Critique : David Lynch The Art Life

Alors que la saison 3 de Twin Peaks débarquera au mois de mai 2017, voici un nouveau documentaire consacré à l’immense David Lynch. Dans David Lynch : The Art Life, l’artiste raconte son enfance, sa passion pour la peinture et les éléments qui l’ont conduit, progressivement, vers le 7ème art.

Du pinceau à Eraserhead

Si vous recherchez des informations ou des explications sur les œuvres cinématographiques de David Lynch, ce n’est pas ici que vous les trouverez. Ce documentaire se penche finalement très peu sur le cinéaste pour se concentrer sur la jeunesse de cet artiste hors du commun, tout en le suivant aujourd’hui dans son studio. Si les trois réalisateurs, Rick Barnes, Olivia Neergaard-Holm et Jon Nguyen sont parvenus à entrer dans l’intimité du réalisateur de Lost Highway et Mulholland Drive, ce dernier s’est livré en préservant l’aura mystérieuse de son œuvre cinématographique. C’est donc Lynch en personne qui raconte en voix-off son enfance dans une famille saine et aimante – élément qui va à l’encontre du cliché de l’artiste malheureux dans sa jeunesse et qui a trouvé comme exutoire ou échappatoire à ses démons l’art. Toutefois, des événements extérieurs ont marqué David Lynch, comme l’apparition presque surnaturelle d’une femme nue et en pleurs ou bien un tragique accident dans le voisinage. Comme le savent déjà les fans du cinéaste, c’est la peinture qui l’a conduit vers le cinéma. Du Montana vers Philadelphie, David Lynch commence à mener une vie d’artiste qui ne plaît guère à son père, mais il reçoit le soutien d’autres artistes ainsi que de sa première femme, Peggy. De ses premiers essais en tant que réalisateurs pour des courts métrages au culte Eraserhead, on découvre notamment que sa carrière de cinéaste n’a tenu qu’à un fil, une bourse afin d’entrer dans une école de cinéma qui l’extirpera de la morosité de Philadelphie pour le soleil californien.

Photos et vidéos familiales entrecoupent des scènes du quotidien actuel de David Lynch, qu’il consacre pleinement à la peinture, parfois en compagnie de sa dernière fille, la petite Lula. David Lynch – The Art Life développe une ambiance parfois pesante, à l’aide de sa propre musique, son blues hanté et crépusculaire, mais aussi d’effets sonores qui semblent sortir de sa filmographie. Le documentaire présente de nombreuses œuvres plasturgiques et picturales de David Lynch, dont certaines qui furent exposées lors de l’exposition « The Air is on fire » à la Fondation Cartier pour l’Art Contemporain en 2007. Ces moments d’intimité, dans le quotidien de Lynch ainsi que dans sa jeunesse, s’adressent surtout aux fans du réalisateurs – qui paradoxalement, connaissent déjà certains éléments racontés ici. En éclaircissant des zones d’ombre de l’enfance tout en préservant les mystères du cinéaste, David Lynch : The Art Life ne dresse pas vraiment un portrait mais établit un pont direct entre l’éveil artistique d’un homme et l’artiste accompli, revenu à ses premiers amours puisque le dernier long métrage de David Lynch, Inland Empire, a désormais onze ans. Il y a eu bien sûr eu des clips et courts métrages depuis, mais peut-être que cela témoigne d’un autre élément, que la forme d’expression importe peu pour cet artiste complet qu’est David Lynch. Les mystères, énigmes et cauchemars ont plus d’un vaisseau pour se faufiler de l’esprit de ce génie jusqu’au notre.

3.5 étoiles

 

David Lynch : The Art Life

Film américain
Réalisateurs : Rick Barnes, Olivia Neergaard-Holm, Jon Nguyen
Avec : David Lynch
Durée : 90 min
Genre : Documentaire
Date de sortie en France : 15 février 2017
Distributeur : Potemkine Films

Bande Annonce (VO) :

Article rédigé par Dom

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