[Critique] Frances Ha (Noah Baumbach)

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Seconde collaboration entre Noah Baumbach et Greta Gerwig, Frances Ha suit le parcours tumultueux d’une apprentie danseuse. Une comédie pleine de charme malgré sa trajectoire assez balisée.

Aplomb social

Greta Gerwig s’était montrée comme une excellente partenaire à Ben Stiller dans Greenberg, précédent long métrage de Noah Baumbach. Cette fois, son personnage, Frances, est au cœur du récit explorant les embûches inattendues dans la vie d’une jeune femme. Frances et Sophie (Mickey Sumner) sont comme les doigts de la main, amies vivant en colocation, aux liens suffisamment forts pour que Frances préfère rompre avec son copain plutôt que d’abandonner son bail subitement. Bien que l’allégresse règne sur cette amitié puissante et attendrissante, Frances ne se doutait pas que Sophie serait de son côté capable de quitter l’appartement si l’occasion se présentait. Ainsi débute les errances de Frances, d’un appartement à l’autre, tandis que les rentrées d’argent se font rares, sa compagnie de danse ne lui offrant que trop peu de créneaux pour donner des cours. Dans un New York filmé en noir et blanc, ce sont les acteurs qui donnent de la force à cette chronique, avec, en tête, Greta Gerwig, entourée de sympathiques visages plus habitués de la télévision, comme Adam Driver ou Michael Zegen. Les maladresses, rêveries et mésaventures de Frances donnent à son parcours un doux ton humoristique, dynamisé par quelques envolées musicales et physiques, lorsque Gerwig offre des pas de danse – il y a d’ailleurs un joli hommage à Leos Carax et Denis Lavant.

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Par son esprit et son ambiance, Frances Ha évoque la série Girls de Lena Dunham. Frances, proche de la trentaine, pourrait parfaitement compléter les rangs du quatuor féminin. Bien que les personnages soient, pour la plupart, plus jeunes, le nouveau long métrage de Noah Baumbach apparaît aussi sous l’influence de Manhattan de Woody Allen. Le cadre et le noir et blanc jouent en la faveur de cette relation filiale, bien que que le film de Baumbach exploite un noir et blanc loin d’être séduisant, masquant même la pauvreté de la photographie. Tourné en équipe réduite au Canon 5D, Frances Ha présente énormément de bruit numérique et tend, dans les scènes les moins éclairées, à l’amateurisme. Dommage que la qualité ne soit pas souvent au rendez-vous sur le plan visuel car les déambulations de Frances, au seuil de la carrière de danseuse qu’elle désire tant, s’avèrent attrayantes. En dehors de l’exploration des tiraillements que peut essuyer une profonde amitié, Baumbach regarde fixement cette problématique : que faut-il pour qu’une jeunesse pourtant déterminée atteigne ses objectifs ? Frances, un pied dans la rue, un pied dans le monde qu’elle aime tant, témoigne de toutes les difficultés sur la route de l’accomplissement, sur la quête de stabilité sociale dans un monde où la réussite ne semble sourire qu’aux autres. En fin de parcours, Baumbach offre à son héroïne une solution simple mais pertinente, et l’on quitte cette danse new yorkaise avec le sourire.

3.5 étoiles

 

Frances Ha

frances-ha-afficheFilm américain
Réalisateur : Noah Baumbach
Avec : Greta Gerwig, Mickey Sumner, Adam Driver, Michael Zegen, Michael Esper, Grace Gummer
Scénario de : Noah Baumbach, Greta Gerwig
Durée : 86 min
Genre : Comédie dramatique
Date de sortie en France : 3 juillet 2013
Distributeur : Memento Films Distribution


Bande Annonce (VOST) :

Article rédigé par Dom

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2 commentaires

  1. Un peu déçu pour ma part, la trentenaire immature oui mais à ce point là ça devient agaçant (elle mérite des claques) et si les 30 premières minutes sont marrantes et le personnage touchant la courbe s’inverse petit à petit. Sans compter le côté financier qui, mine de rien a son importance, apparemment sans fric elle dépense un smic pour une colocation et part un WE outre-atlantique ?! Avec quel pognon ?!… Bref le côté pseudo-bobo est mal géré… 1/4

  2. Pour l’argent, tu peux suppose qu’elle a de petites économies – de quoi faire une folie comme un aller retour à Paris !

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