Les Arcs 2014 : Bilan du festival

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Bilan de la 6ème édition du Festival de cinéma européen des Arcs, avec peu de neige, mais beaucoup d’émotions, de découvertes et d’événements qui n’ont lieu dans aucun autre festival.

Cette année, aux Arcs, il y avait une centaine de films à découvrir, du focus sur l’Irlande à la compétition en passant par le panorama européen et la thématique « snow frayeurs », se concocter un programme s’avérait délicat, d’autant plus que les activités spéciales, empiétant sur des projections, sont légion. Pour ma part, trois films de la compétition manquent à mon parcours : le thriller Hyena, qui a vu son acteur principal Peter Ferdinando recevoir le prix d’interprétation masculine, A second chance et 1001 grammes. La tendance des longs métrages étaient de s’inscrire dans le réel, de porter en leur cœur un message social et politique, comme le couronné de la Flèche de cristal The Fool, véritable cousin du Leviathan de Zviaguintsev, prix du meilleur scénario à Cannes. Il y avait le terrifiant fantôme de l’Allemagne nazie dans Le Labyrinthe du silence, essayant de dissimuler sa propre histoire et le pénible drame d’une famille croate avec These are the rules. Un film parvenait à marier habilement contexte social et mélodrame, le suédois Underdog qui saisit parfaitement la condition des immigrés suédois en Norvège tout en composant des personnages touchants, humains. Les thrillers Marshland et Waste land s’inscrivaient aussi dans un territoire précis, où le cadre et la population définissent la trajectoire même du film, peut-être parfois plus que les protagonistes eux-mêmes, dépassés par les enjeux et un monde dont le roulement leur échappe. Deux films cherchaient à s’affranchir du réel, l’un par l’absurde et en musique, le décevant Frank, et l’autre dans l’onirisme d’une histoire d’amour figée dans sa propre scénarisation, le troublant The Duke of Burgundy – triste oublié du palmarès. Ce dernier brillait par sa photographie, sa mise en scène, son atmosphère soigné, mais également grâce à ses deux comédiennes, Sidse Babett Knudsen et Chiara D’Anna, brillantes représentantes d’une compétition où les actrices trouvaient une belle place.

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Bien sûr, on pense à la récompensée Bianca Kronlöf pour Underdog, au jeu instinctif, naturel et sans fioriture, mais aussi à Arianne Labed, l’Alice du premier long métrage de Lucie Borleteau, Fidelio, l’odyssée d’Alice, mon coup de cœur de la compétition récompensé du Prix de la presse. Un film qui s’inscrit dans la lignée des œuvres de Rebecca Zlotowski, à la découverte d’un microcosme (la vie de marin) tout en s’axant sur des problématiques universelles (l’amour, la sexualité). S’il m’aura été difficile de suivre le parcours scandinave que j’avais prévu avant le coup d’envoi du festival, une projection alors inattendue a mené à une belle découverte : Good Vibrations de Lisa Barros D’Sa et Glenn Leyburn (Focus Irlande). Voilà un autre plaisir des festivals : manquer des films mais en contrepartie se retrouver face à œuvres que l’on avait négligé dans le programme.

groupe-aiguille-rouge-snow-therapyCi-dessus, les spectateurs de la projection historique de Snow Therapy à 3 226 mètres d’altitude.

Parmi les nouveautés de cette 6ème édition des Arcs, une compétition de courts métrages – que j’ai honteusement manqué dans sa totalité – qui enrichit les festivités en s’ouvrant à de jeunes réalisateurs et le Music Village aux Arcs 1800, faisant vibrer les premières nuits du festival en musique. En plus de l’exploitation de deux salles aux Charvets, permettant avec le Taillefer de constituer un pôle de trois salles faciles à relier à pied, les projections se sont aussi étendues dans d’autres villes de Savoie, donnant aux films la chance de toucher plus de spectateurs – plus de 17 000 entrées comptabilisées pour cette édition. Si on regrettera l’absence d’équipe de films pour de nombreux longs métrages en compétition, les Arcs conserve toute sa convivialité, son atmosphère chaleureuse et son esprit festif. Des caractéristiques qui s’expliquent facilement : la proximité entre les festivaliers, la plupart séjournant au village des Arcs 1950 où se trouvent la poignée de bars pour festoyer jusqu’au bout de la nuit et tester ses connaissances en cinéma – et sa résistance à l’alcool – avec les soirées Vodkaster. Il faut aussi souligner la gentillesse et la disponibilité du staff, l’absence de clivage avec les différents membres du jury et les équipes de film, que l’on côtoie au quotidien, du petit déjeuner jusqu’à la disparition de la Lune derrière les sommets. Ajoutez à cela le village des co-productions, et les Arcs se présente comme un véritable lieu d’échange, de rencontre et d’avenir pour le cinéma européen. Tirant parfaitement profit du cadre savoyard, le festival des Arcs propose toujours une multitude d’activités hors salle pour les festivaliers et professionnels présents : bi-athlon, petit déjeuner à 3226 mètres d’altitude – et cette année, la projection la plus haute d’Europe avec Snow Therapy –, igloo conçu pour danser et projeter des courts métrages, …

arcs-2014-lugeDirection l’igloo en luge

Pour ma seconde expédition aux Arcs, ces sept jours furent encore marqués par de beaux moments de cinéma, des rencontres inoubliables et le doux sentiment d’avoir eu la chance de participer à une aventure unique en son genre.
Je tiens à remercier tout particulièrement Allociné, mes trois camarades tout au long de cette aventure, Cyrille, Anthony et Hadrien, tous les partenaires du festival ainsi que l’ensemble du staff pour cette semaine exceptionnelle. En espérant retrouver les routes en lacets, les tasses de thé entre deux séances au Taillefer et la chartreuse indispensable en haute altitude l’an prochain, portez-vous bien !

Site officiel du Festival de cinéma européen des Arcs

Article rédigé par Dom

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