Test Blu-ray : Mad Love in New York

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Fiche Technique :

Mad Love in New York (2014) réalisé par Benny Safdie et Josh Safdie
Avec : Arielle Holmes, Caleb Landry Jones, Buddy Duress
Titre original : Heaven Knows What
Durée : 97 mn
Genre : Drame
Blu-ray testé : Edition française – Région B
Pistes Audio : Anglais DTS-HD Master Audio 2.0, PCM 2.0
Sous-titres : Français
Format d’image : 1.78:1
Codec : MPEG-4 AVC
Résolution : 1080p
Editeur : Carlotta Films

 

Synopsis :

A New York, un couple de vagabonds toxicomanes, entretenant une relation conflictuelle, se bat contre leur addiction.

Le film :

Rien ne l’indique au spectateur qui n’aurait fait aucune recherche sur le film mais Mad Love in New York se base sur la propre expérience d’Arielle Holmes, jeune femme sans domicile fixe, repérée par Josh Safdie dans le métro new-yorkais. Alors qu’il lui propose un rôle dans un film tout autre, il découvre sa condition et la pousse à écrire sur son quotidien afin de tourner un long métrage sur cette partie de sa vie. La jeune femme accepte et se retrouve à jouer son propre rôle sous le nom de Harley.

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Mad Love in New York saisit de réalisme, tourné presque exclusivement en caméra portée, loin des comédiens dans les scènes de rue afin qu’ils se glissent dans le paysage urbain sans révéler qu’un tournage a lieu. Il se dégage même une forme d’hyperréalisme, de réalité parfois planante, entre le rêve cotonneux et le cauchemar glaçant lorsque la musique électronique d’Ariel Pink ferme la porte à la captation sonore pour mener à un espace inconnu. Mais surtout, le film des frères Safdie se montre poignant grâce à ses interprètes. Arielle Holmes, magnétique, possède une capacité phénoménale à déployer ses émotions et à les communiquer au cœur du spectateur. Le film s’ouvre alors qu’elle décide de se suicider, seul acte qui pourrait lui valoir le pardon de son copain Ilya (Caleb Landry Jones, l’un des rares acteurs professionnels face aux caméras).

Dur sans apitoiement dès son premier acte, le film passe par la case hôpital psychiatrique pour son générique uniquement, avant de retrouver son foyer à ciel ouvert où le quotidien se décompose entre mendicité et prise d’héroïne. Ce qui frappe dans le film au-delà de son réalisme tient dans l’absence de mains tendues envers ces jeunes perdus. Que ce soit les passants impassibles ou bien les personnages qui se laissent glisser mutuellement dans leur vice, la perte de connexion avec la société et la pernicieuse chute dans le shoot provoquent une sensation de malaise et d’impuissance. D’autant plus qu’il y a une volonté de vivre et d’aimer forte chez Harley/Arielle, une volonté autant bridée par l’héroïne qu’un compagnon au comportent vicieux et destructeur. Mais il y a aussi un autre homme dans sa vie, Mike (Buddy Duress, lui aussi venu de la rue et excellent face à la caméra), dealer sans mauvaises intentions qui lui permet d’avoir ses doses nocturnes et matinales. En roue libre comme une œuvre dépourvue de tout fil conducteur, Mad Love in New York exerce un effet puissant, proche de l’ensorcellement. Josh et Benny Safdie parviennent à fusionner le réel et le fictionnel avec un style prenant. Il n’y a ni voyeurisme, ni complaisance, juste un amour profond pour les êtres, quelle que soit leur trajectoire. Poignante chronique qui ne cède jamais aux astuces narratives, Mad Love in New York est une œuvre rare et remarquable sur le monde de la rue et l’addiction à la drogue, pur moment de cinéma salvateur : aujourd’hui, Arielle est sortie de la spirale infernale et envisage même une carrière d’actrice. On la retrouvera dans la bande d’American Honey d’Andrea Arnold, passé par Cannes – sans sa présence. Le véritable Ilya, quant à lui, n’est plus, emporté par une overdose peu de temps après la fin du film.

Bande annonce (VOST) :

 

Le Blu-ray

– Image :

Bien que le film soit tourné en numérique, le film possède une sorte de grain, de caractère singulier obtenu par le chef opérateur Sean Price Williams. L’image est presque débarrassée des noirs, les couleurs sont légèrement désaturées, et la lumière extérieure peut envelopper les comédiens dans les plans les plus larges pour donner un effet cotonneux. C’est un travail absolument remarquable, avec peu de moyens, qui est parfaitement retranscrit sur le blu-ray. Un travail qui ne perd rien sur le versant de la définition et du piqué, au contraire, les visages et vêtements sont riches en détails, la matière semble palpable. Constitué essentiellement de gros plans sur ses comédiens, Mad Love in New York balaie avant tout les parcs et trottoirs, étranges abris et fast food, le paysage labyrinthique new-yorkais ne se dévoilant que par bribes rares.

– Son :

Seule la piste en VO est testée.
Les deux pistes audio en anglais sont en stéréo (DTS-HD Master Audio et PCM). Dommage de ne pas pouvoir profiter naturellement de l’ensemble de l’installation audio pour ce film aux atmosphères sonores très travaillées. La rue et son vacarme incessant, mais aussi les mélodies électroniques exploitées avec subtilité dans l’oeuvre. Il y a notamment le Clair de Lune du regretté Isao Tomita qui apparait comme un spectre, douceur inattendue teintée de délire. Les voix sont parfaitement placées dans le mixage qui fait preuve d’un très bon dynamisme. Malgré l’absence de spatialisation, difficile de ne pas être happé par l’ambiance de Mad Love in New York.

– Bonus :

Les bonus sont en haute définition.
– 4 scènes coupées (10 mn)
– « A Hot Two Weeks » : making of du film (17 mn). Constitué aussi d’un entretien avec Arielle Holmes réalisé sur le tournage d’American Honey et qui montre aussi la réception du film au Festival International du Film de Tokyo.
– Clip vidéo d’Ariel Pink « I need a minute »
– Galerie Photos (vidéo de 4 mn)
– Bande annonce

 

Film :
4 étoiles
Image:
5 étoiles
Son :
4 étoiles
Bonus :
3.5 étoile
Avis Global :
4 étoiles
Article rédigé par Dom

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