[Deauville 2014] #06 Roi de la comédie

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L’un des rois de la comédie américaine était à Deauville pour la 6ème journée : Will Ferrell. Conférence de presse et hommage sont à découvrir ainsi que trois films : Jamie Marks is dead, White Bird et Avant d’aller dormir.

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C’est en compagnie d’une marée de lycéens, pour certains sur leur 31, que nous accédons à la première séance au C.I.D. du nouveau film de Carter Smith, Jamie Marks is Dead. En lisière de forêt, Jamie Marks (Noah Silver, en véritable sosie de Harry Potter), est retrouvé mort, en caleçon. Elève bizuté régulièrement, tout porte à croire qu’un autre élève est allé trop loin un jour. Adam (Cameron Monaghan) lui, a des regrets, car il se souvient de violentes scènes d’humiliation où il n’a pas agit. Et un autre drame surgit plus près de lui : sa mère (Liv Tyler) se retrouve handicapée à la suite d’un accident de voiture. En compagnie de Gracie (Morgan Saylor), une lycéenne qu’il fréquente dans une relation étrange, Adam voit le fantôme de leur camarade les hanter. Le drame plonge alors dans le fantastique pour explorer un sentiment de culpabilité. Avec son intéressante photographie glaciale, le film de Carter Smith manque de développer son emprise et son atmosphère funeste pour plusieurs raisons. Malgré un jeu plus que correct, Cameron Monaghan ne se montre pas suffisamment charismatique pour occuper le centre du récit. De plus, cette histoire qui exploite une imagerie sans originalité avec ses démons se déroule à un rythme mortifère. En écartant également tout l’aspect policier que pourrait adopter ce récit, Jamie Marks is Dead s’étend dans d’énormes failles scénaristiques des plus déplaisantes. Un autre maillon faible de la compétition.

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L’événement du jour est la venue de l’acteur Will Ferrell. Lors de la conférence de presse, que je vous invite à regarder en vidéo, le comédien emblématique de la comédie américaine contemporaine s’est montré aussi drôle que passionnant, démontrant que les mimiques de ses personnages sont une véritable part de lui. Lors de son enfance, l’émission « The Tonight Show » a joué une influence considérable sur lui et son comique. Interrogé sur Casa de mi padre, Will Ferrell répond qu’il avait envie de faire un film en espagnol sans raison particulière. A propos de Twitter, il n’a pas de temps à consacrer à ce réseau social et connaît les comptes parodiques à son nom. Ses films dont il est le plus fier ? Casa de mi padre, tous les films tournés avec Adam McKay et L’incroyable destin de Harold Crick lui ayant permis de s’exprimer dans un registre dramatique.

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A l’issue de la conférence de presse, Will Ferrell se retrouve sur les planches pour le rituel du photocall et des autographes aux fans venus nombreux, bien que certaines personnes soient à la ramasse : « C’est Will Smith. », « Will Ferrer » !

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On enchaîne avec la projection du nouveau film de Gregg Araki, White Bird, un film qui lui tient particulièrement à cœur comme il le dira sur scène où il remerciera les compositeurs de la bande originale du film, dont fait partie Robin Guthrie.

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Adapté du roman White bird in a blizzard de Laura Kasischke, White Bird remet Araki sur les rails d’un cinéma plus dramatique. Shailene Woodley, éclatante, joue Kat Connor, une adolescente qui, à l’aube de ses 18 ans en 1988 voit sa mère Eve (Eva Green) se volatiliser sans laisser aucune trace. Son père (Christopher Meloni) est désespéré. Pourtant, comme le raconte Kat, le couple parental avait perdu toute étincelle : plus aucun rapport sexuel entre les deux tandis qu’Eve, de corvée aux fourneaux chaque soir, se transformait en folle au foyer – surjeu surprenant de la part de Green. Baignant dans les couleurs acidulées chères à Gregg Araki, ce drame se déroule sans aucune tension, naviguant en douceur dans le passé de Kat qui, elle-même, se retrouve confrontée à des problèmes avec son petit ami qui ne couche plus avec elle, Phil (Shiloh Fernandez). Phil qui, du temps où Eve était encore là, se retrouvait systématiquement dragué par la mère de sa copine. Le film tisse alors la possibilité d’une disparition liée à une infidélité sans prendre comme objectif principal la levée du mystère. S’il manque un peu d’énergie à l’oiseau fragile d’Araki, ce retour au drame aux tonalités rétros, dix ans après l’immense Mysterious Skin, permet à Shailene Woodley de continuer à s’affirmer comme une valeur sûre dans le paysage des jeunes comédiennes américaines.

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Sur le tapis rouge du soir, Will Ferrell fait toujours preuve d’humour : « J’ai beaucoup aimé me promener dans les rues Deauville, je me suis arrêté à chaque fois qu’on pouvait manger des escargots quelque part. J’en ai mangé 20 kg. » Une soirée remise de prix et hommage : Eric Neuhoff révèle le lauréat du prix littéraire Lucien Barrière, Phillipp Meyer pour Le Fils. C’est ensuite au tour de Claude Lelouch de monter sur scène pour introduire Will Ferrell, lui rendre hommage à lui mais aussi au rire, « cet extraordinaire médicament ». Après un florilège de séquences de Will Ferrell, l’acteur arrive sur scène à sa façon, en zigzaguant entre les rangs au grand dam des agents de sécurité ! Sur scène, l’acteur déclare avoir bûché le français tout au long du mois d’Août, voici le résultat en vidéo :



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La première du soir est Avant d’aller dormir, un thriller de Rowan Joffe qui met Nicole Kidman dans la peau de Christine, une femme devenue amnésique suite à un accident. Sa mémoire efface irrémédiablement sa journée au cours de son sommeil. Chaque matin, son mari Ben (Colin Firth) doit lui expliquer sa condition, qu’ils sont mariés depuis de nombreuses années. Et chaque matin, au départ de Ben, le Dr Nasch (Mark Strong) téléphone à Christine pour lui venir en aide, tout d’abord en récupérant son journal de bord qu’elle filme avec un petit appareil photo numérique. Loin d’un Memento de Christopher Nolan, Avant d’aller dormir se positionne entre le thriller pantouflard et le drame vaseux, avec une mise en scène des plus impersonnelles. Parsemé d’effets jump scare, le film n’arrive jamais à donner de l’ampleur à son intrigue avec une Nicole Kidman pleurnicharde qui ne suscite pas l’émotion. Comme la mémoire de Christine, il nous suffira d’une seule nuit pour oublier ce mauvais moment de cinéma.

Cela devient une habitude de finir sa journée aux Off de Trouville. Encore une soirée courts métrages sous le signe des rencontres et de retrouvailles où il est bon de parler cinéma jusqu’au milieu de la nuit.
Prochaine journée avec notamment le vainqueur de Sundance, Whiplash, et I Origins.

Article rédigé par Dom

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