[Critique] Turn me on (Jannicke Systad Jacobsen)

Adaptée d’un roman à succès, Få meg på, for faen, Turn me on est une comédie centrée sur l’éveil sexuel et sentimental de jeunes filles vivant dans un bled isolé au plus profond des forêts norvégiennes. Pour son premier long-métrage de fiction, la réalisatrice Jannicke Systad Jacobsen livre un plaisant film qui traite de la sexualité avec humour et sans tabou.

Le phallus de la disgrâce

A l’aube de ses seize ans, Alma (Helene Bergsholm) ne supporte plus le néant champêtre où elle réside depuis toujours avec sa mère et son chien. Amoureuse d’Arthur (Matias Myren), un camarade de lycée, également prisé par une de ses copines, Alma ne sait ni comment déclarer sa flamme, ni comment assouvir les besoins nouveaux réclamés par son corps. Elle s’évade alors dans des rêves éveillés, magnifiques envolées lyriques qui rythment le film, où l’impossible se produit naturellement, prince charmant à ses côtés après une étreinte passionnée. Seulement à force de fantaisies, lors d’une fête, à l’écart de ses camarades, Alma se persuade qu’Arthur s’est approché d’elle pour la toucher volontairement avec son engin, sorti de son caleçon ; un acte étrange qu’elle s’empresse d’annoncer à ses amies qui iront trouver l’auteur qui niera alors les faits. Dès lors, la vie monotone de la jeune fille devient un enfer, surnommée par tous les jeunes « Alma la bite » et plus que jamais incapable d’avouer ses sentiments au garçon convoité.

Loin de l’humour noir qui est souvent l’apanage des comédies scandinaves, Turn me on ne joue pas non plus sur un humour gras ou scabreux dominant le genre lorsqu’il est question de sexualité. L’éveil sexuel de cette jeune fille est l’occasion de créer au travers de ses rêveries des scènes décalées, où l’obsession sexuelle flirte avec l’obscène et le burlesque. Tourné en super 16 – ce qui confère un magnifique et bientôt regretté grain à la pellicule – avec des adolescents sans aucune expérience devant les caméras, ce long-métrage charme par la simplicité naturelle du jeu et des dialogues parfois croustillants. Si le regard porté sur ces ados reste à la lisière de leurs problèmes de corps et de coeur, il faut saluer la douceur presque nostalgique qui se dégage des situations quotidiennes, des ruses à pratiquer pour obtenir des bières en étant mineurs aux attentes interminables du bus pour se rendre dans une ville plus civilisée.

Il n’est pas seulement question de sexe et de petites frustrations, notamment grâce à Sara (Malin Bjørhovde), une amie d’Alma, aux idées assez décalées, militant pour l’abolition de la peine de mort au Texas et n’hésitant pas à correspondre avec des hommes dans le couloir de la mort à propos de leurs problèmes de jeunes filles. Ainsi, des découvertes de la sexualité aux mystères impénétrables de l’amour, tous les bouleversements intrinsèques à l’adolescence sont illustrés dans cette chronique légère, subissant toutefois des moments de flottement, mais qui parvient à maintenir sa bonhomie jusqu’au bout. Charmant.

3.5 étoiles

 

Turn me on

Film norvégien
Réalisatrice : Jannicke Systad Jacobsen
Avec : Helene Bergsholm, Malin Bjørhovde, Beate Støfring, Matias Myren
Titre original : Få meg på, for faen
Scénario de : Jannicke Systad Jacobsen d’après l’oeuvre de Olaug Nilssen
Durée : 76 min
Genre : Comédie
Date de sortie en France : 18 janvier 2012
Distributeur : Zootrope Films

Bande Annonce (VO sous-titrée anglais) :

Article rédigé par Dom

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4 commentaires

  1. Et j’attends toujours mon DVD pour le voir :'(

  2. Raah, je dois voir ce film !

  3. @Aurore et Dex : Foncez en salle avant qu’il ne soit trop tard 😉

  4. Nan, j’ai reçu mon DVD (et j’habite toujours à 300km de Paris)

    http://instagr.am/p/leQo0/

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