Test Blu-ray : Le Petit Garçon (Coffret Nagisa Oshima)

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Fiche Technique :

Le Petit Garçon (1969) réalisé par Nagisa Oshima
Avec : Toshio Omura, Fumio Watanabe, Akiko Koyama, Tsuyoshi Kinoshita
Titre original : Shônen
Durée : 97 min
Genre : Drame
Blu-ray testé : Edition française – Région B
Pistes Audio : Japonais DTS-HD Master Audio 1.0
Sous-titres : Français
Format d’image : 2.35:1
Codec : MPEG-4 AVC
Résolution : 1080p
Editeur : Carlotta Films

 

 

Synopsis :

L’histoire d’un petit garcon de dix ans, de sa famille et du monde autour de lui. Pour survivre, les parents de l’enfant pratiquent une escroquerie à laquelle ils l’initient.

Le film :

Noirceur de la solitude infantile, de la manipulation par des adultes sans scrupule, justifiant leur conduite avec un raisonnement abject. Celui qui sera appelé « gamin » tout au long du film, joué par Toshio Omura, fantastique dans chaque scène, est découvert en tenu d’écolier à vagabonder dans les rues. Mais les classes, il ne les fréquente pas, car avec son père, sa nouvelle compagne et le dernier de la fratrie – appelé « petiot » –, il participe à une arnaque que cette fausse cellule familiale exerce dans tout le Japon : face à son fils, la maman se jette près d’une voiture pour simuler un accident et exiger un arrangement en liquide à l’automobiliste. Ce drame est magnifié par une mise en scène magistrale, chaque plan étant composé avec une minutie exemplaire, exprimant toujours une idée, une émotion par rapport à ce garçon à l’enfance gâchée, mais qui malgré la cruauté voilée des siens, cherche à protéger son frère cadet de l’ignominie adulte. Si le « gamin » est d’abord un élément secondaire de ces accidents simulés, il en deviendra un acteur principal, et à chaque passage de voiture, Oshima suscite l’effroi : et si cette fois, l’accident avait bien lieu ? Aucun espoir n’est à attendre de ce récit désenchanté, s’enfonçant par sa logique implacable dans un mal de plus en plus profond. Glaçant et dur, le film de Nagisa Oshima exploite remarquablement la musique orchestrale de Hikaru Hayashi, portant les images vers une dimension parfois cauchemardesque. Peinture pessimiste d’un Japon en dérive, fragilisé par son passé, Le Petit Garçon étudie les vicissitudes de l’homme avec un regard inouï.

Bande annonce (VO) :

 

Le Blu-ray

– Image :

Dans le premier plan, on découvre le gamin seul dans une rue qui s’étend jusqu’à l’horizon dans son dos. Piqué d’une grande précision, détail élevé même au bout de la profondeur de champ, absence quasi totale de rayure et grain respecté – ainsi débute ce master restauré du film d’Oshima. Si la colorimétrie fluctue légèrement sur certains plans, et qu’une poignée d’entre eux présentent encore quelques traces de vieillesse, on pourra toujours se satisfaire de la qualité des contrastes, de la beauté des scènes nocturnes et des séquences au filtre bleu ou sépia. Une très belle restauration.

– Son :

Le mono d’origine est délivré par une piste classique en DTS-HD Master Audio. Bien que le mixage s’avère équilibré on peut remarquer un dynamisme très limité. Musique et effets sonores bénéficient d’une restitution de qualité, souffrant plutôt des conditions d’enregistrement d’origine, comme pour les petites et rares saturations du canal des voix. Loin d’exceller, une piste plus que convenable pour (re)découvrir Le Petit Garçon.

– Bonus :

– Préface de Mathieu Capel (5 min, en HD)
– Bande annonce (en SD)

A propos du coffret Nagisa Oshima :

Carlotta Films édite un coffret Nagisa Oshima comprenant 9 œuvres des années 1960, sur 6 DVD et 3 Blu-ray. On y retrouve en blu-ray et DVD Le Petit Garçon, testé ici, La pendaison, La Cérémonie, les autres films étant uniquement sur support DVD, Carners secrets des Ninjas, Le Journal de Yunbogi, Journal d’un voleur de Shinjuku, Le piège, Il est mort après la guerre, Une petite sœur pour l’été. Les trois premiers films cités ci-dessus sont également vendus en éditions DVD individuelles. Bien que ce coffret soit avare en bonus – chaque film est juste accompagné d’une préface de Mathieu Capel, docteur en études cinématographiques et enseignant à l’ENS Lettres et Sciences Humaines de Lyon –, il constitue un objet indispensable pour étendre ses connaissances du cinéma japonais au travers d’une période moins en lumière de l’oeuvre de Nagisa Oshima.

A noter également qu’une rétrospective intégrale de l’oeuvre de Nagisa Oshima se déroulera à la Cinémathèque française du 4 mars au 2 mai 2015.

 

Film :
4 étoiles
Image:
4 étoiles
Son :
3.5 étoiles
Bonus :
1 étoile
Avis Global :
3.5 étoiles
Article rédigé par Dom

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