Critique : When You’re Strange (Tom DiCillo)

When You’re Strange
Film américain
Réalisateur : Tom DiCillo
Avec :  Johnny Depp (voix), Jim Morrison, John Densmore, Ray Manzarek, Robby Krieger
Directeur de la photographie : Paul Ferrara
Monteurs : Micky Blythe, Kevin Krasny
Durée : 90 mn
Genre : Documentaire, Musique
Date de sortie en France : 9 Juin 2010

 

 

 

 

 

 

Synopsis :
Retrospective sur la carrière du groupe américain The Doors et de son chanteur, Jim Morrison.

 

Bande Annonce (VO) :

 

Critique

Il y a certains groupes que l’on écoute au quotidien et dont ignore absolument tout de leur histoire. Si je connais l’épopée Led Zeppelin sur le bout des doigts, je dois – devais – avouer ne rien connaitre des Doors, si ce n’est l’origine de ce nom, du destin tragique de Jim Morrison ainsi que de ses frasques – et, bien entendu, leur musique, un rock psychédélique ancré dans le blues et sous l’influence du jazz et des musiques de fanfares. C’est donc avec un véritable regard de néophyte que j’ai découvert When you’re Strange, documentaire réalisé par Tom DiCillo.

Jim Morrison au volant d’un bolide sur une route désertique. A la radio, un homme annonce froidement sa mort, le 3 Juillet 1971 à Paris. Le temps semble ralentir sous le coup de cette annonce, tout devient lourd et pesant. Une flamme nait sur la pointe d’une allumette et la musique jouée à l’envers nous ramène dans le passé. La discographie du groupe est aperçue entre les scènes de concert, nous revenons à la création des Doors, l’été 1965 en Californie. Comme pour de nombreux groupes cultes, c’est le hasard d’une simple rencontre, celle de Jim Morrison, poète un peu bohème, avec le claviériste Ray Manzarek, subjugué alors par ses écrits, qui sera à l’origine du raz-de-marée qui bouleversera le monde de la musique pour toujours.
Tom DiCillo constitue son documentaire d’images d’archives en tout genre : photographies, coupures de presse, scènes de concert, de répétitions, d’enregistrement et bribes de films tournés par les Doors. C’est Johnny Depp qui narre la fulgurante histoire de ce groupe majeur aux sonorités inimitables et ce, dès le premier album qui contient des titres tels que Break on Through, Light My Fire, Alabama Song, ou encore The End qui sera utilisée par Francis Ford Coppola pour nous plonger au coeur d’Apocalypse Now. Après la formation et la présentation des membres – Jim Morrison au chant, Ray Manzarek aux claviers, John Densmore à la batterie et Robby Krieger à la guitare –, le métrage va concentrer sa narration autour de Morrison, centre de gravité du groupe qui, de part sa timidité prononcée lors des premiers concerts, ne présentaient aucun signe annonciateur du statut auquel il sera érigé. Sans tourner le dos à l’histoire des Etats-Unis, mouvement hippie et guerre du Vietnam, When You’re Strange devient un document complet permettant de comprendre The Doors et surtout, la spirale infernale dans laquelle Jim Morrison tomba en accédant aux premières marches de la gloire. Excès de talent, excès de drogues, excès d’alcool, excès de révolte, excès d’illumination – c’est par une démesure totale et insoutenable que Jim Morrison s’autodétruira, incapable de renouer avec le modeste poète devenu soudain si immense.

Si je ne résumerai pas dans ces courtes lignes tous les évènements détaillés dans ce documentaire, allant des processus créatifs aux concerts avortés pour conclure sur l’exile parisien de Jim Morrison, je peux affirmer qu’il condense habilement en quatre-vingt-dix minutes tout ce que l’on voudrait savoir sur The Doors et leur musique ; ainsi, le travail effectué par Tom DiCillo est une réussite.

Conclusion

When You’re Strange est un documentaire captivant qui utilise la musique comme vecteur de la narration et peut prétendre alors à faire découvrir les Doors à quiconque n’aurait jamais entendu parler d’eux ou de leur musique – mais est-ce que ça existe des amateurs de musique qui ne seraient jamais tombés sur les mélodies du quatuor californien ? Quant aux fans acharnés, je ne sais pas s’ils trouveront ici matière à les passionner, mais lorsqu’on aime un groupe, on ne refusera jamais un documentaire réalisé avec coeur et brio.

Note : 8/10

Article rédigé par Dom

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