Critique : Santa & Cie

Alain Chabat revient à la réalisation cinq ans après s’être égaré Sur la piste du Marsupilami. En persistant sur les terres de la comédie familiale, et plus précisément, de Noël, il livre avec Santa & Cie une œuvre débordant d’humour et doté du soupçon de féerie qui manque tristement dans le cinéma hexagonal. Préparez votre plus belle lettre, ce Noël, c’est Chabat qui régale.

Santa Chabat

Discret au cinéma depuis quelques années, Alain Chabat restait surtout sur son excellent rôle dans le surréaliste Réalité de Quentin Dupieux en 2014, et une apparition cette année dans Valérian : la cité des mille planètes de Luc Besson, avec un look capillaire qui préfigurait son personnage de Santa Claus ici. A quatre jours – ou plutôt portes, pour compter comme ce cher protagoniste – de Noël, le vieil homme le plus vénéré parmi les enfants se voit bien embêté : ses 92 000 lutins, qui gèrent la fabrication des cadeaux à distribuer, s’évanouissent soudainement. Sa campagne Wanda Claus (Audrey Tautou) détermine que de la vitamine C devrait suffire à remettre en route cette armada. Terrifié à l’idée de se rendre sur Terre, et plus précisément à Paris, pour une nuit qui n’est pas celle de Noël, Santa Claus découvre notre quotidien en déambulant avec la plus grande candeur, pour un humour des plus délicieux, ascendant « Les Nuls », mais sans jamais de répliques pouvant perturber le plus jeune public – ou presque. C’est par ces situations cocasses, cet air de vieux benêt que prend Chabat avec aisance, mais aussi un casting idéal que Santa & Cie fonctionne du tonnerre. C’est la famille de Thomas (Pio Marmaï), un avocat, et Amélie (Gloshifteh Farahani), œuvrant au marché de Rungis, qui va accueillir et aider ce surprenant père Noël, qui se familiarisera avec notre monde et le quotidien d’enfants non endormis, les petits Maëlle (Tara Lugassy) et Mathis (Simon Aouizerate).

S’appuyant parfaitement sur la magie de Noël et la légende de Santa Claus, le film d’Alain Chabat déploie des dialogues percutants avec une poignée de jeux de mots encore plus succulents qu’une bûche glacée. C’est cet esprit qui manque cruellement aux comédies françaises actuelles, singeant dans la plus grande médiocrité l’humour potache américain (exemple récent, Alibi.com). Chabat reste fidèle à lui-même, s’appuyant sur des seconds rôles désopilants, avec quelques guests parfaits (Jean-Pierre Bacri en Père Noël de Pigalle ou encore le duo David Marsais/Grégoire Ludig en forces de l’ordre délicieusement stéréotypées). Le frère de Thomas, magicien magouilleur, Jay (Johann Dionnet) apporte aussi énormément d’humour et d’énergie à cette aventure célébrant évidemment l’aspect commercial du 25 décembre mais en se mettant à hauteur d’enfant. Grâce à l’esprit de son personnage déluré, Chabat s’amuse aussi comme un enfant, et ce, pour notre plus grand plaisir de spectateur. On pourra toujours remettre en question la qualité de la mise en scène du film, l’énergie qui y est placée compense ces lacunes malgré une chute de tension dans la dernière partie de cette comédie qui montre aussi un beau versant fantastique avec des décors fabuleux et des effets visuels réussis. Santa & Cie est un petit cadeau de fin d’année, non pas à retrouver au pied du sapin mais dans la chaleur des salles obscures. Merci petit papa Chabat !

3.5 étoiles

 

Santa & Cie

Film français
Réalisateur : Alain Chabat
Avec : Alain Chabat, Pio Marmaï, Golfshifteh Farahani, Johann Dionnet, Audrey Tautou, Tara Lugassy, Simon Aouizerate, David Marsais, Grégoire Ludig, Jean-Pierre Bacri, Brunos Sanches
Scénario de : Alain Chabat
Durée : 92 min
Genre : Comédie
Date de sortie en France : 6 décembre 2017
Distributeur : Gaumont Distribution

Bande Annonce :

Article rédigé par Dom

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