonge dans le Budapest de 1913, à l’aube de la Première Guerre Mondiale. Une œuvre magnifique, qui fera l’objet d’une critique complète prochainement. Nous empruntons le cabriolet pour redescendre à 1950 où se tient le Quizz cinéma Sens Critique aux Belles Pintes. Au cours du trajet, tout le monde parle du film : visiblement peu apprécié. Et c’est ici le signe d’un cinéma avant-gardiste et clivant.

l’ordre et le chaos

Pour leur première année aux Arcs, Sens Critique avait plutôt manqué son événement quizz, la faute à un problème d’organisation, où les équipes devaient répondre à haute voix à des questions souvent trop simples. Erreur réparée cette année puisque les équipes disposent d’ardoises pour répondre en une vingtaine de secondes à des questions axées principalement sur les préférences des utilisateurs du site. Avec des arbitres pour valider les points, le quizz se déroule dans l’allégresse dans un bar plein à craquer, où les bières Peroni sont distribuées (gratuitement) par sceaux entiers tandis que l’apparition de Michel Blanc sur la télévision servant au jeu peut permettre de remporter une tournée de shooters pour son équipe : il suffit d’être les premiers à crier le nom de l’acteur des Bronzés. Avec mon équipe – Les Marmottes, que je salue malgré ce nom sans aucune originalité – nous terminons la partie quatrième ex aequo. Pas mal sur une dizaine d’équipes mais avec des points perdus bêtement sur Emma Stone et David Fincher. La soirée se poursuit évidemment O’Chaud, où l’on retrouve toujours les mêmes morceaux mais aussi la même exaltation. Je retrouve encore une fois Agata Trzebuchowska, qui me présente à la réalisatrice Malgorzata Szumowska ainsi qu’au réalisateur Cédric Jimenez. Peu avant 4h, nous sommes repoussés vers le froid et la neige du Village 1950, mais quelqu’un nous interpelle depuis un balcon : la soirée se poursuit dans un vaste appartement au Jardin des Cascades.
Si nous n’étions pas dans les journées les plus courtes de l’année, nous aurions vu le soleil en regagnant nos quartiers respectifs. N’oubliez pas, si vous organisez un after, il faut être près à assumer le nettoyage du lendemain :

Après l’after, c’est le drame

Film favori, nuit sans folie

Jeudi 20 décembre, une session piscine et hammam pour remettre d’aplomb et direction le Taillefer aux Arcs 1800 pour découvrir un film événement présenté en avant-première, La Favorite de Yorgos Lanthimos. Etant fasciné par son œuvre, c’était ma plus grande attente du festival, avec un soupçon de doute sur le projet, le conduisant pour la première fois à une autre époque, l’Angleterre du XVIIIème siècle, à la cour de la reine Anne. Eh bien, il était inutile de douter, c’est tout simplement mon film préféré, une œuvre à la fois fastueuse et iconoclaste sur laquelle je reviendrai très prochainement dans une critique complète. Ce film, avec Emma Stone, Olivia Colman, Rachel Weisz et Nicholas Hoult sera à découvrir dès le 6 février 2019.

Retour aux Arcs 2000 en début de soirée pour le film suédois de la compétition, Aniara de Pella Kagerman et Hugo Lilja. Ce film de science-fiction spatiale propose un voyage aux confins de l’ennui malgré un début prometteur : alors que la planète Terre est condamnée, un groupe d’humains monte à bord d’un vaisseau qui doit rejoindre une colonie sur Mars. Nous suivons une certaine MR (Emelie Jonsson), responsable du MIMA, un système qui permet de se replonger dans des souvenirs de notre planète condamnée. Mais rapidement le voyage tourne à la catastrophe : une vis provoque un dysfonctionnement des moteurs et le capitaine est contraint de se séparer du carburant nucléaire, laissant le vaisseau à la dérive en attendant de pouvoir trouver un corps céleste capable de les relancer vers la Terre. Truffé d’incohérences, avec une protagoniste unidimensionnelle, le film déploie lentement sa dystopie qui s’étend sur plusieurs années, montrant la décrépitude des survivants et le triste quotidien de ces humains s’accrochant au mince espoir de trouver des secours ou un moyen de revenir à la case départ. Autre souci de cette adaptation d’un poème de Harry Martinson, son budget vraisemblablement limité qui donne des décors et effets numériques au rabais : difficile de croire en cette exode interplanétaire dans ses conditions. A propos du danger du nucléaire, on préférera se replonger dans le terrestre et poétique Nostalghia d’Andreï Tarkovski ou revisiter la sublime épopée inachevée d’Andrzej Zulawski, Le Globe d’argent.

La géniale Anne Pouliquen, responsable du Sommet

La nuit débute avec la remise de prix du Hackathon du Sommet, dont c’est la deuxième édition. Remise de prix qui se déroule au Latino Loco où il est littéralement impossible de circuler. Pendant 48h des jeunes développeurs ont formé des équipes pour livrer des applications liées au cinéma, destinées autant au public qu’aux professionnels. A l’issue des 48h, les applications n’ont pas à être pleinement fonctionnelles mais être au-delà de l’ébauche. Les créateurs de Brutus, une application de vote du public pour les César reçoit une mention spéciale. C’est Ciné Poursuite qui remporte le Prix du jury avec une application de quizz qui permet aux spectateurs d’affronter les autres personnes présentes dans la salle en préséance. Enfin, le coup de cœur des professionnels est remis à l’équipe ayant imaginé Ma salle et moi, une carte de fidélité gratuite qui s’applique aux salles Art et essai, destinée à donner aux exploitants des possibilités de ciblage pour leurs newsletter notamment – difficile d’entendre tous les tenants et aboutissants avec certaines personnes n’ayant pas le respect de la parole des lauréats ! Alors que les plateaux de charcuterie tentent de se frayer un chemin dans la salle, un vent de panique saisit certains festivaliers : il n’y aurait plus de vin, déjà. Ayant prévu de voguer vers d’autre horizons, je rejoins Cyrille de Cinédingue à O’Chaud avant de retrouver, une ultime fois, le Chalet Perché – animé par un DJ set, notre cher pianiste ayant déjà quitté la station. Il y a du monde, mais moins qu’à l’ouverture, et je découvre grâce à Claude Duty qu’on peut demander de la Chartreuse on the rocks plutôt qu’un des différents cocktails – certes, très bons – de la carte qui changeait chaque soir. Je tente de retrouver Jack Reynor, arrivée la veille à la station, mais en vain : où peut être passé ce roi des soirées ? Aucune trace de lui de retour à O’Chaud où l’humeur est plus à discuter films qu’à secouer ses vieux os sur la piste. Gardons quelques batteries pour l’ultime journée et la clôture du festival.

Clôture (rime avec biture)

Vendredi 22 décembre, le temps du départ approche, comment profiter encore des paysages alpins sublimes que l’on peut contempler de toutes parts aux Arcs 1950 ? Comment profiter encore un peu de la camaraderie et de la convivialité de ce festival ? Il faut se résoudre à l’évidence, toute bonne chose à une fin et Les Arcs Film Festival ne déroge pas à cette règle sacrée. Heureusement, le cinéma continue tout au long de l’année, mais dans un autre cadre, avec moins de diversité. La neige se change peu à peu en pluie, la température monte, comme un signe du retour inéluctable à la réalité. Sur les coups de 19h, au Centre Bernard Taillefer, alors que les VIP ont déjà pu profiter d’une ou deux coupes, la cérémonie est marquée par une distinction remise à Pierre-Emmanuel Fleurantin et Guillaume Calop, respectivement directeur général et délégué général du festival, par le maire de Bourg-Saint-Maurice : une médaille honorifique qui salue ces savoyards qui ont cru avec succès en la possibilité d’un festival de cinéma fort et pérenne. On notera une petite coupure de courant dans la station, marquant une pause dans le défilé des lauréats et des vidéos de remerciements des absents, et surtout, des invités heureux d’être venus ici où l’on prend des cuites d’exception « J’ai perdu dix ans d’espérance de vie. » déclare notamment Félix Moati tandis que de Marios Piperides à Claire Burger, tous deux récompensés, assument avoir vécu des gueules de bois mémorables. Mais avant d’évoquer l’ultime soirée, fortement arrosée, place au palmarès :

Bouli Lanners et Claire Burger au centre, entourés par les jurés

Palmarès de la 10ème édition des Arcs Film Festival

Flèche de Cristal
C’est ça l’amour de Claire Burger 
Ce prix est doté de 20 000 euros par France Télévisions en campagne digitale en floating sur francetv.fr pour la promotion du film
Grand Prix du Jury
Joy de Sudabeh Mortezai 

Prix du Public
Smuggling Hendrix de Marios PIPERIDES

Prix d’Interprétation Féminine
Emelie Jonsson pour Aniara

Prix d’Interprétation Masculine
Bouli Lanners pour C’est ça l’amour

Prix de la Meilleure Musique Originale
Bernhard Fleischmann pour L’Animale
La SACEM est heureuse d’offrir 1000 euros au gagnant. 

Prix de la Meilleure Photographie
Ari Wegner pour In Fabric

Prix du Meilleur Court Métrage
Ce prix est doté d’une pleine page de publicité (valeur 6 700 euros) ainsi qu’une bannière pendant deux semaines sur le site de Transfuge d’une valeur de 5 000 euros
The girl with two heads de Betzabé Garcia
Mention spéciale
Bonobo de Zoel Aeschbacher

Prix du Jury Jeune
Mug de Małgorzata SZUMOWSKA
Mention spéciale
Aniara de Pella KÅGERMAN et Hugo LILJA

Prix du Jury Presse
C’est ça l’amour de Claire Burger 
Mention spéciale
Aniara de Pella KÅGERMAN et Hugo LILJA

Prix Cineuropa
Aniara de Pella KÅGERMAN et Hugo LILJA
Cineuropa offre 5 000 euros en nature au lauréat (focus, bannière, interviews).

Prix 20 minutes d’Audace
In Fabric de Peter STRICKLAND
20 Minutes s’engage à offrir une campagne publicitaire au film primé dans les pages du quotidien 20 Minutes d’une valeur de 135 200€ Brut, soit 2 fois un quart de page en réseau national.

Prix Arte Kino 
OTHER PEOPLE, de Aleksandra Terpińska Director (Pologne), produit par Madants Sp. Z o. o. (Pologne)
RASCAL de Peter Dourountzis (France), produit par 10:15! Productions (France)
Arte Kino offre 2000€ aux 2 gagnants ex aequo.

Femmes de Cinéma
Le Prix « Femme de cinéma Sisley/Les Arcs » est un prix engagé pour la promotion de celles qui font le cinéma européen d’aujourd’hui. Ce prix a pour but de sensibiliser les médias, les professionnels et le grand public aux discriminations dont les femmes peuvent encore faire l’objet dans l’univers du cinéma.
Claire Burger, réalisatrice de C’est ça l’amour.

Prix Work in Progress 
Prix Lab Project d’Eurimages d’une valeur de 50 000 euros en numéraire remis à un projet qui devra justifier d’un caractère novateur dans sa forme ou dans sa narration, et qui doit respecter les critères suivants :
– coopérations/coproductions entre au moins deux pays
– le pays du producteur majoritaire doit être membre d’Eurimages
– le projet n’a pas bénéficié d’une aide à la coproduction d’Eurimages

WHITE ON WHITE de Theo Court (Espagne/Chili) produit par El Viaje Films (Espagne), Pomme Hurlante Films (France), Don Quijote Films (Chili) et Kundschafter Filmproduktion GmbH (Allemagne).

Prix TitraFilm d’une valeur de 10 000 euros sous forme de prestations de post-production image et/ou son pour un des Work in Progress non éligible au prix Eurimages.
SYSTEM CRASHER de Nora Fingscheidt (Allemagne), produit par Weydemann Bros. GmbH et Kineo Filmprodudktion, et coproduit par Oma Inge Films. 

Prix BNP Paribas du Talent Village
Miki Polonski (Israel) et son projet TAKOTSUBO, produit par Shira Hochman et Kobi Mizrahi
Mention Speciale 
Dawid Bodzak (Pologne) et son projet EPISODE
La banque remettra au vainqueur une bourse de 5000€

Un petit commentaire sur ce palmarès, hormis en ce qui concerne les prix de l’Industry Village puisque je n’ai aucune connaissance des projets, et des courts métrages, que je n’ai pas découvert cette année, ayant déjà vu la moitié du programme qui se déroulait exclusivement à Bourg Saint Maurice. Pour la compétition, j’ai manqué deux films, deux primés, C’est ça l’amour de Claire Burger, en salle le 27 mars 2019, et Mug de Malgorzata Szumowska, déjà disponible en VOD. Le film de Claire Burger, dont vous pouvez lire l’avis de Cyrille de Cinédingue ici, était clairement un favori depuis sa première projection – mais ne souhaitant pas bouleverser mon programme initial, j’ai dû y renoncer. Après la caméra d’Or obtenu à Cannes pour Party Girl, parmi tant d’autres prix, la réalisatrice démontre encore une fois la force de son cinéma dans une compétition où les questions sociales et politiques étaient nombreuses. Joy de Sudabeh Mortezai obtient d’ailleurs un beau Grand Prix du jury et on regrettera de voir son interprète principale Anwulika Alphonsus délaissée pour le Prix d’interprétation féminine au profit d’Emilie Jonsson dans le très faible et pourtant multi-récompensé Aniara. Smuggling Hendrix aura donc séduit le public du festival par sa comédie politique qui nous ouvre sur un problème méconnu chez nous, la situation de Nicosie, ville clivée en deux territoires régis par des lois différentes, affectant profondément toute la population de la capitale chypriote. Récompensé par sa photographie et salué par le journal 20 Minutes, on espère que le singulier et très réussi In Fabric parviendra à trouver une sortie en salle en France, les amateurs de cinéma de genre méritent de le découvrir sur grand écran !

L’équipe du « Mystère Henri Pick » ferme le bal

La cérémonie de clôture se conclut par la projection du nouveau film de Rémi Bezançon, Le mystère Henri Pick, en présence des comédiennes Alice Isaaz et Camille Cottin, ainsi que de David Foenkinos, à l’origine du film puisque c’est l’adaptation de son roman éponyme. Mais nous nous pencherons sur ce film, en salle le 6 mars 2019, dans une critique complète dans quelques jours. Comme à l’accoutumée, la festival s’achève avec un dîner au chalet Luigi, à 1950. Les festivaliers sont répartis sur trois niveaux, avec le deuxième étage réservé aux équipes de film et jurés, mais qui ont aussi droit de circuler parmi nous. Grégory Montel est d’ailleurs au rez-de-chaussée alors que je m’installe à une table avec une partie de l’équipe de Blue Efficience. La fatigue prend un peu le pas, mais chaque coupe semble accorder un délai supplémentaire au moment fatidique de s’endormir lamentablement avec une énorme dette de sommeil. Alors que je comptais troquer mes bottes de neige contre des bottes de ville, je tombe sur Félix Moati et Alice Isaaz à l’entrée du chalet. L’occasion de discuter un peu avec Félix, croisé si souvent sans jamais avoir eu le temps de faire connaissance, et aussi de me présenter à Alice Isaaz, croisée à Cannes lors de la projection de Elle de Verhoeven. Je lui parle de mes projets de courts métrages, de ceux que j’ai déjà écrit en pensant à elle pour certains personnages, et qu’elle a finalement un profil atypique parmi les actrices françaises de sa génération. Nous évoquons aussi son rôle dans La Surface de réparation et je finis par les abandonner pour finaliser la raison de ma sortie du chalet. De retour au chalet, je pars en quête de Jack Reynor, un membre de l’équipe me confirme qu’il est au deuxième, et puisque le concert de Malik Djoudi s’apprête à débuter, il est possible de s’y rendre. Il n’y a plus que quelques membres du jury là haut, ainsi que Jack Reynor, qui a dîné face à Xavier Beauvois. Quelle joie de retrouver Jack, quatre ans après sa présence aux Arcs parmi les membres du jury long métrage, et alors que je lui demande si nous descendons voir le concert, il sort de sa doudoune un whisky qu’il a apporté, un Laphroaig Four Oak. Alors que nous descendons, Xavier aperçoit Bouli Lanners et Claire Burger, installé à la dernière table puisque le personnel ferme l’étage. Nous prenons place avec eux, autour de la fameuse bouteille pour nous lancer dans des discussions sur le cinéma de chacun, ainsi que de Benoît Poelvoorde, que Jack ne connaît pas encore.

Flou de toi

Alors que les éloges et compliments s’échangent, un petit incident éclate, que je gère dans le plus grand calme avec Bouli Lanners, et la soirée peut reprendre son cours. En bas, c’est déjà un DJ Set qui anime la salle. A chaque visage croisé, il faut échanger quelques mots, car pour beaucoup, nous ne nous reverrons peut-être pas avant l’année suivante. Forcément, il est inconcevable de rejoindre sa chambre à la fermeture de Luigi : c’est O’Chaud que se poursuit la soirée avec les festivaliers les plus vaillants, parmi lesquels on retrouve Camille Cottin et Alice Isaaz, arrivées la veille, et toujours Félix Moati et Swann Arlaud. Est-ce car c’est la fin que l’ambiance y est la plus folle de toute la semaine ? Quoi qu’il en soit, la fermeture nous conduit dans l’appartement de Swann Arlaud, mais notre joyeux boxon sort de leur sommeil les vacanciers avoisinant… La pauvre personne de garde au Manoir Savoie nous propose d’investir le salon du rez-de-chaussée où nous ne dérangerons personne. Nous investissons les lieux jusqu’à l’aube, pour enchaîner avec un petit-déjeuner express avant de rejoindre la gare au pied de la montagne. Encore une clôture épique pour un festival magique…
Profitons-en pour rappeler toutefois que l’alcool est à boire avec modération, au moins le reste de l’année !

Quelques remerciements : à Allociné, Marielle, toute l’équipe des Arcs, notamment Claire et Léa, les équipes de l’Industry Village, du Sommet, de l’Agence Cartel et puis les camarades, Cyrille de CinéDingue, Frédéric et Mélanie de Transfuge, Ava et Franck de Frenchmania, Lise de France Today, Jacques et Valentine de Somewhere Else, Teddy de Onlike, et les bénévoles, comédiens, réalisateurs, les chauffeurs, restaurateurs, pisteurs, toutes les personnes qui participent à la réussite d’un tel événement. Portez-vous bien !

Article rédigé par Dom

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