Critique : Resident Evil Bienvenue à Raccoon City

Surprise, la saga Resident Evil est de retour au cinéma, cette fois avec la volonté de renouer avec les racines du jeu vidéo. Resident Evil : Bienvenue à Raccoon City réunit les personnages et trames des deux premiers jeux sortis sur Playstation – et récemment revisités alors que deux autres suites ont vu le jour depuis 2017. Des intentions louables pour un résultat encore une fois lamentable.

Nouveau naufrage

Paul W.S. Anderson avait mis fin à son massacre de la série Resident Evil en 2017 avec Resident Evil chapitre final. Jamais le réalisateur n’aura cherché à s’approcher de l’ambiance de la saga de jeux vidéo horrifiques ; on pouvait donc se réjouir d’une volonté de revenir au travail original de Shinji Mikami et Tokuro Fujiwara, cette découverte d’un manoir infesté de zombies et créatures cauchemardesques dévoilant, peu à peu, les agissements terribles d’une puissante société pharmaceutique, Umbrella Corp. Confié à un cinéaste qui compte pour faits d’armes des films de requins qui tiennent, au mieux de la série B, Resident Evil : Bienvenue à Raccoon City semblait partir avec un certain handicap qui se confirme rapidement. Si un véritable soin a été apporté à la direction artistique dans ses grandes lignes, principalement les décors, le film de Johannes Roberts souffre d’une narration lourde et arythmique, liant les deux trames parallèles des deux premiers jeux vidéo, ce qui brasse un grand nombre de personnages. Des personnages qui souffrent d’un casting calamiteux : si l’on peut sauver Kaya Scodelario en Claire Redfield, Robbie Amell en Chris Redfield et Neal McDonough en William Birkin, les autres personnages ont été confiés à des comédiens trop éloignés des personnages originaux, ne leur insufflant aucun charisme. Ce qui confère au long métrage une atmosphère de série Z, renforcée par des dialogues minables et sur-explicatifs, là où le jeu nous plonge au cœur de l’horreur en dévoilant son récit du point de vue unique du protagoniste joué.

Affichant un sérieux de plomb avec une poignée de scènes en rupture mais dont les effets comiques tombent à l’eau, Resident Evil : Bienvenue à Raccoon City ne parvient jamais à installer l’ambiance si angoissante du jeu. Les zombies sont affligeants par les effets spéciaux employés tandis qu’une partie du bestiaire des deux premiers jeux se succède à l’écran comme simple faire-valoir pour les amateurs de la saga, du corbeau – scène ridicule – au licker – scène d’action inefficace, comme l’intégralité des séquences de ce type dans le film. S’ajoutent à cela des effets sonores au rabais et une incapacité à dépasser ce qui pourrait ressembler à un « fan film » réalisé avec des moyens dérisoires. Tout est si artificiel et désincarné, alors qu’encore une fois, il suffisait de suivre scrupuleusement ce qui fait le sel des jeux vidéo, et probablement de se limiter à la narration du premier opus sorti en 1996. D’une lenteur effroyable, ce nouveau long métrage doit probablement placer sur la première place du podium Resident Evil comme l’un des jeux vidéo les plus souillés par le cinéma. Une œuvre punitive, à fuir.

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Resident Evil : Bienvenue à Raccoon City

Film allemand, américain
Réalisateur : Johannes Roberts
Avec : Kaya Scodelario, Robbie Amell, Hanna John-Kamen, Neal McDonough, Tom Hopper, Avan Jogia, Donal Logue, Nathan Dales, Josh Cruddas
Titre original : Resident Evil: Welcome to Raccoon City
Scénario de : Johannes Roberts
Durée : 107 min
Genre : Horreur, Action
Date de sortie en France : 2021
Disponible en DVD et Blu-ray depuis le 2021
Distributeur : Metropolitan FilmExport

 

Photos du film Copyright Metropolitan FilmExport

Article rédigé par Dom

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