Critique : High-Rise

Adaptation du roman éponyme de J.G. Ballard, High-Rise place Tom Hiddleston au milieu d’une étrange expérience sociologique dans un immeuble où les différentes classes sociales sont réparties rigoureusement de haut en bas. Une œuvre assez ésotérique et parfois confuse qui ne manque pas son petit effet par la mise en scène de Ben Wheatley.

Haut perché

Et soudain, le foutoir. Malgré ses codes et sa narration elliptique à priori simple, High-Rise se montre alambiqué, voire dégénéré. Difficile de savoir si l’on perd pied par manque de concentration en ayant vu le film qu’une fois ou si le scénario qu’adapte Amy Jump, la compagne du réalisateur Ben Wheatley, se permet de semer le spectateur dans ses ramifications étranges, conduisant toute la population d’un immeuble à dérailler vers une orgie ouvrant la porte de la violence. Dans un univers rétro-futuriste, High-Rise s’apparente à une expérience sociale dans laquelle les riches dominent les classes moyennes en haut de la structure de l’architecte (Jeremy Irons), tandis que les plus pauvres, en-dessous, vivent dans une misère qui ne pourra que croître sous le joug des habitants des étages supérieurs. Le spectateur est introduit dans cet univers replié sur lui-même avec le personnage du Dr Laing (Tom Hiddleston), sorte d’électron libre au sein de cette apocalypse programmée, et qui trouvera les faveurs de la mère célibataire Charlotte (Sienna Miller).

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Quelque part entre la satire et la farce, High-Rise touche au trip cauchemardesque à l’esthétique léchée. Avec la musique électronique de Clint Mansell, ainsi qu’une surprenante reprise du SOS d’Abba par Portishead, Ben Wheatley concocte des séquences délirantes, où la forme prend le pas sur le fond, où l’ivresse va jusqu’à noyer la raison. La décadence, totale, provoque des ruptures dans le récit où valsent des personnages plus ou moins importants dans cette chute de la civilisation que nous connaissons, car c’est bien sur la base de notre société de consommation que se lance ce long métrage atypique. Luke Evans, Elisabeth Moss, Stacy Martin et Peter Ferdinando comptent parmi les membres de cette tour infernale, simple élément d’un projet titanesque de l’architecte. Expéditif sur certains points, High-Rise peine à aiguiser la virulence de son propos par ses ellipses et zones d’ombre. Reste toujours le plaisir de l’expérience pour quiconque prêt à signer pour un bail hallucinogène en compagnie d’un Tom Hiddleston aussi classe qu’impénétrable. Du cinéma haut perché !

3 étoiles

 

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High-Rise

Film britannique
Réalisateur : Ben Wheatley
Avec : Tom Hiddleston, Sienna Miller, Jeremy Irons, Luke Evans, Elisabeth Moss, Peter Ferdinando, Stacy Martin
Scénario de : d’après un roman de J.G. Ballard
Durée : 119 mn
Genre : Drame
Date de sortie en France : 6 avril 2016
Distributeur : The Jokers / Le Pacte

Bande Annonce (VOST) :

Article rédigé par Dom

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