[Critique] Mademoiselle Julie, réalisé par Liv Ullmann

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Adaptation d’une pièce d’August Strindberg, Mademoiselle Julie permet à Liv Ullmann d’explorer l’opposition entre les classes et les troubles de l’élan amoureux dans un même mouvement. Une œuvre qui repose sur les épaules de Jessica Chastain et Colin Farrell.

L’action se déroule en 1890 en Irlande, dans la demeure désertée d’un baron alors que la population festoie pour les feux de la Saint Jean. Au cours des deux heures et treize minutes de ce drame, trois personnages s’affronteront sous l’impulsion de Julie (Jessica Chastain), comtesse prisonnière de sa condition, comme si toute sa vie n’avait été qu’errances et solitude dans une prison dorée – le film débute avec les pas prudents de Julie alors enfant, avant de la retrouver femme, toujours esseulée. John (Colin Farrell), un valet, et Kathleen (Samantha Morton), la bonne, sont fiancés mais rien ne semble les attacher au-delà d’une forme d’affection mutuelle, voire un renoncement à trouver le véritable amour alors que leur vie est dédiée au service d’autrui. Avec son mélange de cruauté et de fragilité, le rôle de Julie permet à Jessica Chastain de s’éloigner des registres qu’elle a connu auparavant pour composer le portrait d’une femme d’abord détestable de cruauté avant de gagner l’empathie par son instabilité morbide. Comme pour jouer ou pour imposer sa supériorité sociale, Julie va abuser de John sous les yeux de Kathleen, seulement ce dernier éprouve un amour irrépressible pour elle depuis de longues années, avant même de servir le baron.

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Dès lors, ce huis clos, ne trouvant que de rares échappées dans le domaine forestier jouxtant la demeure du baron, confrontera et rapprochera Julie et John, deux êtres tremblant face au doute et craintes inspirés par leurs propres sentiments. D’une confession à une attaque, l’échange se montre théâtral, sensation que porte aussi la mise en scène du film. Une volonté revendiquée par Liv Ullmann mais qui finit par lester ce long métrage sur la longueur, d’autant plus que les changements de rapport de force entre ses deux protagonistes trouvent une certaine forme de redondance. Face à une Jessica Chastain impressionnante, sauf peut-être lorsqu’elle s’abandonne à l’hystérie, Colin Farrell livre une intéressante performance avec un jeu névrotique marqué mais sans exubérance. Avec sa photographie à l’élégance classique et ses cadres au service de ses comédiens, Mademoiselle Julie illustre déterminisme social et fatalisme sentimental dans un drame qui aurait gagné en intensité grâce à des coupes. Une œuvre rendue quelque peu austère par les choix de sa réalisatrice.

2.5 étoiles

 

Mademoiselle Julie

mademoiselle-julie-afficheFilm britannique, norvégien
Réalisatrice : Liv Ullmann
Avec : Jessica Chastain, Colin Farrell, Samantha Morton, Nora McMenamy
Titre original : Miss Julie
Scénario de : , d’après la pièce de théâtre Mademoiselle Julie d’August Strindberg
Durée : 133 min
Genre : Drame
Date de sortie en France : 10 septembre 2014
Distributeur : Pretty Pictures

Bande Annonce (VOST) :

Article rédigé par Dom

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2 commentaires

  1. Belle critique! Je vais quand même me laisser tenter… Chastain, Farrell et Morton, le casting a fière allure ! Et le huis-clos de Strindberg m’a toujours fasciné.

  2. Beaucoup aimé, notamment grâce aux trois acteurs, leurs performances sont autant de claques… 3/4

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