Test Blu-ray : Une intime conviction

Fiche Technique :

Une intime conviction (2018) réalisé par Antoine Raimbault
Avec : Marina Foïs, Olivier Gourmet, Laurent Lucas, Armande Boulanger, Steve Tientcheu, Jean Benguigui
Durée : 110 min
Genre : Judiciaire, Drame
Blu-ray testé : Edition française – Région B
Pistes Audio : Français DTS-HD Master Audio 5.1, Audiodescription Dolby Digital
Sous-titres : Français pour sourds et malentendants
Format d’image : 2.39:1
Codec : MPEG-4 AVC
Résolution : 1080p
Editeur : Memento Films

 

Synopsis :

Depuis que Nora a assisté au procès de Jacques Viguier, accusé du meurtre de sa femme, elle est persuadée de son innocence. Craignant une erreur judiciaire, elle convainc un ténor du barreau de le défendre pour son second procès, en appel. Ensemble, ils vont mener un combat acharné contre l’injustice. Mais alors que l’étau se resserre autour de celui que tous accusent, la quête de vérité de Nora vire à l’obsession.

Le film :

Qu’il est compliqué de rendre justice dans des cas où les preuves matérielles manquent, quand les témoignages s’entrechoquent dans une multitude de points de vue individuels pouvant faire pencher la balance d’un côté comme de l’autre, à un mot près, pour une certitude ou une incertitude dévoilée lors du procès. Une intime conviction s’inspire du procès en cour d’assises de Jacques Viguier (Laurent Lucas), accusé d’avoir assassiné sa femme, dont le corps n’a jamais été retrouvé, et qui fut pourtant acquitté en première instance. Le premier long métrage d’Antoine Raimbault nous plonge dans cette affaire au travers d’une femme indirectement liée à l’accusé, car elle a assisté au premier procès et que la fille de Jacques donne des cours d’anglais à son fils. Nora (Marina Foïs), cette cuistot toulousaine, séparée de son premier compagnon, dans une relation qu’elle garde encore secrète avec un collègue, s’engage corps et âme dans ce second procès. C’est elle qui va chercher l’avocat Eric Dupont-Moretti (Olivier Gourmet) pour maximiser les chances d’acquittement de Jacques, et c’est son obsession qui va la conduire à œuvrer aux côtés de la défense, notamment en analysant des heures et des heures d’écoutes téléphoniques dans lesquelles l’amant de la femme portée disparue influence des témoins.

Ce film de procès passionne car il est d’emblée porté par des comédiens habités. L’aspect obsessionnel et destructeur de la tâche s’empare peu à peu du visage de Marina Foïs tandis qu’Olivier Gourmet campe remarquablement l’homme de loi, à la rhétorique parfois fascinante. Moins présent mais d’une importance capitale, Laurent Lucas en homme accablé, confus. En nous plaçant au plus près de Nora, personnage fictif dont la démarche est de trouver un nouvel accusé en la personne de l’amant, Une intime conviction nous conduit à saisir les enjeux dramatiques et capitaux d’un tel procès. La vie d’un homme ainsi que de ses enfants peuvent basculer, suite à dix ans de procédures déjà douloureuses. De l’autre côté, il y a aussi une mère qui ne peut pas faire le deuil de sa fille – est-elle morte ? –, tout comme ses sœurs. Et s’il y a un amant dans la partie, doit-il être mis dans la tourmente à son tour sur la base d’un comportement étrange ? C’est une affaire dont la densité rend tout verdict délicat, c’est une affaire exemplaire pour souligner la difficulté d’être juste et non de juger peut-être à tord. On y rappelle la présomption d’innocence, de plus en plus bafouée par des traitements médiatiques encore plus infects de nos jours – l’affaire s’est déroulée en 2009. Avec un découpage judicieux, Une intime conviction trouve une belle forme de réalisme tout en employant un langage cinématographique fort dans ses cadrages et son montage. Une vraie réussite qui explore les mécaniques de la justice française avec efficacité.

 

Le Blu-ray

– Image :

Une intime conviction se déroule dans le sud-ouest de la France, entre Toulouse, lieu de résidence et de travail de Nora, et Albi, où se déroule le procès. Avec pour cadre principaux la cour d’assises et l’appartement de Nora, le film se déroule surtout en journée dans des intérieurs où la profondeur de champ s’avère moyenne, mais il compte aussi quelques plans nocturnes. Avec ces données, qu’avons-nous techniquement devant nos yeux ? Eh bien une image numérique parfaitement détaillée, impressionnante par ce qu’elle parvient à montrer des vêtements et visages, même dans les plans moyens. Quelques éléments se perdent dans les noirs des plans les plus sombres, mais il s’agit probablement de limitations lors du tournage ou de la post-production. Un très beau transfert qui permet d’accompagner parfaitement Nora dans sa quête de justice.

– Son :

Seule la piste en VO est testée.
Une piste en DTS-HD Master Audio 5.1, en français, avec des sous-titres destinés aux sourds et malentendants mais également une piste d’audiodescription en dolby digital : accessibilité parfaite. Du côté de notre piste principale, on trouve un mixage très intéressant et réussi. Déjà, le canal des voix est absolument fantastique, on sent très bien la différence de réverbérations des voix en fonction des lieux, de l’emploi ou non de micro – dans la cour –, mais il y aussi cet élément qui crée une véritable bulle, les voix des écoutes téléphoniques sont réparties sur les enceintes arrières tandis que les sons ambiants occupent toujours l’espace frontal. Il en résulte une véritable stimulation sensorielle, participant grandement à l’immersion dans le film. La musique, employée avec parcimonie mais justesse, permet de d’affirmer le dynamisme de cette section audio tout simplement parfaite.

– Bonus :

Tous les bonus sont en haute définitions
– Commentaire audio du film par le réalisateur Antoine Raimbault
– Sept scènes coupées au montage, avec commentaires optionnels du réalisateur
– Echange avec le public en présence d’Antoine Raimbault, Olivier Gourmet et Maître Dupont-Moretti (40 min)
– Making of par l’émission Jour de cinéma de Canal+ (3 min)
– Emission On aura tout vu de France Inter, avec pour invités Marina Foïs, Maître Saint-Palais et Stéphane Durand-Souffland, chroniqueur judiciaire (35 min, audio)
– Podcast NoCiné par Binge audio (50 min, audio)
– Bande annonce

 

Film :
4 étoiles
Image:
4.5 étoiles
Son :
5 étoiles
Bonus :
5 étoiles
Avis Global :
5 étoiles
Article rédigé par Dom

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