[Critique] Le Flingueur (Simon West)

Jason Statham a transporté, braqué (à l’italienne et à l’anglaise), a été hyper tendu, puis expendables, et le voici désormais flingueur, officiellement. Relecture d’un film de 1972 avec Charles Bronson en vedette, Le Flingueur place la star britannique des films musclés dans la peau d’un tueur à gages à la fois subtil et bourrin.

D’un contrat l’autre

Arthur Bishop (Jason Statham) est un modèle de volontarisme : lorsque ce tueur à gage est débauché pour assassiner son mentor, il passe à l’acte sans question ni remord. Cet as de l’assassinat, qui privilégie les meurtres discrets pour qu’ils s’affichent comme de simples accidents domestiques – le film s’ouvre sur la « noyade » d’un baron de la drogue surprotégé dans sa propre villa –, vit dans une demeure retirée, dans laquelle il peut écouter en toute sérénité le Trio en mi bémol majeur de Schubert, morceau qui lie alors le film avec Barry Lyndon ! Aucune autre trace du maître Stanley Kubrick ici, mais le démarrage poussif du Flingueur, au scénario sans surprise, mène promptement à l’essentiel : un savant mélange de suspense et d’action. Arthur prend sous son aile Steve McKenna (Ben Foster), le fils de son ami qu’il a expédié froidement vers l’au-delà, habité par le désir de vengeance. Arthur lui transmet son art de l’assassinat, ou comment faire passer une strangulation pour une asphyxie involontaire devant un porno.

C’est lors de la première mission en solo de Steve que le nouveau long-métrage de Simon West (Les Ailes de l’enfer, Tomb Raider) trouve son remarquable premier éclat : le fluet tueur à gage doit assassiner un compère imposant, une armoire à glace qui a une faiblesse pour les petits chiens et les hommes. Ce meurtre qui, dans les règles imposées par Arthur, doit se dérouler discrètement à l’aide d’un poison tourne au désastre lorsque Steve tente l’affrontement direct avec sa cible. Après avoir ménagé le suspense habilement, Simon West saisit le spectateur par un combat rondement mené, nerveux et brutal, ayant recours à tout élément pouvant être utilisé à la faveur d’un des partis – une caractéristique qui se retrouvera dans les séquences d’action subséquentes. Le contrat suivant, opéré à deux, possède les mêmes qualités, ce suspense propre aux infiltrations qui précède l’énergie incroyable des confrontations, à mains nues ou revolver au poing.

Le Flingueur, traité avec un premier degré qui pourrait rendre le film rédhibitoire, puise sa force dans sa vélocité : le générique de fin tombe au bout de 82 minutes seulement, une durée qui écarte tout segment superflu dans un long-métrage qui ne développe aucunement la psychologie de ses personnages. Grâce aux soupçons de Steve envers Arthur pour le décès de son père, le spectateur est tenu en haleine jusqu’au dénouement, et le duo Statham/Foster fonctionne à merveille. D’une grande efficacité, Le Flingueur s’écarte de la mare nauséabonde des films d’action qui misent tout sur le nom de leur interprète principal pour duper un public en manque d’adrénaline. Un joli cocktail d’action et de suspense qui laisse envisager le meilleur pour The Expendables 2 : ce n’est pas Sylvester Stallone qui réalisera ce second opus mais Simon West. On a presque hâte de voir le résultat final, prévu pour l’été 2012.

3.5 étoiles

Chronique réalisée en partenariat avec Cinétrafic dans le cadres des blockbusters.

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Le Flingueur

Film américain
Réalisateur : Simon West
Avec : Jason Statham, Ben Foster, Donald Sutherland, Tony Goldwyn
Titre original : The Mechanic
Scénario de : Richard Wenk, Lewis John Carlino
Durée : 92 min
Genre : Action, Thriller
Date de sortie en France : 6 avril 2011
Disponible en DVD et Blu-ray à partir du 16 août 2011
Distributeur : Metropolitan

Bande Annonce (VOST) :

Article rédigé par Dom

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