Critique : The Town (Ben Affleck)

The Town

Film américain
Réalisateur : Ben A ffleck
Avec : Ben Affleck, Rebecca Hall, Jeremy Renner, Jon Hamm, Blake Lively, Chris Cooper, Pete Postlethwaite
Scénario de : Aaron Stockard, Peter Craig et Ben Affleck d’après le roman Prince of Thieves de Chuck Hogan
Directeur de la photographie : Robert Elswit
Monteur : Dylan Tichenor
Durée : 123 mn
Genre : Thriller, Drame
Date de sortie en France : 15 Septembre 2010

 

 

 

La trame :

A Boston, lors d’un braquage de banque, les malfaiteurs prennent en otage la directrice pour s’assurer leur sortie. Soucieux de ne pas avoir laissé d’indices à cette dernière, la bande va envoyer Doug, le chef d’équipe, surveiller la demoiselle dont il va rapidement s’énamourer.

 

Bande Annonce (VOST) :

 

Critique

Pour son second long-métrage en tant que réalisateur, Ben Affleck choisit à nouveau Boston, ville où il a grandit, comme cadre de son histoire et plus particulièrement le quartier de Charlestown qui détient un triste record mondial, celui du plus grand nombre de braquages de banques et d’attaques de fourgons blindés au km². The Town propose de suivre un groupe d’hommes qui a décidé de braquer plus pour gagner plus, sans oublier les risques qu’un tel mode de vie implique.

La vie de malfrat

Si Las Vegas est la capitale américaine du jeu, le quartier de Charlestown à Boston est celle des attaques à main armée. Le film s’ouvre sur le braquage d’une banque par une bande de locaux aux méthodes des plus rigoureuses : port de masques effrayants, collecte des téléphones et blackberrys des personnes présentes dans la banque, destruction des disques durs des caméras de surveillance et élimination des traces au chlore. Malgré leur vigilance, la belle – et peut-être un peu trop jeune ? – directrice Claire Keesey (Rebecca Hall) parvient à déclencher l’alarme silencieuse. Cette dernière est alors prise en otage pour garantir la sortie des malfaiteurs qui ne savent pas que l’un d’eux a dévoilé le tatouage sur sa nuque. James Coughlin (Jeremy Renner), la forte tête et le plus violent de l’équipe est prêt à éliminer celle qui pourrait les faire tomber, idée que ne partage pas Doug McRay (Ben Affleck, qui s’offre le premier rôle), préférant s’introduire dans la vie de la jeune femme pour qu’elle dévoile ses éventuelles informations. Une dangereuse idylle va naitre, car le FBI, bien déterminé à mettre derrière les barreaux les cauchemars des capitalistes, explore toutes les pistes pour remonter au gang de Doug. Surveillance, manipulation et braquages incessants vont faire grimper la tension.

En chair et en os

Dans les films de braquage, il est rare de voir des personnages dépassant le stade de l’archétype ; dans The Town, protagonistes et seconds rôles – du moins, la majorité – sont plus vrais que nature. Grâce aux personnages gravitant autour de lui, Doug va gagner en volume tout au long du film. Sa relation avec Claire, la plus altruiste et la plus meurtrie de tous, nous révèle un drame familial qui l’a marqué à tout jamais tandis que son amitié avec James est scellée par un homicide inévitable et la relation qu’il a vécu avec la sœur de ce dernier, Krysta (Blake Lively), une camée qui en pince toujours pour lui. Cette étude de personnage est sublimé par un casting impeccable, Jon Hamm (désormais habitué du petit écran avec la série Mad Men) campe le parfait agent fédéral rongé par sa mission ; Jeremy Renner, révélé dans Démineurs, se glisse sans mal dans la peau du dur à cuire irlandais James Coughlin ; Rebecca Hall, qui brille dans Vicky Cristina Barcelona, apparaît comme la personne idéale pour la femme sensible et ouverte – bien que, je me répète, sa position de directrice de banque me paraisse un peu déplacé – du film, Claire ; quant à Ben Affleck, braqueur au grand cœur, il délivre aussi une interprétation convaincante.

Bang Bang

The Town, solide sur sa dramaturgie, se montre aussi efficace sur les nombreuses scènes d’action qui ne sont pas sans rappeler le travail de Michael Mann, justifiant la comparaison avec Heat où s’affrontait Robert De Niro et Al Pacino. La mise en scène brute, la caméra virulente et le montage nerveux – mais toujours soucieux de délivrer un bon niveau de lisibilité –, font des courses poursuites et fusillades des séquences énergiques et palpitantes. L’ambiance sonore n’est pas en reste, la sonorisation des armes selon l’environnement – parking, appartement ou en extérieur – est d’un réalisme inouï contribuant grandement à l’intensité des affrontements. Cependant, Ben Affleck ne parvient pas à happer le spectateur dans un climax époustouflant comme savent le faire de grands noms tel que Scorsese ou Mann. Cela n’entache en rien les qualités de The Town qui se permet des pointes d’humour et des instants d’introspections délicats dans cet univers où les seules bifurcations proposées semblent mener vers les barreaux d’une cellule ou les planches d’un cercueil.

Conclusion

The Town propose un thriller captivant d’une efficacité rare, que ce soit sur le plan dramatique que celui de l’action. Le présage d’une belle carrière derrière les caméras pour Ben Affleck.

Note : 8/10

Article rédigé par Dom

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6 commentaires

  1. bon globalement le film est très bien accueilli. je pensais que son style très classique lui vaudrait plus de critiques négatives.

  2. Je ne suis pas aussi optimiste ! J’ai trouvé la trame sentimentale d’une niaiserie… Et le scénario est tellement prévisible. Bref, je n’ai pas accroché du tout.

  3. @Alexandre, pour moi, être classique n’est pas une tare, du moment que tu es efficace et sincère – des qualités que j’ai retrouvé ici !

    @Cinemarium, je vois ce que tu veux dire car j’ai un ami qui doit avoir un point de vue similaire au tien et nous en avons pas mal discuté. Je vais voir sur ta critique.

  4. Je serai plus de l’avis de Cinemarium, jamais je n’ai ete pris par le film qui me semble un tantinet plagie, quoique transpose a Boston. C’est le probleme des films de genre, ils viennent apres une ribambelle de chefs d’oeuvre et souffrent de la comparaison.

  5. J’adore le foie gras, mais j’aime aussi un bon paté de campagne. Tout ca pour dire que si on ne devait regarder et apprécier que des chefs d’oeuvre ca serait la disette. Bref, chuis d’accord avec Dom. Un film classique avec une histoire qui tient la route, des acteurs convaincants et un réalisateur qui sait tenir la caméra ca suffit déjà à mon bonheur. Et Ben Affleck, avec ce film et Gone Baby Gone m’a fait passer deux bons moments de cinéma.

  6. @Cyrille, et surtout, quand un réalisateur est à ses débuts, qu’il se cherche lui-même, il est évident qu’on le comparera aux cinéastes qui l’inspirent.

    @Pitivier, j’aime beaucoup la comparaison gastronomique.

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