[Test Blu-ray] Koyaanisqatsi (Godfrey Reggio)

Fiche Technique :

Koyaanisqatsi (1982) réalisé par Godfrey Reggio
Durée : 85 min
Genre : Documentaire
Blu-ray testé : Edition française – Région B
Pistes Audio : DTS-HD Master Audio 5.1
Sous-titres : Français
Format d’image : 1.85:1
Codec : MPEG-4 AVC
Résolution : 1080p
Editeur : Koba Films

 

Synopsis :

L’un des tous premiers documentaires écologiques.

Mini-critique :

Koyaanisqatsi : un mode de vie déséquilibré. Moins connu que le superbe Baraka terminé en 1992, le premier long métrage de la trilogie « Qatsi » de Godfrey Reggio, produit par Francis Ford Coppola, est aussi impressionnant, voire plus, notamment grâce aux superbes compositions de Philip Glass et les séquences époustouflantes capturées par Ron Fricke – réalisateur de Baraka, et dont le nouveau film, Samsara, rejoindra les écrans français au premier trimestre 2013. La particularité de ce documentaire hors norme est l’abandon du langage, les images, la musique et le montage trouvent alors une fonction narrative qui mènera tout un chacun à se forger sa propre vision de l’oeuvre. Toutefois, difficile de trouver ici une expérience au message positif, Reggio avouant lui même qu’il s’agit d’un film sur « la beauté de la Bête », notre mode de vie. Tourné sur plusieurs années en Amérique du Nord à la fin des années 70, Koyaanisqatsi propose une expérience audiovisuelle rare, traitant de la transition dangereuse d’un environnement naturel vers un environnement industrialisé et technologique. Grâce à ses ralentis et ses time-lapse (séquences capturées sur une durée étendue pour être jouées à une vitesse élevée), ce long métrage offre un puissant regard critique sur notre mode de vie – car le constat du film dépasse les frontières des Etats-Unis, ce message d’alerte s’adresse à tous les pays industrialisés. S’il suscite souvent l’émerveillement par sa beauté plastique, élevé par une symbiose entre l’image et le son tout à fait fabuleuse, le film véhicule un message profondément pessimiste avec ses images de sur-consommation, d’abrutissement télévisuel, de visages fatigués, de déplacements urbains aussi hallucinants que rébarbatifs, de destruction volontaire ou non. Plus percutant que n’importe quel discours écologique, Koyaanisqatsi est un chef d’oeuvre bouleversant, d’autant plus que trente ans après sa sortie, notre monde continue de multiplier des erreurs qui pourraient nous mener à notre propre perte. Tristement sublime.

Bande annonce (VOST) :

 

Le Blu-ray

– Image :

Avec le sublime Baraka tourné en 70 mm une dizaine d’années plus tard, il était certain de ne pas retrouver les mêmes qualités en haute définition pour Koyaanisqatsi, tourné en 35 mm et composé également d’autres sources avec une définition plus faible. Pour avoir vu en salle Koyaanisqatsi avec une copie 35 mm dans un état assez appréciable, mon premier constat concerne la disparition de la plupart des poussières et artefacts qui pourraient ternir l’appréciation purement visuelle de cette oeuvre. Cependant, en terme de piqué et de précision, le film offre un peu de tout, sans jamais sombrer vers la médiocrité. Les plans des grands espaces naturels, en ouverture du film, sont ceux qui bénéficient le moins du travail de restauration – tandis que les plans aériens en milieux urbains brillent par le niveau de détail. On note parfois du fourmillement dans les noirs, quelques problèmes de colorimétrie ça et là, mais dans l’ensemble, en tenant compte des nombreuses sources qui ont permit la réalisation de ce long métrage, il s’agit d’un très beau master haute définition, permettant de redécouvrir Koyaanisqatsi dans des conditions optimales.

– Son :

Hormis de très rares effets sonores – comme le brouhaha d’une foule –, seuls de magnifiques morceaux composés par Philip Glass accompagnent Koyaanisqatsi. Une bande originale qui contribuent grandement à la puissance de l’oeuvre, dont les images seraient diminuées sans cette symphonie jouant un capital rôle rythmique. C’est sur une piste DTS-HD Master Audio 5.1 que l’on retrouve donc ces compositions, exploitant la spatialisation intelligemment, notamment avec les cuivres, et qui n’est que simplement ternie par quelques petits « sauts » à la fin de l’oeuvre.

– Bonus :

Tous les bonus sont en définition standard.
– Essence de la vie, entretiens avec Godfrey Reggio, réalisateur, et Philip Glass, compositeur (25:09). En définition standard.
– Bande annonce
– Bandes annonces Koba Films

 

Film :
5 étoiles
Image:
4 étoiles
Son :
4.5 étoiles
Bonus :
2.5 étoile
Avis Global :
5 étoiles
Article rédigé par Dom

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12 commentaires

  1. Je ne m’attendais pas non plus à une qualité technique équivalente à « Baraka », mais ce test m’a rassuré. Achat obligatoire 😉

    En tout cas merci de parler de ce film, effectivement un pur chef d’œuvre méconnu.

  2. Rassuré aussi, mais j’attendrai que Powaaqatsi sorte aussi en HD.

  3. @Vance : Je ne sais pas si c’est prévu dans l’immédiat pour l’Europe, mais aux Etats-Unis, Criterion a sorti la trilogie dans un unique coffret. Evidemment, il faut un lecteur compatible Region A.

  4. hello,
    Il s’agit là d’une pièce unique. Et j’avoue que tu m’intrigues par « les sauts » en fin de film, concernant la musique (cœur du film).
    Dès que j’en saurais plus.
    Peux-tu aussi nous dire si il s’agit de l’œuvre original pour ce qui est du format (à savoir 4/3) ?? ou alors la version pan & scan pour remplir l’écran 16/9.
    Petit avis personnel pour la trilogie:
    Si le premier mérite toutes les louanges du monde, le second n’a pas à trop se cacher, mais le troisième, est a mon sens, une daube d’exception qui n’a plus aucun sens philosophique.

  5. Salut domdom,
    Les sauts à la fin du film sont très peu nombreux, ça ne brise pas l’expérience du film, c’est simplement un peu regrettable.
    Par contre, je n’ai jamais entendu parler d’une version 4/3 (1.33), le film est en 1.85:1 – ce qui correspond aux infos sur imdb. Ensuite est-ce qu’il a été tourné en 1.33:1 pour subir un pan & scan par la suite, ça je ne saurais pas y répondre…
    Sinon je n’ai pas vu Naqoyqatsi mais on m’a dit qu’il était difficile à aborder, rien que pour ses mélanges de différentes sources pour l’image.

  6. Bon, le coffret Critérion devient une nouvelle ligne sur ma wish-list (vu que j’ai un lecteur Oppo). Merci

  7. C’est quand même regrettable que le son saute sur un BR.
    Pour l’image, voici un lien qui compare les images d’une éditon dvd, de la seconde édition et du blu ray. Tu vas comprendre que pour le 16/9, 30% de l’image a été zappé.
    C’est effectivement du 35mn, mais 4/3. Ce qui est plus simple pour une diffusion Imax.
    De plus l’image est beaucoup plus lumineuse.
    Tant pis, pas de BR de ce chef-d’œuvre, et bizarre que Criterion cède à la technologie plutôt qu’au respect habituellement constaté des formats d’origine.
    Et Naqoyqatsi est incompréhensible. Image et son nul, mais surtout le creux du propos.

  8. @Domdom2006 : oui c’est vraiment dommage, mais peut-être que c’est un défaut de pressing ne concernant que certains disques ? (j’en doute un peu mais bon)
    Tu as oublié de mettre le lien.
    Du coup j’ai un doute : quand je l’ai vu en salle, je ne sais plus à quel format il était. Mais ce que je trouve étrange, c’est qu’avec un pan & scan, y aurait des coupes « sales » sur certains visages en gros plan, ce qui n’est pas le cas.

  9. Je suis vraiment un gros « deb ». Le lien : http://www.dvdbeaver.com/film/dvdcompare2/koyaanisqatsi.htm
    Les coupes ne sont pas « sales ». Ils ont fait sauter beaucoup de haut d’image, ce qui rend le film extrêmement immersif en imax.
    Je sais bien que c’est pas la fin du monde, mais ont va quand même pas bazarder tout ce qui était en 4/3, ou tout découper !
    Pour ce film, c’est regrettable, parce que cela retire tout le « gigantisme » des décors.

  10. Merci pour le lien. Après quelques recherches, il semblerait que le film ait été projeté à l’origine dans ce format au cinéma mais que la volonté de Reggio a toujours été de le montrer dans une version widescreen (voir le paragraphe « Picture » de cet article http://www.criterionforum.org/dvd_review.php?dvd_id=1095 ). Bref, tout ça est assez étrange, avec ce référencement systématique du film avec une image au format original en 1.85:1.

    Ensuite, je n’ai rien contre le 1.33:1, au contraire, ce qui m’importe, c’est de voir les images que le réalisateur et le chef opérateur ont souhaitées façonner. Sans compter The Artist, j’ai vu récemment 3 films exploitant le 1.33 (ou 1.37) : le très touchant « Fish Tank » d’Andrea Arnold, « Tabou » de Miguel Gomes et « Post Tenebras Lux » de Carlos Reygadas – vu à Cannes, en salle le 8 mai 2013. Il y a même « L’Odyssée de Pi » qui ose placer un court plan en 1.33:1 – un choix que j’ai trouvé peu judicieux.

    En tout cas merci pour ces précisions sur « Koyaanisqatsi », mais je pense que le 1.85:1 est définitivement adopté par tous les éditeurs/distributeurs.

  11. De toute façon ça n’enlève en rien la grandeur du film et du message. Je verrai pour l’achat quand Criterion voudra bien sortir ses films directement en multizone, et pas refiler des copies moyennes aux différents éditeurs.
    par contre, je viens de lire ta critique sur l’odyssée de Pi, et tu m’as donner envie. Je pensai qu’il s’agissait d’une œuvre trop mystique et religieuse.
    Toujours agréable de revenir sur ton site.

  12. Il y a une dimension religieuse assez forte dans l’Odyssée de Pi mais le film parle de la foi dans son sens global. A voir absolument en 3D ! Et merci du compliment.

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