NIFFF 2015 : Jouer en enfer

Deuxième journée de festival avec quatre films, The Falling, Ava’s Possession, Why don’t you play in hell ? et Deathgasm. Au milieu de ce beau programme, on a même trouvé le temps de jouer à Metal Slug !
Photo ci-dessus : exposition d’affiches signées Drew Struzan dan l’enceinte du Théâtre du passage.

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La chaleur ne nous quittera pas avant mercredi, il faudra donc s’habituer à cuire dans les rues de Neuchâtel ainsi que dans la salle bio pour les braves s’y rendant toujours. Mais c’est au Théâtre du passage, climatisé, après un déjeuner entre colocataires, que la journée de projections débute à 15:00 avec The Falling de Carol Peak, film en vue pour la présence de Maisie Williams – a.k.a Arya Stark de Game of Thrones. Grave erreur d’avoir choisie cette projection sur cette base puisque ce film se déroulant dans une école britannique pour filles s’effondre au bout de quelques minutes, lorsque la meilleure amie de Lydia (Maisie Williams) meurt alors qu’elle montrait des signes de grossesse. Dès lors, des phénomènes d’évanouissement vont saisir les jeunes élèves, à commencer par Lydia, mais tout porte à croire qu’il s’agit d’un jeu morbide à l’initiative de cette adolescente marquée par la disparition subite de son amie. Cherchant à créer une atmosphère poétique et troublante, The Falling échoue à la fois par sa mise en scène et son montage – festival d’insert de plans subliminaux. Le portrait de Lydia, qui entretient d’étranges rapports avec sa mère et son frère, se transforme alors en chemin de croix aussi pathétique que pénible.

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Un film vite oublié grâce à Ava’s Possession de Jordan Galland, film en compétition et présenté aux Arcades. Le film débute là où s’achève la plupart des films d’exorcisme, lorsque la pauvre personne possédée retrouve ses moyens, et ce, sur un ton comique permanent. Possédée par un démon pendant 28 jours, Ava (Louisa Krause) retrouve son corps, sa famille, ses amis et son appartement en ruine. Elle doit désormais gérer les conséquences de ses actes démoniaques et cela passe par une thérapie de groupe à la façon des alcooliques anonymes. Misant sur une caméra toujours mobile, Jordan Galland livre une œuvre originale et enthousiasmante. Terriblement fun, Ava’s Possession ne détourne pas les codes du genre du film d’exorcisme mais compose une sorte de polar humoristique dans lequel Ava doit chercher le pardon des personnes blessées mais aussi enquêter sur son cas de possession afin d’éviter une rechute. Avec sa photographie acidulée et ses effets spéciaux très réussis, ce long métrage traite autant de la nécessité de mener une vie responsable que de troubles familiaux. Avec une brochette d’acteurs aussi cool que sa bande originale composée par Sean Lennon et son zeste de sorcellerie, Ava’s Possession est exactement le type de films réjouissant pour le cinéma fantastique : drôle mais pas moqueur, exploitant des ficelles horrifiques dans un contexte reconfigurant leur impact sur le spectateur. Un petit régal !

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Un tour à l’hôtel de ville permet de profiter de bornes d’arcades gratuites. Belle initiative que de pouvoir jouer en enfer au cœur d’un petit éden, l’espace étant climatisé ! De Pacman à Soul Edge 2 en passant par la saga des Metal Slug, tout le monde y trouvera son bonheur.

La piste de la Grande tente, désertée en milieu d'après-midi.

La piste de la Grande tente, désertée en milieu d’après-midi.

Après avoir passé 24 heures au NIFFF, il n’est pas déplacé de déclarer d’ores et déjà que le festival se déroule sous le sceau de la convivialité, notamment par la bonne humeur des festivaliers – pas mal de gags lors de l’affichage des sponsors avant les séances –, mais aussi des habitants de la région qui rejoignent aussi les espaces aménagés du jardin anglais où la bière est légion. Point de ralliement et de rencontres parfait, la Grande tente et son ambiance musicale éclectique – en ce jour on pouvait autant écouter Radiohead que du dub – permet de discuter autour d’un verre ou d’une bouteille d’eau, le meilleur allié des festivaliers tant que la lune ne pointe pas son nez.

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La soirée continue au Théâtre du passage avec la projection à 22:30 de Why don’t you play in hell ? de Sono Sion, film plutôt réputé dans sa filmographie. Le réalisateur japonais était d’ailleurs présent pour nous préciser que le film reprend avant tout des événements réels et que le spectateur devra distinguer la part de vrai et la part de faux. Film complètement hystérique et déjanté, Why don’t you play in hell ? débute sur une publicité pour du dentifrice, avec la chanson d’une gamine toute kawaï. L’enfant, Mitsuko, n’est autre que la fille d’un boss d’un clan de yakuzas, dont le foyer vient d’être attaqué par un gang ennemi. Un véritable bain de sang va conduire la mère en prison tandis que l’on découvre en parallèle une jeune et enthousiaste équipe de tournage, portant le nom des Fuck Bombers. Dix ans plus tard, tous ces personnages seront réunis de la façon la plus improbable autour de la réalisation d’un méta-film. Comme une majorité des films de Sono Sion, Why don’t you play in hell ? présente certaines longueurs mais ne perd jamais son énergie, décuplée par d’entraînantes rythmiques à la batterie. Le film se dirige vers un massacre qui porte l’ombre de Kill Bill dans un délire total, extravagant et généreux en effet gores. Avec quelques scènes fabuleuses, ce cri d’amour pour le cinéma où se tient au centre le personnage de Mitsuko, autant objet de désir que véhicule de doux souvenirs, montre encore une fois que Sono Sion ne connaît aucune barrière en matière de narration. Plutôt excellent.

Deathgasm

La séance d’une heure du matin aux Arcades répond au nom de Deathgasm, réalisé par Jason Lei Howden. DEATHGASM – en majuscule, pour être plus heavy -, c’est le nom d’un groupe de black métal de jeunes néo-zélandais qui vont découvrir une partition démoniaque : une fois jouée, celle-ci va transformer peu à peu la population en virulents démons. Le genre de film parfait pour une soirée entre potes, bières en main sur un confortable canapé, donc d’autant plus jouissif dans une salle de cinéma quasiment pleine, bière en main avec un public des plus réceptifs et plaisantin. Avec ses comédiens solides, le film s’avère terriblement drôle, parfaitement ancré dans son contexte métaleux – contrairement à Pop Redemption qui singeait le milieu. Les effets spéciaux et les giclées de sang font mouche, la salle est en délire pendant près de 90 minutes avant de regagner la Grande tente pour un dernier verre. La nuit de sommeil sera courte avant une autre belle journée de festivités.

Article rédigé par Dom

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