Critique : Fast & Furious 7

Avec le départ de Justin Lin, réalisateur des quatre précédents épisodes de la saga Fast & Furious, ce 7ème volet mené par James Wan s’annonçait particulier. La disparition du comédien Paul Walker peu avant la fin du tournage changea encore plus la trajectoire du film, dont la production fut alors interrompue pour modifier le scénario. Furieux comme jamais, le long métrage se fragmente entre délire jouissif et routine destructrice. On met les gaz sur la critique.

Furie infinie

Derniers crissements de pneus pour Brian O’Conner, figure centrale des Fast & Furious, joué par Paul Walker qui disparaît dans un accident de voiture le 30 novembre 2013. Fast & Furious 7 est alors complété grâce aux frères de l’acteur, dont le visage est modifié avec des effets numériques – morbide procédé au rendu esthétique parfois effrayant. Bien qu’un épilogue soit consacré à l’acteur disparu, ce 7ème film ne compte pas s’apitoyer sur sa perte pour livrer un concentré d’action décérébrée et sans limite. Pour resituer quelque peu le cadre, la bande, ou plutôt, la famille comme aime le souligner Dominic Toretto (Vin Diesel) doit affronter Deckard Shaw (Jason Statham), bien décidé à venger son frère. Letty (Michelle Rodriguez) souffre toujours d’amnésie tandis que Brian (Paul Walker) mène désormais une tranquille vie de père de famille avec la sœur de , Mia (Jordana Brewster). Alors que Deckard envoie à l’hosto le colosse Hobbs (Dwayne Johnson), une organisation secrète dirigée par un certain M. Anonyme (Kurt Russell) demande à Dom et les siens de les aider à rapatrier un hacker entre les mains de terroristes. Ce mystérieux pirate, répondant au pseudonyme de Ramsey, a développé un logiciel capable de retrouver et traquer une personne avec une simplicité enfantine, en s’appuyant sur les différents appareils connectés dans le monde entier : l’œil de dieu. Grâce au sauvetage, le logiciel permettrait aussi de débusquer Deckard.

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Fast & Furious 7 prolonge l’entreprise des derniers épisodes, se démarquant du simple film de bagnoles pour embrasser les sous-genres en vogue du cinéma d’action, jusqu’à ressembler à un Mission : Impossible à la sauce Expendables. Des Etats-Unis à Abou Dabi en passant par l’Azerbaïdjan, le film de James Wan condense bastons, courses-poursuites et infiltrations dans un long métrage qui peine à se détacher formellement des autres opus. Si certains plans et certaines scènes portent une originalité bienvenue, Fast & Furious 7 reste taillée dans la pierre de ses ainés, avec ses présentations des décors en vue aérienne, alternant ralentis et accélérés comme dans un mauvais clip de rap et ses plans sur des miches de demoiselles peu vêtues (comme dans un mauvais clip de rap). Toujours filmé avec la nervosité d’un type qui aurait été baptisé à la Red Bull, ce long métrage offre des séquences d’action impressionnantes par leur durée et leur intensité mais qui auraient gagné à être moins découpées. Une descente d’escaliers judicieusement mise en scène se montre plus jouissive qu’une course en ligne droite multipliant les inserts. Au final, c’est l’escalade du n’importe quoi qui prime, quand l’idée folle de quitter le bitume est mise en œuvre réellement, en larguant les voitures par avion, ou bien lorsque les protagonistes se transforment en super-héros capable de survivre aux pires accidents et pires frappes en plein visage. Outre la médiocrité musicale, un des problèmes réside dans cette absence de limite, où par exemple un combat entre Vin Diesel et Jason Statham finit par perdre tout sens et ne véhicule plus aucun plaisir dans la frénésie des projections et de coups sans effet. Certes, le film est à prendre au second degré, et d’ailleurs il bénéficie parfois d’un humour ravageur grâce à Roman (Tyrese Gibson) et un concours de répliques couillues et macho, mais Fast & Furious 7 se retrouve toujours plombé par le sérieux que peut prendre Vin Diesel lorsqu’il évoque les valeurs de la famille. Pour devenir une valeur sûre en matière d’action insensée, la saga Fast & Furious a besoin de se délester d’une part de sérieux toujours bien ancrée dans son récit.

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Difficile de bouder son plaisir face à l’imposant Dwayne Johnson, aussi baraqué que drôle, et certaines séquences qui dépassent les limites de l’imaginable, défiant spectaculairement la gravité ou réduisant la tôle en poussière. Pourtant, si certains fans de la saga seront aux anges, Fast & Furious 7 déconcerte par son vide narratif absolu, l’équipe revenant presque au point de départ à l’issu du film qui s’achève en inévitable hommage à Paul Walker. L’occasion était parfaite pour couper le contact définitivement, mais le box-office de la saga étant son carburant, la furie pourrait perdurer jusqu’au rejet du spectateur d’une recette sans surprise.

2.5 étoiles

 

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Fast & Furious 7

Film américain
Réalisateur : James Wan
Avec : Vin Diesel, Paul Walker, Jason Statham, Michelle Rodriguez, Tyrese Gibson, Ludacris, Dwayne Johnson, Elsa Pataky, Kurt Russell
Titre original : Furious 7
Scénario de :
Durée : 137 min
Genre : Action
Date de sortie en France : 1er avril 2015
Distributeur : Universal Pictures International France

Bande Annonce (VOST) :

Article rédigé par Dom

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2 commentaires

  1. Ce qu’il y a de bon dans cette critique, c’est qu’elle donne malgré tout envie d’aller voir la bête. Je ne suis pas surpris par « le vide narratif » mais je pense que ce cinéma s’assume totalement comme une attraction de fête foraine. Deux heures de montagnes russes ça peut lasser, mais on sait dans quoi on s’embarque…

  2. Qu’une critique soit positive ou négative, j’invite toujours à découvrir le film, on a tous un ressenti différent. Même si, c’est vrai, il m’arrive de déconseiller radicalement certains films mais c’est très rare.

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