[Court métrage] La Cellule Familiale, de Cédric Messemanne

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Dans la section court, découvrez le 1er film de Cédric Messemanne, La Cellule familiale. Le réalisateur nous raconte également son parcours et son travail sur ce court métrage.

Le film


Entretien avec Cédric Messemanne

Peux-tu nous présenter ton parcours et situer La Cellule Familiale dans ton travail ?

En ce qui concerne mon parcours, j’ai commencé à m’intéresser sérieusement au cinéma pendant mes études aux Beaux-Arts, où j’ai fait pas mal d’expérimentations vidéos, et après avoir obtenu mon diplôme, j’ai réussi à intégrer l’Ecole Supérieure d’Audiovisuel de Toulouse où j’ai suivi le parcours Réalisation. Puis je suis parti étudier à la School of Visual Arts de New York pendant un semestre, toujours en Réalisation, car j’étais curieux de découvrir une autre manière de faire du cinéma.

La Cellule Familiale a été mon premier court-métrage, je l’ai tourné en octobre 2011 quand j’étais en deuxième année à l’ESAV. Aujourd’hui, je trouve qu’il représente un peu la première pierre d’une facette de mon travail, puisque j’ai depuis continuer à écrire et tourner des films qui portent sur l’enfance, le détachement parental, des thématiques déjà présentes dans La Cellule Familiale, même si bien sûr ce n’est jamais la même histoire.

Comment se déroule un casting où l’on doit créer une famille ?

Je trouve que le casting est toujours une étape passionnante, mais dans le cas de personnages censés avoir de proches liens de parenté c’est un exercice souvent délicat. J’ai essayé de garder une certaine liberté, ne pas me laisser enfermer dans une recherche d’une famille physiquement crédible à 100% mais dont les acteurs ne seraient pas de bons choix pour les personnages. À l’époque, mes décisions se sont davantage faites sur la qualité du jeu d’acteur que sur les similarités physiques des comédiens qui se sont proposés. C’est une histoire de compromis pour garder un niveau de crédibilité acceptable, tout en imaginant que la création d’un simili de relation passe peut-être autant par le jeu et la mise en scène que par des traits communs.

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L’absence de musique et de dialogue renforce la cruauté du film. N’as-tu pas eu peur d’aller trop loin dans la gravité à un certain stade de la production de ce court métrage ?

L’absence de musique et de dialogues s’est imposée d’elle-même dès l’écriture, et on l’a renforcé au mixage son pour justement aller chercher cette lourdeur et la ramener au premier plan du silence. C’était vraiment l’atmosphère recherchée à la base, ça faisait partie intégrante du sentiment que je voulais exprimer. Et en ce qui concerne la cruauté, pour moi ça n’a jamais été une question, car ce n’était pas l’objet premier de mon attention au scénario. Je suis plus intrigué par la lâcheté générale, la difficulté qu’ont les personnages à se faire violence pour prendre la bonne décision. Et effectivement, pour renforcer cette impression, j’ai essayé de les mettre dans des situations où leur décision a une conséquence forte/cruelle. Mais ce sont les choix en eux-mêmes qui nous donnent véritablement des enseignements sur les personnages.

Comment prépare-t-on une jeune comédienne, Caroline Bouleux, à participer à un projet aussi difficile moralement ?

On a essayé de garder le tournage aussi fun que possible, lui donner en permanence une allure de jeu, de petit défi. En dehors de ça, je crois qu’une bonne communication est essentielle, il est très important que l’enfant intègre le côté fictionnel. Je pense que cette étape n’est pas plus difficile pour ce type de film que pour un autre, elle dépend surtout de la maturité de l’enfant. Au moment du tournage, Caroline avait 7 ans, mais pourtant, elle avait déjà cette capacité étonnante à pouvoir changer d’émotion dès que l’on se mettait à tourner. Ça nous a beaucoup simplifié la tâche, elle a parfaitement compris l’atmosphère de l’histoire et ce que l’on attendait d’elle.

Quels sont tes futurs projets ?
L’année dernière, j’ai tourné deux courts-métrages à New York, et je viens juste de finaliser le premier, After (trailer disponible ici) qui a déjà été sélectionné dans plusieurs festivals aux Etats-Unis, et j’entame le montage du second, qui raconte les retrouvailles nostalgiques de deux amoureux que la vie a séparés malgré eux. Après ça, j’espère finir l’écriture de quelques idées de courts-métrages, et continuer à travailler pour trouver une production qui me soutienne et me permette de filmer ces histoires du mieux possible.

Article rédigé par Dom

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