FIFC 2017 : en chanson

Le Festival International du Film Culte de Trouville-sur-mer se penche sur le cinéma musical pour sa deuxième édition. Pour ouvrir le bal, Barbara de Mathieu Amalric. En photo ci-dessus, Macha Méril et Michel Legrand, couple présidentiel !

Les drapeaux rouges sont légion à Trouville-sur-mer. Pas de baignade interdite mais le signe d’un festival imminent, la deuxième édition du Festival International du Film Culte, fondé par Karl Zéro et Daisy D’Errata. Pendant quatre jours, Trouville accueille ce festival qui prospecte le potentiel culte de six films en compétition et célèbre des films culte, et plus particulièrement cette année, de films musicaux, des Blues Brothers à Podium en passant par Dirty Dancing.

Vers 18H, le cocktail d’ouverture réunit les présidents du jury, le couple Macha Méril et Michel Legrand – ce dernier donnera un concert le samedi 24 juin –, les quatre cinéastes derrière Willy 1er, lauréat de la Mouette d’Or de la première édition du festival, Marielle Gautier, Ludovic et Zoran Boukherma et Hugo P. Thomas, Valérie Donzelli et Charlélie Couture – un juré absent pour la soirée d’ouverture, Yann Moix. C’est dans la plus grande convivialité que débutent donc les festivités sous un soleil tempéré par un vent salvateur. Après quelques cocktails et le photocall du jury, direction la salle du Cinéma Ephémère du Casino Barrière – et cette année, une deuxième salle voit le jour, le Cinéma Secret de l’Hôtel Cures Marines. Parmi les convives, Raphaël Mezrahi – bénévole culte – mais aussi quelques membres du précédent jury, s’étant vu offrir une carte de membre à vie – enfin, de 99 ans comme le précisera Karl Zéro, invitation transmissible aux descendants. Olivier Van Hoofstatd, Sylvain Chomet et JoeyStarr répondaient déjà présents pour découvrir avant le nouveau long métrage de Mathieu Amalric un court métrage suédois particulièrement étrange, film d’animation musical nous plongeant dans un univers d’animaux dépressifs, en quête de bonheur, Le Fardeau de Niki Lindroth von Bahr.

C’est donc en chanson que s’ouvre le festival avec Barbara de Mathieu Amalric, film consacré à la chanteuse disparue en 1997. L’acteur et réalisateur français bouleverse totalement les codes du biopic dans ce long métrage enivré et mélancolique. Jeanne Balibar n’y joue pas simplement Barbara, elle joue Brigitte, une actrice qui joue Barbara dans un film que réalise Yves Zand (Mathieu Amalric). Grâce à ce décalage du point de vue dans l’approche de son sujet, Mathieu Amalric façonne un portrait vertigineux, troublant les repères du spectateur dans un mouvement incessant entre le film, le film dans le film et la réalité grâce à quelques images d’archives. On y retrouve la patte esthétique qui faisait le charme de La Chambre Bleue tout en s’ouvrant à une image parfois granuleuse, nostalgique, tandis que Jeanne Balibar, dans son double rôle, habitée, fantasque et imprévisible, magnétise la caméra et obsède le réalisateur. Une question anime ce long métrage atypique dans le paysage des films consacrés à une icône de la musique : peut-on recréer à la perfection l’image d’une de ses idoles ? Amalric n’a pas la prétention d’y répondre mais il s’engouffre dans cette hypothèse avec la fougue d’un passionné absolu, contaminant le spectateur de son obsession fiévreuse. Barbara collectionne des épisodes, des instants, une poignée de chansons, tourne autour de l’insaisissable, la « vérité » d’une personne. C’est par cette optique fantastique que le film parvient à véhiculer beaucoup plus de choses que certains biopics linéaires et scolaires, c’est par ce choix du cinéma, l’audace d’une narration éclatée, que Mathieu Amalric sublime Jeanne Balibar et rend un hommage exceptionnel à une chanteuse pour laquelle il n’a pu que porter un amour profond.

Dehors, le chant des mouettes prend le relais et le soleil s’évanouit à l’horizon tandis que les jurés et festivaliers se dirigent vers les restaurants du centre-ville. Le lendemain, ce sont trois films de la compétition qui seront à découvrir, Brigsby Bear, Pour le Réconfort et Sans adieu Avec deux films déjà découverts sur trois, on se penchera avec grand plaisir sur la rétrospective musicale. Et si vous souhaitez nous rejoindre, le festival se poursuit jusqu’à dimanche. Site officiel.

Article rédigé par Dom

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