[Critique] To Rome with Love (Woody Allen)

Après une trilogie londonienne, un passage à Barcelone et à Paris, Woody Allen continue son périple cinématographique dans les capitales européennes avec To Rome with Love. Misant sur un casting d’exception, cet arrêt en Italie s’avère des plus décevants, encore plus que le médiocre Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu dont il hérite des pires traits.

Egarement transalpin

A Rome, il y a des tas d’histoires qui se déroulent chaque jour. Voici l’information capitale qui ouvre cette nouvelle comédie de Woody Allen, comme si la cité romaine était la seule à abriter des histoires de couples. En fait, si l’action se déroule à Rome et s’appuie sur de nombreux stéréotypes de l’Italie, on pourrait parfaitement imaginer l’intrigue, enfin, les intrigues, puisqu’il s’agit de plusieurs histoires où les protagonistes n’interagissent jamais entre eux, dans un tout autre cadre, en Europe ou non. Plus que jamais, la sensation qui se dégage de ce film est celle de la compilation de sketchs indépendants, tous articulés grâce à des couples. Au fond, cette caractéristique pourrait ne poser aucun problème, seulement les situations installées rappellent profondément des scènes déjà exploitées dans le cinéma de Woody Allen, de même pour les répliques, quoique des moins savoureuses ici – l’odeur d’un mauvais plat réchauffé règne dès les premières minutes du film.

Quatre histoires plus ou moins cocasses, pour quatre morales, se déploient au cours de To Rome with Love : l’accueil d’une amie irrésistible (Ellen Page) par le couple campé par Greta Gerwig et Jesse Eisenberg, conduisant ce dernier sur la route de l’adultère malgré les conseils de sa conscience jouée par Alec Baldwin, l’acteur le plus impeccable de la troupe ; la séparation physique de futurs mariés, la jeune femme se retrouvant à être draguée sur un tournage tandis que son compagnon (Alessandro Tiberi) se retrouve, malgré lui, à faire passer une call girl (Pénélope Cruz) pour sa promise ; le lancement sur les planches d’un beau père à la voix majestueuse – mais uniquement sous la douche – ; la célébrité inexplicable d’un homme ordinaire campé par Robert Benigni, dont le jeu souvent en retenu, permet une agréable contre exploitation de l’artiste sans jamais prendre de l’ampleur. De l’ampleur, du liant, du mordant, tant d’ingrédients qui manquent à l’appel dans cette comédie dont on ne conservera qu’une poignée de jeux de mots. Allen brasse des stéréotypes dans un océan de vacuité. En somme, il livre une comédie « imbécile », un terme qu’il exploite judicieusement au cours du long métrage pour résumer son propre travail ici. Si vous ne pouvez pas voyager, la meilleure escale à Rome reste Roma de Federico Fellini, un film qui passe par le prisme de la nostalgie, bien plus efficace que celui des préjugés.

1.5 étoiles


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To Rome with love

Film américain, espagnol, italien
Réalisateur : Woody Allen
Avec : Jesse Eisenberg, Penélope Cruz, Alec Baldwin, Ellen Page, Woody Allen, Alison Pill, Alessandra Mastronardi, Judy Davis, Alessandro Tiberi, Greta Gerwig
Scénario de : Woody Allen
Durée : 102 min
Genre : comédie
Date de sortie en France : 4 juillet 2012
Distributeur : Mars Distribution

Bande Annonce (VOST) :

Article rédigé par Dom

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Un commentaire

  1. A force de faire trop de film on fait n’importe quoi … Woody à malheuresement eprdu de sa splendeur …
    Et méme si il y parfois des films ou des passages qui font écho à cette grandeur passé , ca ne suffit pas à m’encourager à aller voir ses films choses que je faisais automatiquement avant …

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