Critique : My life directed by Nicolas Winding Refn

Compagne du cinéaste danois et mère de ses deux filles, Liv Corfixen se colle à sa première réalisation avec le documentaire My Life Directed by Nicolas Winding Refn. Capté à Bangkok pendant le tournage d’Only God Forgives, le film dresse un portrait authentique et sincère du réalisateur danois et nous offre un point de vue singulier sur sa vie de famille.

Liv Corfixen confie la difficulté rencontrée lors des tournages de son mari, par les périodes d’éloignement avec sa famille, d’où la décision de partir tous ensembles à Bangkok. Auparavant, la réalisatrice était l’un des personnages principaux de quelques documentaires sur Nicolas Winding Refn, et notamment sur son film Bleeder. Cette fois-ci, la réalisatrice souhaitait être plus qu’un simple personnage, et s’effacer derrière la caméra. Alors qu’elle désespérait de trouver quelque chose à faire pendant le tournage d’Only God Forgives, à Bangkok, Liv Corfixen pensait dans un premier temps filmer les coulisses, mais a finalement réalisé qu’il serait bien plus intéressant de faire un véritable documentaire sur sa relation avec le cinéaste, tout en montrant les hauts et les bas dans sa vie de couple. Sa place d’épouse lui permet ainsi d’explorer cela en profondeur plutôt que de se contenter de montrer les aspects les plus fun et glamours d’une telle aventure.

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Le film s’est surtout fait au montage à partir des rushs. Il fallait trouver un équilibre entre les séquences intimes et celles se déroulant sur le tournage d’Only God Forgives. Le monteur l’a bien aidé sur cet aspect, bien que la réalisatrice avait une idée précise de ce qu’elle aimait ou non. A travers son film, Liv Corfixen nous montre un réalisateur égal à lui-même, entre une singulière absence de pudeur et une profonde conscience de soi, qui l’amène subtilement à manipuler la caméra qui le filme. My Life Directed by Nicolas Winding Refn explore les contradictions d’un homme qui se bat constamment contre son ego, comme lui rappelle Alejandro Jodorowsky, dès la première séquence, et ne semble pas toujours sortir indemne du combat. Le film permet ainsi une meilleure compréhension du radicalisme d’Only God Forgives, conçu en réaction au succès public de Drive. Jusqu’à Drive, il était surtout question d’argent, de subvenir aux besoins de la famille. A travers son documentaire, Liv Corfixen nous présente un Nicolas Winding Refn en proie au doute, toujours déchiré entre ses obligations commerciales et ses aspirations artistiques. On y voit également les doutes de sa femme, compagne de l’ombre, forcée de mettre sa propre carrière de côté pour s’occuper de la petite famille. Les questions soulevées dans My Life Directed by Nicolas Winding Refn sont comment une vie de cinéaste peut mettre un couple en péril, et comment un film peut le ressouder. Tout cela a culminé à Bangkok, endroit très aliénant, où ce couple a dû plonger en lui-même, pour trouver le bon chemin et prendre les bonnes décisions. Au-delà d’un simple documentaire, ce film est une véritable thérapie de couple.

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Alors que le film commence lors de la préparation d’Only God Forgives, celui-ci s’achève avec la projection à Cannes, avec l’accueil qu’on lui connaît. Porté par une excellente bande sonore, signée Cliff Martinez, ce documentaire ravira les fans du cinéaste danois, en attendant impatiemment son prochain film, The Neon Demon, qui sera en compétition officielle à Cannes dans moins d’un mois.

4 étoiles

 

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My life directed by Nicolas Winding Refn

Film américain
Réalisatrice : Liv Corfixen
Avec : Nicolas Winding Refn, Liv Corfixen, Ryan Gosling, Alejandro Jodorowsky
Scénario de :
Durée : 58 mn
Genre : Documentaire
Disponible en DVD et VOD depuis le 27 avril 2016
Editeur : Wild Side

Extrait (VOST) :

Article rédigé par Jean-Christophe

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Un commentaire

  1. Un cinéaste passionnant. Tant sur la forme que sur le fond. Cet éclairage « familial » offre peut-être quelques clefs pour aborder l’univers de NWR

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