[Test Blu-ray] L’Etrangleur de Boston (Richard Fleischer)

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Fiche Technique :

L’Etrangleur de Boston (1968) réalisé par Richard Fleischer
Avec : Tony Curtis, Heny Fonda, George Kennedy, Sally Kellerman
Titre original : The Boston Strangler
Durée : 116 min
Genre : Policier
Blu-ray testé : Edition française – Région B
Pistes Audio : Anglais DTS-HD Master Audio 2.0, Français DTS-HD Master Audio 1.0
Sous-titres : Français
Format d’image : 2.35:1
Codec : MPEG-4 AVC
Résolution : 1080p
Editeur : Carlotta Films

 

Synopsis :

Boston, 1962. Une vieille femme est retrouvée étranglée à son domicile. Les mobiles du crime sont inexplicables. Au cours des deux années suivantes, douze autres femmes sont assassinées dans des circonstances similaires. Le procureur général Bottomly est désigné pour prendre l’affaire en main. Un jour, Alberto DiSalvo, un modeste ouvrier, est arrêté par la police pour avoir pénétré dans un appartement par effraction…

Mini-critique :

Polar particulièrement novateur sur le plan stylistique, L’Etrangleur de Boston trouve sa source dans la triste réalité, inspiré par les meurtres commis par Alberto DeSalvo au début des années 60 à Boston. Richard Fleischer exploite le split screen abondamment, et avec une intelligence remarquable. Si ce procédé vise à offrir plusieurs angles de vue simultanément – généralement deux, voire trois –, une fonction assurée à plusieurs reprises dans le film, Fleischer le pousse aussi vers des fonctions plus rares. Il traduit l’effervescence, comme lors de l’arrestation du moindre individu au comportement plus ou moins déviant par la police dans un marathon d’images ; il guide le regard du spectateur, lorsqu’une unique petite vignette réduit le champ de vision à un simple élément ou visage ; il perd le spectateur, lorsque la multiplicité des vignettes et leur éphémérité transforment une séquence en un torrent d’images. La structure du film est également passionnante. D’abord près des forces de police et des victimes, sans dévoiler le visage du tueur – malheureusement connu puisque le rôle, mis en avant sur l’affiche, est tenu par Tony Curtis –, ce polar décrit une enquête qui piétine péniblement, le nombre de victimes ne faisant que s’accroître au fil des jours. D’arrestations aléatoires aux dénonciations abjectes, la police, avec à sa tête un très grand Henry Fonda, se montre incapable de ramasser des indices exploitables sur l’homme assassinant sadiquement des femmes dans leur propre appartement. Au fond, ce ne sont pas la tension ni le suspense – uniquement présent au sein de certaines séquences – qui sont recherchés dans ce polar : le rapport des faits et surtout le portrait du tueur priment sur la mécanique policière. La découverte de l’assassin témoigne parfaitement de cette volonté de parasiter les codes du thriller purement fictionnel. On découvre Alberto dans l’ombre, seul, assis face à son téléviseur lors des funérailles de JFK. Par un mouvement de travelling suivi d’un panoramique, Fleischer détruit l’archétype du tueur en série mutique et solitaire, une famille classique entourant l’assassin. La grandeur de la mise en scène, datée par quelques effets de zoom parfois malvenus, rejoint la grandeur du propos : Alberto, potentiellement touché par un trouble dissociatif de la personnalité, ne peut pas être condamné si simplement pour ses actes. Une dimension psychanalytique s’empare alors de la dernière partie de L’Etrangleur de Boston pour un face à face prenant entre Henry Fonda et Tony Curtis – contre-emploi percutant. Ainsi, cette œuvre n’est pas sans rappeler le célèbre M le maudit de Fritz Lang par son refus des jugements hâtifs malgré l’horreur des crimes. Un grand et singulier polar, dont l’impact reste tout à fait intact, aussi bien foncièrement que formellement.

Teaser (VOST) :

 

Le Blu-ray

– Image :

L’Etrangleur de Boston entre dans la catégorie des masters haute définition inégaux, touchant parfois à l’excellence pour exposer tout un lot de scènes aux qualités bien inférieures. Les variations affectent avant tout le piqué et le niveau de détail – les séquences en split screen sont les moins généreuses sur ces points, montrant aussi un grain bien plus prononcé que les séquences classiques. Ce sont sur les contrastes et les couleurs que ce transfert se montre solide du début à la fin. Satisfaisant.

– Son :

Seule la piste en VO est testée.
La piste anglaise DTS-HD Master Audio 2.0 se montre somme toute assez ordinaire, si ce n’est qu’elle est affectée par ce qui semblerait un léger défaut : un bourdonnement sourd et permanent, plus ou moins présent selon la scène et l’espace sonore, sa présence se montrant forte lors des silences. Un élément qui ne touche pas la piste mono française, démontrant alors qu’il ne s’agit probablement pas d’un choix artistique. Le visionnage du film n’est pas vraiment troublé par ce son, on pourrait même dire au contraire qu’il travaille la tension dans certaines séquences.

– Bonus :

Les bonus sont en haute définition.
– L’écran schizophrène : William Friedkin à propos du film (21:28)
– Faux nez, vrai tueur : souvenirs de L’Etrangleur de Boston (29:59).
– Bande annonce

 

Film :
4 étoiles
Image:
3.5 étoiles
Son :
3 étoiles
Bonus :
3.5 étoile
Avis Global :
3.5 étoiles
Article rédigé par Dom

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Un commentaire

  1. Un grand classique de Tony Curtis, pour moi l’un de ses meilleurs rôles le film est finalement assez peu connu et cette sortie en Blu-Ray est une très bonne chose, pour l’époque c’était quand même un casting de rêve avec Heny Fonda et Tony Curtis je le conseille vivement, un très bon film

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