Critique : Ted 2

Difficile aujourd’hui pour un film d’action ou une comédie de s’arrêter sur un premier succès. Ted est un succès surprise assez colossal, 560 millions de dollars au box-office pour un budget d’environ 50 millions. Le retour de l’ours licencieux et de son pote Mark Wahlberg était scellé par les entrées. Ce sont d’ailleurs les producteurs qui ont poussé Seth MacFarlane à composer cette nouvelle aventure qui, sans être loupée, ne renoue pas tout à fait avec l’esprit du premier film. Explications dans cette critique.

Ours assagi

On peut saluer la volonté de Ted 2 de proposer une trame qui exploite les singularités de son protagoniste en peluche sans se reposer sur le même modèle de buddy movie qu’auparavant. Après quelques années de mariage avec Tami-Lynn (Jessica Barth), le couple de Ted (dont la voix est toujours assurée par MacFarlane en version originale et Joeystarr en version française) bat de l’aile. Solution classique pour que le mariage ne chavire pas : avoir un enfant. Seulement Ted n’a pas de sexe, et l’insémination artificielle n’est pas envisageable non plus, Tami-Lynn ne pouvant pas porter d’enfant à cause de son lourd passé de junkie. Dernière solution, l’adoption. Une demande qui déclenche une série de malheurs pour l’ours : l’Etat ne le reconnaît pas comme une personne mais comme un objet. Exit le travail et même le contrat de mariage. Un peu comme dans L’Homme bicentenaire, Ted va devoir avec l’aide d’une avocate jouée par Amanda Seyfried et de son pote John (Mark Wahlberg) prouver à la justice américaine qu’il n’est pas une simple peluche mais un être comme vous et moi.

ted-2-wahlberg

La force du premier Ted, débutant comme un conte déviant, réside sans nul doute dans sa fabuleuse vulgarité – que l’on appréciera ou non. De la drogue, des putes et de la baston autour d’un ours en peluche vivant, ce n’est pas banal, et ce, avec un joli sens du rythme, d’improbables références et guest stars, ainsi qu’un Mark Wahlberg déployant tous les traits du meilleur pote idéal. Dans cette suite, les situations vulgaires sont moins nombreuses, Ted s’est assagi, rangé, l’ours s’avère moins loufoque et libidineux malgré des blagues récurrentes et diverses sur les pénis. D’un autre côté, Seth MacFarlane travaille parfois un humour plus fin, du moins, au-dessus de la ceinture, allant jusqu’à mettre la pagaille en plein Comic Con à New-York. Mais sur la globalité de cette aventure, Ted 2 se montre moins drôle. Le film a perdu Mila Kunis – absente car enceinte, forçant alors à évoquer une rupture avec le personnage de Mark Wahlberg – pour gagner une Amanda Seyfried charmante en avocate portée sur la légalisation – et la consommation quotidienne – de marijuana. Mais la problématique sur l’humanité de Ted montre vite son artificialité par son traitement, prétexte à envoyer la fine équipe trouver de l’aide à New York pour croiser à nouveau la route du mal attentionné Donny (Giovanni Ribisi). Si le film se porte bien mieux que le décevant Albert à l’ouest, Ted 2 prouve que Seth MacFarlane avait déjà fait le tour du potentiel comique de sa malicieuse peluche. L’ironie de cette comédie tient du fait qu’elle cherche à prouver l’humanité d’un personnage considéré comme une machine à fric. Il est temps de disparaître avec la caisse Ted.

3 étoiles

 

ted-2-affiche

Ted 2

Film américain
Réalisateur : Seth MacFarlane
Avec : Mark Wahlberg, Amanda Seyfried, Jessica Barth, Giovanni Ribisi, Morgan Freeman, la voix de Seth MacFarlane
Scénario de :
Durée : 115 mn
Genre : Comédie
Date de sortie en France : 5 août 2015
Distributeur : Universal Pictures International France

Bande Annonce (VOST) :

Article rédigé par Dom

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Un commentaire

  1. Tout à fait le film qui me rappelle à chaque fois les nuances importantes entre vulgarité et grossièreté, entre subtilité et mauvais goût

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