Cannes 2015 : un aperçu des films

Demain débutera le 68ème Festival de Cannes, un festival dont le visage diffère déjà au travers de son nouveau président, Pierre Lescure, successeur de l’éminent Gilles Jacob. Un festival avec un jury à la présidence atypique, en duo, les merveilleux frères Coen. Un festival avec une Sélection Officielle offrant une place de choix au cinéma social – La Tête haute en ouverture affirme d’emblée cette prise de position forte. Petit point avant le début de la délicieuse tempête cannoise.

Il serait présomptueux de dire qu’il faut voir tel ou tel film, éviter telle ou telle œuvre, sur la base de noms, de comédiens, réalisateurs, ou même sur un synopsis. Etre au Festival de Cannes implique des sacrifices, il est mathématiquement impossible de tout voir, et parfois même de voir ses priorités et films les plus attendus, la faute à des séances qui se chevauchent, et parfois, des ratés où l’attente n’est pas récompensée. Si la Sélection Officielle met en avant des films sociaux, il faut espérer que ses représentants ne suivront pas le modèle éculé de la caméra épaule qui s’agrippe à son protagoniste dans la tourmente sans égard pour le cadre, l’esthétique. Bien entendu, il existe de grands films ayant opté pour ce style de mise en scène, mais gare à l’overdose et au pathos. Mais comme à l’accoutumée, les festivaliers devraient pouvoir compter sur le regard de Thierry Frémaux, dont la sélection ouverte, aux réalisateurs de renom et inconnus, diversifiée géographiquement, se montre des plus alléchantes.

The Lobster

The Lobster

Au sein de la compétition, The Lobster du grecque Yorgos Lanthimos devrait se démarquer fortement : un casting international pour une œuvre de science-fiction atypique, où le célibat est proscrit, sous peine d’être transformé en animal. Colin Farrell, Léa Seydoux, Ben Wishaw et John C. Reilly monteront les marches le vendredi 15 mai pour présenter ce singulier long métrage.

The Assassin © SpotFilms

The Assassin © SpotFilms

Il y a aussi le grand retour du réalisateur taïwanais Hou Hsia-Hsien, qui n’a pas livré de long métrage depuis huit ans. Avec The Assassin, il nous conduit avec la comédienne Shu Qi, sous les traits d’une femme entraînée pour tuer, dans la Chine du IXe siècle. Mandatée pour assassiner un membre de sa famille, elle devra choisir entre ses sentiments et la nécessité de rétablir l’ordre. Côté français, parmi les quatre en compétition, Dheepan de Jacques Audiard pourrait être un petit événement. Le film montre le parcours d’une famille de réfugiés sri-lankais allant de foyers en foyers en France, jusqu’à ce que Dheepan trouve un boulot de gardien d’immeuble en banlieue. Nul doute que la mise en scène d’Audiard, souvent de passage sur la croisette, sublimera cette histoire portée par un illustre inconnu. Autre attente, The Sea of Trees de Gus Van Sant qui conduit Matthew McConaughey au pied du Mont Fuji pour une émouvante histoire de salut. On pourra compter sur un triangle italien, (Moretti, Sorrentino, Garrone), de grands réalisateurs asiatiques (Jia Zhang-ke, Hirokazu Kore-Eda), des réalisatrices hexagonales (Maïwenn, Valérie Donzelli), et encore bien d’autres cinéastes en lice pour la Palme d’Or.

Cemetery of splendour

Cemetery of splendour

A Un Certain regard, c’est l’Asie qui devrait déplacer les foules : on pourra y découvrir le nouveau film d’Apichatpong Weerasethakul, Cemetery of Splendour, An de Naomi Kawase – qui concourait pour la Palme d’Or l’an passé avec Still the water –, Vers l’autre rive de Kiyoshi Kurosawa, Taklub de Brillante Mendoza, les sud-coréens The Shameless de Oh Seung-Uk et Madonna de Shin Su-Won.

mustang

La Quinzaine des réalisateurs s’avère particulièrement excitante : Les Milles et une nuit de Miguel Gomes, divisé en trois films, le premier long métrage de Thomas Bidegain (scénariste d’Audiard), Les Cowboys qui réunit François Damiens et John C. Reilly (aussi présent dans Tale of Tales et The Lobster), l’intriguant Mustang de Deniz Gamze Ergüven, sur la condition de la femme en Turquie, le nouveau film de Jeremy Saulnier, qui continue en couleur avec Green Room – son précédent film s’intitule Blue Ruin –, un Jaco Van Dormael avec Benoït Poelvoorde, Catherine Deneuve et Yolande Moreau, Le nouveau testament. Takashi Miike et Sharunas Bartas présenteront respectivement Yakuza Apocalypse et Peace to us in our dreams, qui devraient draguer leurs nombreux admirateurs.

Les Anarchistes

Les Anarchistes

A la Semaine de la critique, plusieurs événements, dont Les Deux amis, le premier long métrage réalisé par Louis Garrel. L’histoire de deux amis (joués par Vincent Macaigne et Louis Garrel) qui partent à la conquête d’une même femme (Golfshiteh Faranih), Les Anarchistes d’Elie Wajeman, mené par Adèle Exarchopoulos et Tahar Rahim ou encore le drame à hauteur d’enfants Le géant endormi d’Andrew Cividino. Enfin, dans les œuvres indépendantes de l’ACID, Cosmodrama de Philippe Fernandez intrigue avec ses voyageurs de l’espace amnésiques (parmi lesquel Jackie Berroyer, Bernard Blancan, Emilia Derou-Bernal) ou encore Gaz de France de Benoît Forgeard, qui se déroule dans les sous-sol de l’Elysée en 2020. Parmi les comédiens : Philippe Katerine !

Sac officiel du festival et son contenu

Sac officiel du festival et son contenu

Pèlerinage suprême pour les cinéphiles et cinéastes, fêtards et distributeurs, comédiens et producteurs, techniciens et exploitants, le Festival de Cannes édition 2015 s’annonce grand et surprenant. Vous pourrez suivre mes aventures dans un compte rendu quotidien ici mais aussi des réactions à chaud au travers du compte twitter @Silence_Action. Cette année, je vivrai cette aventure très proche de Stéphanie de la Filmosaure et d’Antoine Corte de Bulles de Culture, qui sont mes colocataires pour la quinzaine. Vous retrouverez sur leurs sites et flux twitter aussi de beaux récits en provenance de la croisette.

Le plan parfait du lendemain :
Assister à la projection de La Tête haute à 10:00 en salle Debussy, allumer un cierge pour rentrer dans la toute petite salle Bazin pour Notre petite-soeur de Kore-Eda à 13:00 ou 16:00, sacrifier la cérémonie d’ouverture à 19:00 – que vous pouvez suivre en clair sur Canal +, et qui s’annonce déjà exceptionnelle avec une chorégraphie préparée par Benjamin Millepied – pour voir (toujours, on l’espère en fonction de l’affluence) Tale of tales et pourquoi pas dégoter une première petite soirée. Mais la sagesse sera de mise : le lendemain matin débutera sur les chapeaux de roue avec Mad Max : Fury Road à 8:30 au Grand Théâtre Lumière.
>> Jour 1 : du social aux fables

Article rédigé par Dom

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Un commentaire

  1. J’ai hate de découvrir The Assassin!

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