Critique : Les Héroïques

Premier long métrage de Maxime Roy, Les Héroïques explore en profondeur l’histoire d’un quinquagénaire en proie avec ses démons alors qu’un nouvel enfant vient de débarquer dans sa vie, dans la lignée du court métrage Beautiful Loser. Une œuvre saisissante par son parcours et son interprète principal, François Créton, dont la vie sert de base solide au récit.

Quête de salut

Il suffit d’une scène pour que Michel (François Créton) nous interpelle. En détresse au milieu d’autres alcooliques anonymes, il pose le triste décor : difficultés financières, un bébé avec une femme qui vient de le quitter, et toujours ce cocktail d’alcool et de drogue qui pèse sur sa conscience bien qu’il soit sobre depuis un bail. Nombreuses sont les œuvres présentant un personnage cabossé qui recherche la route de la rédemption, et si c’est bien le parcours qui est entrepris ici, il l’est avec une vitalité réjouissante. Filmé en caméra épaule sans tic irritant, Les Héroïques se joue à hauteur d’homme, dans un Paris loin d’être reluisant, celui des logements miteux, du trafic de drogue, des ascenseurs en panne et des difficultés pour retrouver un emploi viable. Mais Michel est loin d’être esseulé : s’il déconne lorsqu’il transporte en compagnie de son fils aîné Léo (Roméo Créton) son bébé à moto pour qu’il rejoigne la maman (jouée par Clotilde Courau), les mains tendues sont nombreuses, notamment aux réunions avec la sollicitude de Jean-Pierre (Patrick d’Assumçao). Au fond, Michel a toujours une âme d’adolescent, il traîne d’ailleurs avec les amis de son fils, s’exprime en verlan, et trouve toujours le truc qui le distingue de la masse.

Si l’enfer de la drogue commence à se conjuguer au passé, il poursuit toujours Michel au travers du regard de Léo, mais aussi avec le ressentiment d’un père atteint d’un cancer, magnifiquement campé par Richard Bohringer. Malgré cet enchevêtrement de lignes dramatiques, le film ne tombe pas dans le misérabilisme, trouvant même diverses bouffés d’oxygène, autour d’une blague, d’une chanson ou même d’une altercation. Dans cette galerie de personnages qui compose parfaitement avec ce style naturaliste, Arianne Ascaride apporte des nuances supplémentaires en compagne du père. Oscillant entre la lumière et les ténèbres, Les Héroïques rugit d’un désir de vivre apaisé et de voir Michel tracer sur sa bécane vers une nouvelle étape. Poignant et sincère, ce premier long métrage est une superbe réussite.

4 étoiles

 

Les Héroïques

Film français
Réalisateur : Maxime Roy
Avec : François Créton, Roméo Créton, Patrick D’Assumçao, Richard Bohringer, Ariane Ascaride, Clotilde Courau
Scénario de : Maxime Roy, François Créton
Durée : 99 min
Genre : Drame
Date de sortie en France : 20 octobre 2021
Distributeur : Pyramide Distribution

 

Photos du film Copyright Pyramide Distribution

Article rédigé par Dom

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