Les Arcs 2014 : #05 Monstruosité et festivités

montagne

La cinquième journée de festival se partage entre interviews, films et soirée arrosée sous l’impulsion de Vodkaster. Un programme complet donc, à découvrir dans la suite de cet article avec notamment le portrait de Chiara D’Anna (présente pour The Duke of Burgundy), Le Labyrinthe du silence et The Fool.

Chiara

La matinée commence par des retrouvailles avec Chiara D’Anna pour une double interview en compagnie de Cyrille Carrere. La comédienne revenait tout juste d’une session de ski avant de monter en haute altitude pour la projection spéciale de Snow Therapy.
Mise à jour du 9 Juin 2015, le portrait de Chiara D’Anna :


labyrinthe-silence

Il était possible d’enchaîner trois séances au Taillefer après 13 heures. On commence en Allemagne en 1958 avec Le Labyrinthe du silence, un drame qui suit le parcours d’un jeune et ambitieux procureur, Johann Radmann (Alexander Fehling), qui va se lancer dans une chasse aux bourreaux d’Auschwitz, camp de concentration alors méconnu. Devoir de mémoire et devoir de justice animent ce film à la mise en scène simple, au service de ses très bons comédiens. Dans une RFA où le nazisme est devenu un tabou, pour les plus jeunes générations, il faut accepter le fait que la plupart de leurs aînés ont combattu ou étaient membres du parti nazi. Pire, certains monstres des camps sont protégés par le gouvernement. Se dressent devant Johann de multiples obstacles pour faire éclater la vérité et mener au tribunal des hommes qui ont retrouvé une vie normale sans avoir été inquiété pour leurs actes barbares. Le Labyrinthe du silence constitue un film particulièrement intéressant sur l’après-guerre en RFA, fort historiquement et doté de quelques séquences émouvantes. Bande annonce :

durak

A l’interséance, c’est face à un tapis de neige que nous nous retrouvons tandis que les flocons tombent abondamment. Mais pas de quoi nous inquiéter encore quant à nos possibilités de remonter au village 1950 dans la nuit. Le film russe de la compétition, The Fool (titre original, Durak) de Yuriy Bykov, pourrait compléter le propos de Léviathan, présenté à Cannes cette année. Si la première scène laisse craindre que le réalisateur transformera la misère en spectacle, The Fool devient rapidement passionnant par sa situation d’urgence. Un HLM non entretenu où vivent un peu plus de 800 âmes menace en pleine nuit de s’effondrer d’une minute à l’autre. C’est Dima Nikitine (Artem Bystrov), un jeune chef de maintenance, lui-même vivant dans la pauvreté avec les siens, qui va signaler en pleine nuit la situation auprès de la mairesse, Nina Galaganova (Nataliya Surkova). La scission entre les classes que présente le film n’apporte aucune nouvelle perspective, mais The Fool trouve toute sa force dans la gestion de sa situation de crise par des êtres corrompus jusqu’à la moelle. Ce combat contre l’indifférence regorge aussi de cynisme et de cruauté, et ce, sans être manichéen. Un triste état des lieux sur la Russie, perturbant jusque dans son dernier segment dominé par une monstruosité écoeurante.

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The Fool est à peine terminé qu’il faut regagner le confort limité des sièges du Taillefer pour la projection en avant-première de Loin des hommes (David Oelhoffen). Mon point de saturation filmique est atteint et je garde une certaine distance avec ce long métrage où Viggo Mortensen campe avec brio un instituteur au début de la guerre d’Algérie. Lorsqu’on lui confie la tâche de conduire un assassin (Reda Kateb) dans une ville à une journée de marche de son école, son destin bascule. Malgré des paysages arides parfois saisissants, ce long métrage adapté de l’œuvre de Camus manque de gagner de l’ampleur. Bande annonce :

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De retour au village des Arcs 1950, nous reformons les « Arcs Buyers Club » pour la seconde soirée Vodkaster, accompagnés par des camarades de Jour 2 fête (photo ci-dessus). Malgré notre pugnacité, nos connaissance cinématographiques et notre roublardise, nous décrochons (ex-aequo) la seconde place du podium… Un échec qui n’entrave en rien nos plans pour la soirée : après les Belles Pintes, direction O’Chaud où l’on retrouve Chiara D’Anna, Jack Reynor, d’autres membres d’équipes de film et un Maxime Musqua dans le rôle d’un animateur le temps d’un petit quart d’heure – qui m’aura permis de recharger mon stock de tickets boisson ! De James Brown aux Rollings Stones, la musique nous conduit encore jusqu’au bout de la nuit – et me gratifie même d’une belle promenade nocturne avec Chiara pour admirer un rare ciel étoilé. Aux Arcs, on peut côtoyer des monstres en salle pour terminer sa soirée sur une touche angélique.

Article rédigé par Dom

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