Martin Scorsese : l’exposition

Installée à la Cinémathèque française depuis le 14 octobre 2015, l’exposition Martin Scorsese, conçue à la Deutsche Kinemathek de Berlin, restera dans notre capitale jusqu’au 14 février 2016. Avec Jean-Christophe, nous avons fait ce voyage au cœur des œuvres de celui que l’on appelle Marty pour vous livrer nos impressions.

A l’entrée, c’est un petit portrait récent de Martin Scorsese qui accueille le spectateur, comme si le cinéaste nous attendait à sa propre porte pour (re)visiter en sa compagnie son œuvre, sa filmographie et son action pour préserver les films. Le new-yorkais est en effet à l’origine de la création de The Film Foundation, association destinée à la protection et la préservation du patrimoine cinématographique. On peut d’ailleurs lire, en fin d’exposition, des lettres de cinéastes adressées à Scorsese, l’un des premiers à avoir tirer la sonnette d’alarme, et ce, suffisamment tôt. On peut notamment lire des mots de Steven Spielberg qui lui avoue que seulement cinq ans après son tournage, Les Dents de la mer montre un bleu délavé tandis que le rouge sang devient de plus en plus vif. Ces documents, lettres, extraits de scénario et storyboards, constituent la majeure partie de cette exposition et demanderont de bonnes connaissances en anglais pour en profiter réellement – quoi qu’avec un excellent niveau d’anglais, il est parfois difficile d’apprécier les annotations manuscrites de Scorsese sur les scénarios et sous les cases de storyboard !

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On entre dans le cœur de l’exposition après une installation de cinq écrans qui, multipliant et revisitant les plans de certaines scènes, provoque le vertige tout en mettant en exergue des motifs, comme celle de l’homme crucifié. Et c’est plus par thématique que par ordre chronologique qu’est organisée cette expo, s’intéressant alors aux fratries, aux solitaires, à la figure de crucifixion, au montage, … Pour les plus fétichistes, on y trouve des objets familiaux, table, photos et poste de télévision, même le permis de conduire de taxi obtenu par Robert De Niro dans sa préparation pour son rôle dans Taxi Driver. Par contre, en matière de costume, hormis des croquis, il faudra se contenter d’une robe portée par Cate Blanchett dans Aviator ainsi que des fripes de Leonardo DiCaprio dans Gangs of New-York. A chaque section thématique, un grand écran avec des extraits pour illustrer le regroupement. Au centre de l’exposition, avant une salle où est projetée La Clé de la réserve, court métrage dans lequel Scorsese se met en scène avec humour pour la réalisation d’un scénario de trois pages et demie d’Alfred Hitchcock, une carte de New-York permet de voir précisément, à l’aide de quatre écrans diffusant des extraits de film, où Scorsese a planté sa caméra au cours de sa carrière.

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Non loin d’une salle où retentit le « Jumping Jack Flash » des Rollings Stones dans Shine a light, une zone montre des échanges entre Scorsese et Saul et Elaine Bass, collaborateurs d’Alfred Hitchock et derrière les génériques de Casino et Le Temps de l’innocence. Car Scorsese est un cinéaste qui sait aussi s’entourer des meilleurs pour compléter sa propre minutie et sa rigueur – la préparation détaillée de certaines scènes montre à quel point Scorsese pense ses films en amont du tournage. Si les fans de Scorsese n’apprendront que peu de choses en parcourant cette exposition, on pourra déplorer certains aspects lacunaires. Simple exemple avec les tatouages en photos de Robert De Niro pour le film Les Nerfs à vif : c’est l’acteur qui a pris cette initiative, peu appréciée par Scorsese qui le railla. De Niro n’adressa pas la parole au metteur en scène lors des premiers jours du tournage. Une anecdote qui aurait bien trouvé sa place auprès des clichés.

Célébration du travail de l’un des plus grands cinéastes américains de notre époque, l’exposition se termine dans la boutique par une série de magnifiques photographies, remontant le fil de sa carrière. La dernière montre Andrew Garfield sortant d’une grotte dans Silence, le prochain Scorsese que nous devrions découvrir cette année : le simple rappel que Marty n’a pas fini de nous éblouir par sa maîtrise absolue du 7ème art.

Remerciements : Arte

Article rédigé par Dom

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