Critique : Sunshine Cleaning (Christine Jeffs)

Sunshine Cleaning

Sunshine Cleaning

Film américain
Réalisatrice : Christine Jeffs
Avec : Amy Adams, Emily Blunt, Alan Arkin, Jason Spevack, Steve Zahn, Mary Lynn Rajskub, Clifton Collins Jr.
Scénario de : Megan Holley
Directeur de la photographie : John Toon
Monteuse : Heather Persons
Durée : 91 mn
Genre : Comédie dramatique
Date de sortie en France : 10 juin 2009
Disponible en DVD depuis le 18 novembre 2009

 

 

 

 

La trame :

Le quotidien des soeurs Lorkowski, qui montent une société de nettoyage de scènes de crime.

 

Bande Annonce (VOST) :

 

Critique

Comédie dramatique produite par les producteurs du coup d’éclat du cinéma indépendant américain de 2006, j’ai nommé, Little Miss Sunshine, Sunshine Cleaning propose de découvrir une nouvelle famille qui sort des sentiers battus. Un chaleureux rayon de soleil alors que l’hiver se veut précoce, à (re)découvrir au plus vite.

Amy Adams - Emily Blunt

Sunshine Cleaning est le nom d’une petite entreprise familiale peu commune, montée par Rose (Amy Adams) et Norah Lorkowski (Emily Blunt) qui ont toujours vécu de métiers précaires. La première, mère du petit Oscar (Jason Spevack), vivait de ménages, ça et là, alors que son rêve est de devenir agent immobilier. Norah, sa sœur cadette, enchainait les licenciements par sa maladresse alors qu’elle vit toujours sous le toit de leur père, Joe (Alan Arkin), prêt à tout pour le bonheur de son petit-fils. Grâce au tuyau d’un policier, Mac (Steve Zahn), l’amant et l’amour de jeunesse de Rose, malheureusement pour elle, marié et père de famille ; les deux sœurs se retrouvent dans un business glauque mais lucratif : le nettoyage de scènes de crime.

Autour de cette activité peu alléchante, Christine Jeffs et Megan Holley, respectivement réalisatrice et scénariste, bâtissent une attachante chronique familiale d’américains moyens, pleine d’humour et d’humanité. Rose vendrait son âme pour récupérer Mac, qu’elle retrouve régulièrement au motel, loin des yeux de sa femme, pour des ébats amoureux loin d’être salvateurs. Outre sa vie sentimentale lamentable, Rose est rongée par son désir de réussite professionnelle, entretenu par celle de ses anciennes camarades de classe, qui mènent la belle vie ; mais nettoyer les fluides corporels des défunts va lui apporter bien plus que des fins de mois plus souples que par le passé. Amy Adams offre une performance remarquable de trentenaire en quête d’équilibre, tout comme sa compère, Emily Blunt, dans le rôle de Norah, personnage post-punk au grand cœur, perdu face aux chemins offerts par la vie. Alors qu’elle nettoie avec sa sœur le logement d’une femme qui s’est suicidée, Norah va questionner son éthique en trouvant les photos de la fille de la défunte. Elle décide de la rechercher pour lui annoncer la triste nouvelle, une tâche qui s’avèrera plus compliquée qu’elle ne le pensait.

Sunshine Cleaning

Parmi les singuliers détails jalonnant Sunshine Cleaning, il y a, en fil rouge, une étrange particularité cinéphilique qui frappe les sœurs Lorkowski : une obsession pour les scènes de restaurant, masquant un terrible drame survenu durant leur enfance. Illuminé du début à la fin par son duo d’actrice, le film s’arrête aussi sur la relation attendrissante d’un grand-père et de son petit-fils, exclu de l’école pour son comportement bizarre (et quelque peu provoqué par Norah). Dans la veine de Little Miss Sunshine et de Juno, Sunshine Cleaning est un film indépendant sans prétention, dans lequel il est question d’entraide, d’apprentissage, mais surtout, de se libérer des stigmates du passé pour s’envoler enfin vers des contrées ensoleillées. Des enseignements moins originaux que le concept central, mais la magie opère grâce à l’intelligence de l’écriture, la qualité du jeu des acteurs ainsi que la très jolie photographie signée John Toon.

Malgré la thématique prédominante du décès, c’est avec le sourire que l’on regarde ce film, dont la seule cruauté est de nous séparer de ses personnages bien trop tôt, mois de 90 minutes après leur découverte. Charmant et irrésistible.

Note : 7,5/10

Article rédigé par Dom

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10 commentaires

  1. Une comédie sans prétention qui file la pèche. Pas aussi bien que Juno ou Little Miss Sunshine mais hautement recommandable quand même.

  2. Parfaitement d’accord avec toi. Je suis tombé par hasard sur la séquence du matelas qui a éveillé ma curiosité, je n’avais pas entendu parler de ce film à sa sortie.

  3. Bon petit film Inde, agreable…dans la meme veine:’Me and You and Everyone we Know’ et ‘Les Berkman se Separent’…

  4. Vincent, comme toujours, merci pour tes conseils !
    Y a quelques jours j’ai découvert – en retard – Away we go de Sam Mendes (le seul film que je n’avais pas vu de ce réal). Sceptique au début du film, j’ai finalement été charmé par les rencontres que font ce couple dans l’attente de leur premier enfant.

  5. Avec plaisir…ben j’ai pas encore vu Away we Go, mais il est sur ma liste pour les vacances de Noel, je n’en ai entendu que des eloges jusqu’ici! Visionne hier (500) days of Summer, un petit bijou independant US encore, je te le conseille vivement, et un dernier ‘Moon’ avec Spacey notamment!
    Ah oui j’oubliais celui-ci aussi ‘Cashback’, autre inde US, vraiment tres original dans son style, j’en prepare un billet pour le Blog bientot…
    a+

  6. (500) days of Summer, j’hésite souvent à l’acheter… je pense craquer prochainement car Joseph Gordon-Levitt et Zooey Deschanel sont des acteurs que j’apprécie de plus en plus.
    J’ai vu Moon mais il m’a un peu déçu : j’aurais pensé que sa thématique aurait été plus… forte, ou, traitée plus originalement sur la fin. Malgré tout, ça reste une belle démonstration de science-fiction à petit budget.
    Cashback, je l’ai vu à sa sortie et je l’avais trouvé sympathique – au plaisir de lire ta chronique alors !

    (parler de tout ça me rappelle un film pas mal, Art School Confidential. L’as-tu vu ?)

  7. Non ne l’ai pas vu, le mets sur ma liste alors…!Merci!

  8. (il est probablement moins bon que les films que nous avons cité plus haut – je l’ai vu aussi à sa sortie – mais ça reste à découvrir.)

  9. J’ai vraiment beaucoup aimé (500) days of Summer. Pour moi, c’est meilleur que Sunshine Cleaning.

  10. Un film plutôt discret qui n’a pas fait grand bruit lors de sa sortie mais qui mérite pourtant le détour… Une comédie plutôt sympathique avec laquelle on passe un bon moment 🙂 Un bon souvenir dont tu as raison de parler ! Merci à toi 🙂

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