NIFFF 2015 : Dirty Ending

Retour sur les dernières journées de festivités au NIFFF avec le Dirty Karakoe Contest, du cinéma fantastique sous format court et long, un bilan de ce premier passage à Neuchâtel, et quelques clichés de cette charmante ville. Photogramme ci-dessus extrait du film Der Polder de Julian M. Grünthal et Samuel Schwarz.

Le Dirty Karaoke Contest a redéfini toute la trajectoire de la fin du festival. Pour s’y rendre, il fallait sacrifier la dernière projection de Green Room, le grand gagnant du palmarès avec trois prix. Mais difficile d’avoir des regrets tant ce nouvel événement au festival a poussé la fête à son paroxysme dans un délire de décibels, de costumes improbables et de chorégraphies extrêmes. Voici d’ailleurs ci-dessous mon équipe, qui a interprété sur scène « Pet Sematary » des Ramones – et je remercie encore Sophie pour m’avoir détourné des salles pour cette aventure rock’n’roll :

Les Sévices Publics, avec de gauche à droite, votre humble serviteur, Sven et Sophie de la RTS, Samuel, réalisateur de "Der Polder"

Les Sévices Publics, avec de gauche à droite, votre humble serviteur, Sven et Sophie de la RTS, Samuel, réalisateur de « Der Polder »

L’après-midi, nous avions découvert le film d’exploitation Caged Heat en salle bio, film signé Jonathan Demme, qui ira chercher un couple d’Oscars quelques années plus tard avec Philadelphia. Aussi connu en France sous le titre 5 femmes à abattre, le film arrive à se détourner des clichés du genre par sa mise en scène, sa pointe d’humour et son message féministe, bien que l’argument pervers de la nudité facile domine de nombreuses scènes du film. Le film parfait pour une soirée grindhouse.

Retour ensuite aux Arcades avec Der Polder de Julian M. Grünthal et Samuel Schwarz, seul long métrage suisse de la compétition. Le film propose une expérience singulière, dans un monde où une société a développée un jeu vidéo ultra immersif, un peu à la façon d’Avalon. Sauf qu’ici, la direction artistique se montre flamboyante, partagée entre la réalité en noir et blanc et des couleurs sublimes au cœur du jeu qui semble avoir coûté la santé de son créateur, Marcus. Sa femme Ryuko tente de percer les mystères alors que leur fils tombe également dans les abysses du casque virtuel. Assez perturbant par sa narration méta, son propre travail sur sa substance pas si épaisse, Der Polder se positionne avant tout comme un trip esthétique, entre l’univers des mangas, du jeu vidéo et de la vie en montagne.

Rutger Haueur dans "Clones"

Rutger Hauer dans « Clones »

Le Dirty Karaoké Contest où l’on pouvait entendre des morceaux comme Eye of the Tiger, Fame ou le tout aussi culte générique des Ghostbuters nous conduit vers un DJ set et une boite de nuit locale. L’occasion de remarquer qu’en Suisse, l’entrée est gratuite, parfait pour se casser avec le sourire si la piste est désertée ! Une folle nuit qui permet de manquer Men & chicken lamentablement le lendemain mais pas les courts métrages suisses, assez brillants, notamment grâce à quatre films : Les anciens l’appelaient Chaos de Matthieu Moerlen, angoissante et fascinante promenade nocturne dans les rues d’un Paris déserté et traversé par une mystérieuse entité, le vampirique Parisit de Diego Hauenstein, et les réflexions sur la robotique et le clonage développées avec brio par, respectivement, Replika de Luc Walpoth et Clones de Rafael Bolliger – avec, cerise sur le gâteau, Rutger Hauer ! On enchaine avec le documentaire Chuck Norris vs. Communism qui raconte comment le trafic de VHS a changé la face politique de la Roumanie. Intéressant mais déjà abordé comme une anecdote dans certains documentaires consacrées à la Cannon. La soirée débute sous la tente avec une musique parfaitement mixée par LMLM, un quatuor de femmes au look post-apocalyptique. Au début de la nuit, séance de minuit avec la parodie érotique et délirante de Flash Gordon : Flesh Gordon. Un film aux effets réussis mais qui aurait gagné à adopter un rythme plus sexy, car malgré ses 78 minutes, atteindre le dernier acte est un peu pénible !

Philippe Katerine, président minable et mélomane dans "Gaz de France"

Philippe Katerine, président minable et mélomane dans « Gaz de France »

Dernière ligne droite – pour les festivaliers qui marchent encore droit – le samedi 11 juillet avec Gaz de France de Benoît Forgeard, satire gouvernementale au travers d’une crise suite aux bévues extrêmes du président français Bird, joué par Philippe Katerine. Parfaitement utilisé, l’artiste répond aussi à un excellent conseiller joué par Olivier Rabourdin. Malgré d’excellentes idées, cette critique tombe un peu à l’eau par son rythme claudiquant, sa photographie – volontairement ? – hideuse et un venin terriblement absent. Je profite du dernier après-midi dans les rues de Neuchâtel, participe à la dernière émission du Daily-Movies.ch avant de prendre un repas bien mérité à la crêperie du centre-ville – et une découverte gustative, une sauce généreuse à base de beurre portant le nom de Café de Paris. La suite avec la cérémonie de clôture, loin d’être plombante par des discours humoristiques, l’absence des sempiternels discours de remerciements d’élus, et surtout, malgré l’absence de nombreux gagnants, des vidéos géniales de remerciements – chapeau bas à l’équipe de Full Strike qui a enflammé toute la salle ! Ce fut aussi pour moi l’occasion de découvrir le générique tant réclamé durant cette édition de la RTS, remplacé par la présentation de la série Hellvetia. Vous trouverez tout le palmarès à cette adresse. La cérémonie laisse place au film de clôture de Tarsem Singh, Self/Less – en France, Renaissances -, une bien triste histoire de transfert de conscience d’un corps à l’autre avec un Ryan Reynolds qui décidément, décroche souvent les mauvais scénarios. Où est passé le réalisateur du génial The Fall, livrant ici une œuvre digne d’un mauvais épisode de la série Au-delà du réel ? Une catastrophe sans fin ! Alors que certains courageux prennent la dernière séance de minuit, Der Bunker, je gagne déjà la tente, remplie comme jamais, pour quelques derniers verres et encore quelques bonnes rencontres, notamment du côté VIP. Les fûts de bière sont vidés, l’absinthe livre ses dernières gouttes, tout doit disparaître et nous avec. Une aventure vertigineuse.

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Bilan du NIFFF 2015

Ma première réaction serait peut-être : quelle chaleur ! Nous avons souffert, réellement, dans les salles, dans les rues, même au milieu de la nuit. Comme l’a indiqué à la clôture Anaïs Emery, la directrice artistique du festival, l’édition précédente ayant été marquée par le froid, ils avaient décidé d’opter pour un logo enflammé pour conjurer le sort cette année. Efficacité prouvée ! Et si les organisateurs ne contrôlent pas la météo, les films présentés sont bien entre leurs mains : la qualité est variable, surtout en compétition, malgré de nombreux films manqués et de tristes ratés, très appréciés des festivaliers (Green Room et Turbo Kid). Les différentes rétrospectives et guilty pleasures permettent de (re)découvrir certains monuments du cinéma de genre ou fantastique, tandis que les films du troisième type permettent de placer quelques avants-premières. Je retiendrai avant tout de la compétition The Invitation, Bridgend, Ava’s Possession ; dans les présentations en avant-première Slow West et une seconde séance pour Love ; en rétro diverses, The Devils, Why don’t you play in hell ? et Stalker dans de délicates conditions. Mémorable séance : Deathgasm à minuit avec une salle bien excitée ! Evénement avec la conférence de Chris Carter mais aussi la diffusion de quatre épisodes de The X-Files remasterisés. Et, toujours dans le cinéma, des courts métrages des plus satisfaisants, beaux présages pour la relève dans le cinéma de genre.
Le NIFFF c’est aussi une énergie et une atmosphère festive, sous le signe de la convivialité, qu’il s’agisse des festivaliers de tous les horizons ou des neuchâteloises et neuchâtelois. Je ne pense pas que des festivals de cinéma français offrent l’occasion de finir devant un lac avec une bouteille d’absinthe, ni d’entrer dans une parenthèse délirante de karaoké.
Le NIFFF en trois mots c’est Fun, Fun, Fun. Cela peut paraître cliché, mais parfois, il est bon de s’y limiter !
Merci à toutes les personnes qui ont composé mon festival, ces nombreuses rencontres et délires potaches pas près d’être oubliés de ma mémoire pourtant fort défaillante. Et un merci tout particulier à Jean-Victor de Cloneweb pour m’avoir entraîné dans cette aventure.
J’avais parlé du plaisir de découvrir une nouvelle ville dans le premier journal de bord et je me suis montré avare en photo, réparons ça avec quelques clichés de Neuchâtel :

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Article rédigé par Dom

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