Cannes 2015 : dernière vague française

Neuvième jour de festival assez exceptionnel malgré deux films vus – un souci de programmation et d’organisation – mais également deux soirées qui ont mené jusqu’à l’aube. La dernière vague de films français de la compétition, Dheepan et Valley of Love, est à découvrir dans cet article avec la soirée de clôture de la Semaine de la critique ainsi que celle du film Love.

Le jeudi 21 mai est passée comme une étoile filante, conduisant l’espace d’un instant d’une journée à l’autre. Fatigue extrême mais bonheur d’une journée de festival qui a mêlé intensément cinéma et festivités.

dheepan

Un film de Jacques Audiard en compétition, ça ne se refuse pas. Avec Dheepan le cinéaste français s’intéresse à la fois aux problèmes des banlieues que ceux de réfugiés, sri-lankais en l’occurrence. Dheepan est le prénom d’un mort, mais c’est le passeport qui ouvre la route au protagoniste vers la France, accompagnée par une femme qui n’est pas sa femme et une fille qui n’est pas la leur non plus : il fallait quitter le pays comme une famille. S’installant dans une banlieue chaude, le groupe s’intègre à la communauté au travers du gardiennage tandis que la petite trouve le chemin de l’école. Ce qui est brillant comme toujours avec Audiard, c’est l’humanité que dégage le film, l’amour pour ses personnages, et la finesse de la narration sur laquelle s’accorde la mise en scène. Les comédiens, inconnus, excellent aussi dans ce drame qui soudain, basculera dans la violence en changeant brutalement le registre du film. Si brutalement que la cohérence éclate dans un faux tour de force, et tout ce qui fut raconté avant semble alors contaminé et affaibli. Captivant dans sa majeure partie, Dheepan plante son final et ne rejoint pas la sphère des œuvres les plus marquantes de Jacques Audiard.

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Ultime représentant français de la compétition, Guillaume Nicloux avec Valley of Love qui réunit deux monstres du cinéma hexagonal dans la Vallée de la Mort, Isabelle Huppert et Gérard Depardieu – jouant avec leurs prénoms et leur propre image. Un ancien couple se retrouve dans une des régions les plus chaudes et arides des Etats-Unis à la demande de leur fils qui s’est suicidé. Un fils qu’ils n’avaient pas revu depuis de longues années, et qui les invite à une ultime rencontre, ensemble, en se rendant à des points touristiques dans cet enfer sur terre. Entre Huppert et Depardieu, le talent ne se décrit plus. Leur jeu est vivant, parfois saisissant, et leurs personnages apportent énormément d’humour à ce drame familial atypique. Pourtant, le film montre rapidement ses limites lorsqu’il tente de développer une forme de spiritualité qui, au bout du voyage, s’avère bien factice. L’étrangeté de certaines situations – comme une rencontre lynchéenne au milieu de la nuit – semble exprimer un tâtonnement de style de la part du réalisateur qui déçoit après l’excellent L’Enlèvement de Michel Houellebecq. Il y a comme un organe absent à ce long métrage, si bien que la fin tombe comme avant l’heure, alors que l’entreprise s’est résolue sans l’éclat attendu. Sans être pénible, voilà un film bien anecdotique de la compétition.

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La fin du festival approche déjà. On le sent en arpentant la croisette mais surtout en accédant aux salles plus facilement. Alors que le cinéma de la plage projette Apollo 13, la Semaine de la Critique lance sa fête de clôture sur la plage Nespresso. Bars multiples, plusieurs pistes pour danser, un DJ qui mise sur des remixes de classiques et un coin à burgers sont au programme pour les heureux festivaliers s’y rendant. L’ambiance est si bonne qu’on ne réalise pas tout à fait qu’il est déjà deux heures du matin lorsque les lumières se rallument pour nous inviter à retourner sur la croisette. Mais pas question de se coucher si tôt, il y a la soirée du film Love en cours – dans ce qui semblerait être un immense gymnase aménagé pour l’événement. On atterrit alors dans une salle gigantesque, où trônent d’impressionnantes affiches du film. Avec des DJ survoltés aux platines, la fête bat son plein tandis qu’on se réjouit du service ultra rapide au bar. On retrouve Gaspar Noé, Benoit Debie, Vincent Maraval et Klara Kristin dans l’allégresse absolue. Une fête vraiment réjouissante, démesurée par le nombre de festivaliers présents. C’est ce qu’on aimerait voir plus souvent au lieu des soirées ultra VIP où l’atmosphère ressemble parfois à celle d’un enterrement. En quittant la fête, le soleil est déjà là pour nous accueillir et inutile de préciser que Chronic à 8:30 sera reporté en séance du lendemain ! Quelques clichés flous de cette soirée folle :

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Le plan parfait du lendemain :
The Assassin, Cosmodrama, les coulisses du Grand Journal et encore une nuit de folie.

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Article rédigé par Dom

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