Critique : Resident Evil Chapitre final

Presque cinq ans après le délirant nanar Resident Evil : retribution, Paul W.S. Anderson parachève son massacre de la saga vidéoludique culte avec Resident Evil Chapitre Final. Rien ne nous avait préparé à un tel niveau de nullité.

L’horreur de trop

Face à la médiocrité de la majorité des blockbusters qui se suivent chaque année comme des déchets toxiques jetés impunément dans les salles obscures, il est parfois difficile de déterminer quel est le réalisateur qui excelle le plus dans le domaine de la sottise et de l’infamie. Avec son ultime chapitre à la saga Resident Evil, qu’il a commencé à massacrer il y a maintenant quinze ans, Paul W.S. Anderson lance un signal fort dans le paysage cinématographique : à cette échelle, le pire des cinéastes, c’est lui. Evidemment, en prenant son ticket pour Resident Evil : Chapitre Final, on sait pertinemment qu’aucun miracle ne se produira, qu’on se dirige dans le meilleur des cas vers une série Z divertissante par sa maladresse, son sérieux et son manque d’ambition cinématographique. Mais personne ne pouvait s’attendre à une mise en scène aussi monstrueuse, un montage aussi chaotique et frénétique – lors des scènes « d’action », on compte parfois plus de trois plans à la seconde ! –, et ce, associé à un scénario d’une stupidité affligeante. Empruntant à l’univers apocalyptique de Mad Max : Fury Road, la dernière horreur de Paul W.S. Anderson conduit Alice – Milla Jovovich, toujours d’attaque – à regagner Raccoon City pour sauver l’humanité, du moins, les quelques milliers de survivants sur Terre, d’une armée de zombies et créatures infernales.

D’abord seule, Alice se confrontera à nouveau au « terrible » Dr. Isaacs (Iain Glen) avant de rejoindre un groupe de résistants – troupe insignifiante de personnages. Le film progresse dans une alternance de séquences d’action totalement illisibles et insupportables à des phases dialoguées d’une débilité phénoménale, même lorsque l’humour est de mise avec des punchlines d’un autre temps. Les enjeux et leur exécution témoignent du degré de déficience mentale atteint par Paul W.S. Anderson, qui signe également le scénario. On peut s’interroger alors sur la santé du cinéaste, peut-être piégé dans un état de crise d’épilepsie permanent ou bien au cerveau endommagé par des radiations, une ablation ou un abus inédit de boissons gazeuses – peut-être tout à la fois ! On peut éventuellement sauver deux scènes du film, qui confinent justement au nanar – une projection des différentes issues d’un combat et une confrontation dans un couloir de lasers. Le reste n’est qu’immondices, boucherie d’images et de sons agressifs. Et dire que cet objet abject a failli coûté la vie à la cascadeuse Olivia Jackson, qui, gravement accidentée sur le plateau, passa deux semaines dans le coma pour se voir finalement amputée du bras gauche. En une vingtaine d’années, Paul W.S. Anderson s’est érigé à Hollywood comme l’antéchrist du cinéma. Le voilà au sommet de son œuvre apocalytpique. Esperons que cette putride ordure soit son ultime méfait, pour Resident Evil mais aussi pour le le 7ème art.
Pour terminer sur une note positive, on peut signaler la sortie cette semaine de Resident Evil 7, un jeu vidéo immersif et délicieusement malsain, qui renoue avec le plaisir que l’on prenait avec le premier jeu de la série : celui d’être terrifié de ce qui peut se cacher derrière une simple porte dans une bicoque isolée.

0 étoiles

 

Resident Evil : Chapitre final

Film américain, allemand, australien, canadien, français
Réalisateur : Paul W.S. Anderson
Avec : Milla Jovovich, Iain Glen, Ali Larter, Shawn Roberts, Fraser James, Ruby Rose
Titre original : Resident Evil : The Final chapter
Scénario de : Paul W.S. Anderson
Durée : 106 min
Genre : Action, Horreur, Science-fiction
Date de sortie en France : 25 janvier 2017
Distributeur : Metropolitan Filmexport

Bande Annonce (VOST) :

Article rédigé par Dom

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4 commentaires

  1. Ya cent fois plus de Mad Max dans ce film là que Fury Road dans tout son entier.

  2. C’est un commentaire plutôt méchant pour George Miller !

  3. Au moins dans ce Resident Evil, on ne fait pas demi tour pour revenir au point de départ pour ouvrir une vanne d’eau. Et puis Miller s’est pris une bonne Leçon par Gibson car Tu ne tuera point enterre Fury Road niveau mise en scène et scénario.

  4. Faire demi tour pour ouvrir une vanne d’eau est un symbole aussi simple que puissant : c’est renverser un pouvoir pourri au plus haut point, c’est libérer un peuple en souffrance. Que raconte ce « Resident Evil » sur notre monde ? Rien, si ce n’est une dystopie de bas étage.

    Quant à comparer un film de guerre (réussi) à un film d’action, je ne sais pas si on peut en tirer des conclusions. Ce sont des films profondément différents.

    Je ne vais pas chercher à te convaincre d’aimer « Fury Road », je connais de nombreuses personnes qui rejettent ce film mais il y a – objectivement – un fossé immense entre le travail de Paul W.S. Anderson et celui de George Miller.
    Simple élément qui dénote de la différence entre les deux cinéastes, en matière de découpage et de montage, le center framed, que ne connait pas Anderson visiblement : https://vimeo.com/129314425

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