Stanley Kubrick : l’exposition

Vendredi dernier, je me suis rendu à l’exposition Stanley Kubrick à la Cinémathèque, privatisée pour la soirée par Allociné pour les membres du club 300. Répartie sur deux étages (représentants environ 1000 m²), cette exposition permet de plonger littéralement dans la filmographie de Kubrick, de découvrir les coulisses des tournages et des archives témoignant de la méticulosité et du perfectionnisme du cinéaste américain.

Suivant l’ordre chronologique de l’œuvre de Stanley Kubrick, l’exposition s’ouvre sur des photos de ses premiers documentaires et de son premier long-métrage, Fear and Desire, interdit à la diffusion par Kubrick en personne, une décision que continue de respecter sa femme, Christiane Kubrick. L’espace contigu est dédié à ses deux films suivants : Le Baiser du Tueur et L’Ultime Razzia. Cette mise en bouche, essentiellement composée de photographies, mène à des espaces dédiés à chaque film, où des extraits sont projetés en permanence – créant d’ailleurs une certaine cacophonie dans les entre-deux. Si vous décidez de suivre l’exposition avec un guide, vous pourrez sans nul doute apprendre de nombreuses anecdotes sur les films et leurs conditions de tournage. A propos des Sentiers de la Gloire, j’ai appris qu’il existe plusieurs versions du film, dans lesquelles la musique accompagnant l’exécution des soldats diffère : dans les versions censurées, ce sont des tambours qui retentissent alors que le montage original utilise la Marseillaise.

© Stéphane Dabrowski – La Cinémathèque française

C’est 2001 : l’odyssée de l’espace qui bénéficie de la salle la plus étendue et la plus riche. Une vaste zone est réservée à la démonstration de la technique de projection frontale auquel le film à recours, notamment dans sa première partie « L’aube de l’humanité ». Parmi tous les objets, dessins et photographies réunis, vous pourrez y découvrir une reproduction de HAL 9000, un costume de singe – plutôt effrayant malgré qu’il ne soit porté par personne ! –, une combinaison d’astronaute, l’Oscar des Meilleurs Effets Spéciaux remis à Stanley Kubrick en 1969, ainsi que la sublime montre Hamilton conçue pour le film et rééditée il y a quelques années en 2001 exemplaires :

Orange Mécanique présente de nombreux artworks ainsi que ces fameux mannequins aux positions très explicites. Autour de Shining, les robes des jumelles sont exposées non loin d’une reproduction de la maquette du labyrinthe jouxtant l’Overlook Hotel. Les amateurs de technique seront ravis d’y trouver un des chariots de steadycam qui suivait Danny en tricycle ainsi qu’une moviola, une visionneuse sonore à défilement vertical qui permet le montage d’un film.

Les archives des deux derniers films de Stanley Kubrick, Full Metal Jacket et Eyes Wide Shut, sont installés au 7ème étage, et je vous recommande d’emprunter l’escalier pour y accéder : la moquette a été parfaitement choisie pour rester dans l’ambiance Shining ! Il est intéressant de lire les extraits de scénarios, annotés et corrigés par Kubrick. Par rapport à la scène où Joker exprime son dualisme au colonel qui ne comprend pas l’opposition du Born to Kill avec le symbole de paix, on peut constater que le scénario prévoyait un dialogue plus long, plus lourd et moins percutant. On peut alors s’imaginer Kubrick, scénario dans une main, feutre dans l’autre, revoir et revoir ce dialogue pour aboutir à ce que nous connaissons aujourd’hui. C’est ce désir prononcé pour tendre à la perfection qui érige chacun de ses films aux sommets du 7ème art.

Stanley Kubrick sur le tournage d'Orange Mécanique

Après la boutique – où l’on retrouve les films de Stanley Kubrick en DVD et Blu-ray, les archives de Taschen et le guide Trois Couleurs –, un couloir arborant des photos prises par Stanley Kubrick en tant que journaliste, débouche sur une salle exceptionnelle : celle des films qui n’auront pas vu le jour, ou du moins, sans Stanley Kubrick derrière la caméra. Croquis de pré-production de Intelligence Artificelle – film qui fut tourné par Steven Spielberg, comme convenu par Kubrick avant sa disparition – , documents sur Aryan Papers et surtout, des éléments de pré-production du plus grand projet de Stanley Kubrick qui ne sera jamais concrétisé : Napoléon. Tout était prêt : scénario, acteurs, costumes, il ne manquait plus qu’à donner le premier coup de clap à ce film prévu pour durer 236 minutes et 41 secondes exactement, une donnée visible sur le plan de tournage qui témoigne encore une fois de la méticulosité et de la préparation du cinéaste. Ce dernier espace n’est pas seulement celui des projets inaboutis, en son centre trône des objectifs utilisés par Kubrick tout au long de sa carrière.

Cette exposition dédiée à l’oeuvre de Stanley Kubrick est un espace fantastique pour tout amateur de cinéma, passionné par Kubrick ou non : les premiers seront fascinés par les documents exceptionnels présentés ; les seconds seront contaminés par un virus cinématographique qui les poussera à découvrir toute la filmographie de ce cinéaste grandiose, visionnaire et incontournable.
Stanley Kubrick, l’exposition, ça se déroule à la Cinémathèque (Paris), jusqu’au 31 Juillet 2011.

Tarifs de l’exposition :
– Plein Tarif : 10€
– Tarif Réduit :  8€
– Moins de 18 ans : 5€
– Forfait Atout Prix : 7€
– Carte Cinétudiants : 7€
– Libre Pass : Accès libre
– Audioguide : 3 €

Bonus : grâce aux réseaux FNAC, MK2 et ARTEUM, la Cinémathèque vous propose de récupérer 6 marques pages à l’effigie des films de Stanley Kubrick. En vous présentant muni de ces 6 marques pages à l’accueil de la Cinémathèque, vous recevrez une affiche de l’exposition (dans la limite des stocks disponibles). Voir la liste des lieux de diffusion.

J’en profite également pour vous informer que deux nouveaux films de Stanley Kubrick vont passer au format blu-ray le 18 mai : Barry Lyndon et Lolita.

Article rédigé par Dom

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Un commentaire

  1. merciiii bcp

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