Les Arcs 2015 : Peur de rien

Mercredi 16 décembre 2015, aux Arcs, il était possible de découvrir Peur de rien de Danielle Arbid, Sauvages de Tom Geens, de creuser ses méninges (et descendre de l’alcool) à la soirée Vodkaster et de gagner son lit au petit matin. En photo ci-dessus, Vincent Lacoste et Manal Issa dans Peur de rien.

Vers 22h30 aux Belles Pintes, la soirée Vodkaster débute pour confronter les festivaliers dans un quiz ardu, à base d’anagrammes, rébus et chiffres du box-office. Dans mon équipe, il y a la bande d’Amaury et Quentin mais aussi une partie du casting de Peur de rien, Vincent Lacoste et Damien Chapelle nous ayant rejoint quelques minutes après le début du jeu où les shooters sont distribués comme des bons points. Face à la difficulté des questions, nous terminons 4ème, mais ma première position au MovieQuiz sur internet me permet de repartir avec une bouteille de Chartreuse et quelques DVD. Bien lancés pour continuer la soirée O’Chaud, nous retrouvons aussi Paul Hamy, Lola Créton et Jules Sitruk, ces deux derniers étant membres du jury court métrage. Le délire est tel que l’on avale n’importe quel bobard, notamment quand Paul nous raconte que les poils de sa chapka son pris d’un animal créé en labo, croisement du renard et du cochon d’inde. Un animal baptisé North Face, qu’il nous imite à genoux dans la neige ! La bière rend crédule. Lorsque la musique de Star Wars retentit dans le bar et qu’un combat au sabre laser débute, on pourrait croire à une hallucination collective mais cette euphorie est bien réelle. A la fermeture, on atterrit dans la chambre de Paul Hamy pour un dernier verre. Le jour pourrait se lever d’un instant à l’autre. Serons-nous d’attaque le lendemain ? Sûrement, car comme Lina, nous n’avons peur de rien !

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Lina (Manal Issa) est l’héroïne de Peur de rien, présenté en compétition au Taillefer dans l’après-midi. C’est l’histoire d’une jeune libanaise qui débarque à Paris en 1993, qui fuit sa famille et son pays. Une fille perdue. Alors que son oncle en France tente de la mettre dans son lit, elle prend la fuite, passe une nuit dehors et débarque à l’université les mains dans les poches. S’apprêtant à voler une étudiante, elle revient sur son geste et les deux filles sympathisent. Inscrite en économie, c’est finalement l’Histoire de l’art et la Littérature qui vont la séduire. Les professeurs dégagent une aura sublime dans ce film qui célèbre la culture dans le parcours de son étudiante qui connaitra plusieurs hommes. Il y aura d’abord un séducteur joué par Paul Hamy, un fan de rock joué par Damien Chapelle et un militant de gauche joué par Vincent Lacoste. Peur de rien embrasse toute la société française sans porter aucun jugement, Lina voguant dans des groupes de tout bord politique. Mais pèse sur le film la menace de l’expulsion, un combat qui sera mené grâce à la gentillesse des personnes rencontrées sur sa route. C’est une chronique extrêmement séduisante, menée par une jeune actrice formidable, pleine d’énergie, qui marque l’image à la patte rétro de tout son charisme. Danielle Arbid fait preuve d’une fluidité formidable au montage, glissant d’une scène à l’autre grâce à la musique, et se montrant très pudique avec ses personnages sur lesquels elle pose un regard d’une douceur superbe. Peur de rien c’est l’amour d’être libre, libre de vivre où l’on veut pour se construire son propre destin. Une belle découverte, et peut-être un prix d’interprétation pour Manal Issa.

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Sauvages de Tom Geens nous plonge au cœur des Pyrénées, avec un couple joué par Paul Higgins et Kate Dickie retiré de la société, vivant dans une grotte. Cette retraite a été provoquée par un drame qui hante autant ses personnages que le film lui-même. Tom Geens traite en effet de la perte d’un fils d’une façon singulière, mais bien qu’original, le récit apparaît comme mécanique dans ses derniers segments. Se porte aussi la question de la sauvagerie, appartient-elle à ce couple en deuil ou bien à un couple français vivant dans une ferme à la lisière de la forêt ? Parfois fort mais assez statique, regorgeant d’images fortes du cadre pyrénéen, le second long métrage de Tom Geens est une œuvre qui ne se classe pas dans les pépites de la compétition.

Article rédigé par Dom

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