Test Blu-ray : La Pendaison (Coffret Nagisa Oshima)

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Fiche Technique :

La Pendaison (1969) réalisé par Nagisa Oshima
Avec : Yu Do-Yun, Fumio Watanabe, Toshirô Ishidô, Rokkô Toura, Akiko Koyama
Titre original : Kôshikei
Durée : 117 min
Genre : Drame
Blu-ray testé : Edition française – Région B
Pistes Audio : Japonais DTS-HD Master Audio 1.0
Sous-titres : Français
Format d’image : 1.85:1
Codec : MPEG-4 AVC
Résolution : 1080p
Editeur : Carlotta Films

 

Synopsis :

Un condamné à mort qui a survécu à sa pendaison doit être à nouveau exécuté.

Le film :

Inspiré de l’exécution d’un coréen ayant assassiné deux lycéennes, La Pendaison offre un impressionnant et lyrique argumentaire contre la peine de mort. Si d’abord, Oshima confronte le spectateur à l’horreur du rituel, filmé aussi méticuleusement qu’il est décrit par la voix-off, le récit se détourne d’une critique frontale au travers d’un acte miraculeux, provoquant le déraillement de la procédure : le condamné à mort, pendu, n’a pas perdu la vie. R (Yu Do-Yun) est en vie, mais qu’en est-il de son âme ? De plus, le jeune homme, inconscient de ses actes, ne peut être à nouveau conduit vers l’échafaud : le coupable doit se savoir coupable et expier ses péchés par la mort. Dès lors, pour répondre à nouveau au protocole, les différents corps de métier présents vont tout mettre en œuvre pour que R retrouve son identité, regagne conscience de ses crimes afin d’être exécuté comme il se doit, selon la loi japonaise. Si le film fait parfois preuve d’une hystérie plombante, soulignant le grotesque de la situation, de la mise en situation, La Pendaison s’ouvre vers une forme de lyrisme fascinante, porte entre l’imaginaire et le réel qui permet à la réflexion sur la peine capitale de glisser vers un domaine à la fois politique et spirituel. L’Etat japonais se retrouve attaqué avec virulence, en déterrant notamment les liens historiques avec la Corée, mais c’est aussi avec un raisonnement particulièrement fort sur la pratique de l’exécution qu’Oshima parachève cette diatribe audacieuse, à la structure hors-norme.

Bande annonce (VOSTA) :

 

Le Blu-ray

– Image :

Le film est quasiment un huis clos dans l’espace où les prisonniers sont exécutés, ce qui n’empêche pas la mise en scène d’Oshima de montrer une véritable élégance avec ses travellings et ce mouvement circulaire autour de ses comédiens au sol. Le noir et blanc granuleux du film ne présente pas de traces de vieillesse, rayures et artefacts ayant été totalement gommés. De plus, la qualité des contrastes et le niveau de détail impressionnent de subtilité, permettant aux costumes noirs des geôliers de s’écarter d’une masse uniforme. On notera une différence de texture – peut-être recherchée à l’origine ? – sur la courte partie du film se déroulant à l’extérieur, avec un grain plus effacé.

– Son :

Seule la piste en VO est testée.
Avec un espace sonore assez limité, surtout composé de dialogues, La Pendaison montre une piste mono dont la qualité est bridée par la nature des enregistrements originaux, où les voix flirtent avec la saturation lorsque le ton monte – ce qui arrive assez régulièrement ici. En dehors de ce défaut, la clarté est de mise, y compris pour les rares musiques.

– Bonus :

– Préface de Mathieu Capel (5 min, en HD)
– Bande annonce (HD)

A propos du coffret Nagisa Oshima :

Carlotta Films édite un coffret Nagisa Oshima comprenant 9 œuvres des années 1960, sur 6 DVD et 3 Blu-ray. On y retrouve en blu-ray et DVD Le Petit Garçon, La Pendaison, La Cérémonie, les autres films étant uniquement sur support DVD, Carners secrets des Ninjas, Le Journal de Yunbogi, Journal d’un voleur de Shinjuku, Le piège, Il est mort après la guerre, Une petite sœur pour l’été. Les trois premiers films cités ci-dessus sont également vendus en éditions DVD individuelles. Bien que ce coffret soit avare en bonus – chaque film est juste accompagné d’une préface de Mathieu Capel, docteur en études cinématographiques et enseignant à l’ENS Lettres et Sciences Humaines de Lyon –, il constitue un objet indispensable pour étendre ses connaissances du cinéma japonais au travers d’une période moins en lumière du travail de Nagisa Oshima.

A noter également qu’une rétrospective intégrale de l’oeuvre de Nagisa Oshima se déroule à la Cinémathèque française du 4 mars au 2 mai 2015.

 

Film :
4 étoiles
Image:
4.5 étoiles
Son :
3.5 étoiles
Bonus :
1 étoile
Avis Global :
3.5 étoiles
Article rédigé par Dom

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