Cannes 2011 #03 : pas de pitié pour le ciné

Difficile de trouver le temps pour écrire, d’où ce petit résumé de la journée du samedi 14 mai. Veuillez excuser mon manque d’assiduité mais c’est de moins en moins facile de dégager du temps libre pour écrire.

La journée commence mal avec mon unique veste tâchée par le plâtre d’un mur de salle de bain (une longue histoire) et l’impossibilité de trouver un pressing non surbooké… Je tente d’assister à une séance de rattrapage de Sleeping Beauty, à la salle du soixantième pour apprendre que mon pass cinéphile ne m’y donne pas accès. L’après midi, direction la quinzaine des réalisateurs pour The Other Side of the Sleep, le pire film que j’ai vu jusqu’à présent. Le pitch est pourtant alléchant : une jeune fille somnambule part dans des bois un soir. Le lendemain, le corps d’une fille assassinée est découvert. La mise en scène est d’une grande médiocrité et le rythme du film confine à la pâmoison. D’une profonde monotonie, The Other Side of Sleep est un peu un dérivé de Winter’s Bone sous valium. Le pire film vu à Cannes jusqu’à présent.

1 étoiles

L’équipe du film sur scène dans la salle du Marriot :

Je tente ensuite de voir Polisse, très bien accueilli par la presse qui l’a vu dans la matinée, en me rendant à la fameuse file de dernière minute une heure et demie avant la séance. L’ambiance est à la fête autour du tapis rouge, les hauts parleurs installés autour balancent des morceaux branchés en attendant l’arrivée de l’équipe du film. L’expérience nous avait démontré que les cinéphiles peuvent éventuellement accéder à la salle juste avant la montée des marches par l’équipe. Toujours parqué alors que Maiwenn, Joey Starr, Sandrine Kimberlain et toute la bande sont aux portes du Théâtre, l’espoir s’amenuise. A 22H, c’est le drame : on nous annonce qu’aucun cinéphile ne rentrera. Etant en possession d’un billet pour Wu Xia – retiré au stand cinéphile – en séance de minuit (qui débute en fait vers 01:00), je traine sur la croisette qui distille une atmosphère onirique avec ses lumières rouges éclairant le trottoir. On croise des starlettes, des gens friqués, des gens fripés (parfois les deux), des festivaliers et de parfaits touristes.
Nouvelle montée des marches sur les coups de minuit et demi pour Wu Xia, un film de Peter Ho-Sun Chan. Au début du 20ème siècle, en Chine, deux malfrats s’attaquent à un commerçant. Liu Jin-Xi, un simple villageois parvient à les tuer par chance. Un enquêteur est alors dépêché sur place. Il pense que Liu Jin-Xi n’est pas celui qu’il prétend être mais un assassin qui aurait changé d’identité. Bon, on est en présence d’un cinéma des plus sublimes sur tous les aspects : les acteurs sont géniaux, les séquences de combats sont époustouflantes, montées avec une précision et une finesse impressionnante et le scénario, où il est question de filiation, de compassion et de renaissance morale, est excellent. Alors oui, je n’ai pas le temps de développé, je multiplie les superlatifs mais croyez-moi, ce film qui mêle thriller, drame et action est un bijou ! Parfois, les séquences sont sur-stylisées, mais rien ne peut entraver le plaisir que l’on ressent à vivre ce Wu Xia. Présenté hors compétition, ce film est ma plus grosse claque du festival de Cannes. Malheureusement, aucune date de sortie n’est encore annoncée en France…

5 étoiles

Allez, un peu de glamour : j’ai croisé Delanoë avant d’être recalé à Polisse – vu le lendemain, je vous en reparle dans un prochain billet – et Bruno Solo, que j’ai salué puisque nous étions seuls à nous croiser mais il n’a pas daigné répondre. (connard !)
Hier trois films vus : Hearat Shulayim (sélection officielle), Return (Quinzaine des réal) et Polisse (sélection officielle).
Aujourd’hui : Halt auf freier strecker (un certain regard) et The Artist (Sélection officielle).
Fin du mode cinéma pour ce soir : un peu de fête avant la bataille pour The Tree of Life

Who let the dogs out ? Woof ; woof woof !

Episode suivant : Hors-série #2.

Article rédigé par Dom

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