Critique : Le Transporteur Héritage

Redémarrage de la franchise Le Transporteur, sans Jason Statham – le cachet proposé pour trois nouveaux films ayant été jugé trop faible –, Le Transporteur Héritage place alors Ed Skrein au volant d’une Audi S8. Le résultat de cette production EuropaCorp représente le pire du cinéma d’action contemporain. Allez, on étudie un peu le bousin.

Le fond du trou

Mais dans quel monde vivent Adam Cooper, Bill Collage et Luc Besson, les trois responsables du scénario atterrant de ce film d’action qui cumule joyeusement clichés racistes et séquences misogynes ? Probablement un monde où la qualité du « produit » livré importe peu tant que l’argent s’amasse dans les caisses, à renfort de placements de produits incessants, de l’iPhone à l’Audi qui semble être la seule vraie star de ce film, filmée dès la première scène comme dans une publicité. Mais Le Transporteur Héritage n’est même pas du niveau d’une publicité d’avant-séance, Camille Delamarre, monteur parfaitement calibré à la sauce cinéma d’action EuropaCorp – on le retrouve sur Le Transporteur 3, Colombiana, Taken 2 –, faisant preuve d’une absence d’idée en matière de mise en scène et de découpage assez spectaculaire. Alors qu’un combat à main nu face à une automobile roulant sans son chauffeur aurait pu donner une impressionnante séquence d’action, le sur-découpage de la scène détruit toute substance, y compris les chorégraphies. Minables, les courses-poursuites froissent de la tôle sans jamais saisir le spectateur, toujours sur-découpées mais aussi filmées sans un regard fin ni goût pour l’adrénaline, la vraie. On peut accorder qu’il soit difficile de rivaliser avec Mad Max : Fury Road et Mission : Impossible – Rogue Nation en la matière cette année, mais ce quatrième transporteur atteint un niveau de nullité record en tout point.

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Statham n’étant plus de la partie, c’est Ed Skrein qui a décroché le job de remplaçant. Un job qui lui a coûté sa place dans la série Game of Thrones pour une question de dates de tournage. Est-ce un choix judicieux face au manque de charisme et de carrure dont il fait preuve dans ce film ? Certes, la matière qu’on lui offre pour s’exprimer s’avère très limitée et la plupart de ses scènes d’action sont sabordées au montage, à l’exception d’un combat entre des tiroirs forts pratiques – le seul moment où la mise en scène parvient à transmettre une certaine rage cinématographique. Derrière le transporteur, son père, Frank (Ray Stevenson), kidnappé par des prostituées en quête de revanche – quatre fausses femmes fortes, cantonnées au rôle de potiche, prêtes à écarter les cuisses au moindre regard charmeur en évoquant du poulet basquaise, véridique ! Une galerie peu reluisante faisant des ravages dans le sud de la France dans une optique aussi tristement délirante qu’à l’accoutumée. Le cauchemar pour tout amateur de cinéma d’action, l’horreur absolue pour tout cinéphile, Le Transporteur Héritage représente le pire du cinéma franchisé, un concentré d’inepties sans aucune qualité artistique. Espérons que le box-office ait raison du tournage des deux épisodes suivants, ce qui libérera des salles pour des films bien plus légitimes que cet épouvantable navet.

0.5 étoile

 

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Le Transporteur Héritage

Film français, chinois
Réalisateur : Camille Delamarre
Avec : Ed Skrein, Ray Stevenson, Loan Chabanol, Gabriella Wright, Tatiana Pajkovic, Wenxia Yu, Noémie Lenoir
Titre original : The Transporter Refueled
Scénario de :
Durée : 96 min
Genre : Action, Thriller
Date de sortie en France : 9 septembre 2015
Distributeur : EuropaCorp Distribution

Bande Annonce (VOST) :

Article rédigé par Dom

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