Critique du film [REC] 4 : Apocalypse

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Trois ans après Malveillance, Jaume Balagueró revient à la saga Rec en signant le quatrième opus. Sans caméra portée, [REC] 4 : Apocalypse se détourne du comique du précédent épisode réalisé par Paco Plaza pour revenir à une horreur plus pure. Le résultat est une catastrophe complète.

Il était un petit navire

En 2008, Rec, réalisé par Jaume Balagueró et Paco Plaza, avait marqué le cinéma d’horreur, jouant habilement sur le territoire du found footage où l’horreur et la violence travaillait la claustrophobie d’un immeuble devenu l’épicentre d’une infection. En 2009, la suite montrait que le duo de cinéastes avait déjà tout exprimé auparavant, livrant un film aussi peu efficace sur ses effets que sa construction narrative. Sans briller, Rec 3 Genesis, réalisé seulement par Paco Plaza, apportait un peu de fraîcheur à la série en s’ouvrant à l’humour dans un récit coupé des enjeux des deux premiers films. Et puis, il y avait au centre de ce mariage qui rimait avec carnage une mariée des plus charismatiques : Leticia Dolera. Le charisme, une vraie problématique pour ce quatrième film qui renoue avec les événements de l’immeuble des deux premiers longs métrages, remettant alors en scène le personnage de Manuela Velasco, la journaliste Angéla Vidal. Autour d’elle, les comédiens insipides pullulent encore plus que des zombies – le maquillage est probablement l’un des seuls départements non affectés par l’échec. La journaliste se réveille sur un navire de pêche où s’est installé un laboratoire de recherche encadré par l’armée, quelques heures seulement après les événements survenus dans l’immeuble barcelonais. Peu de place au mystère ici, et les quelques rebondissements concoctés n’apporteront aucun souffle de plus à ce film au rythme effroyable. L’horreur est là, dans l’attente des premières morsures qui sèmeront la panique à bord, et qui ralentiront le flot de dialogues insipides.

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L’inanité narrative aurait pu être pardonnée en partie si [REC] 4 : Apocalypse réussissait à atteindre ses fins horrifiques, mais Jaume Balagueró se montre incapable d’installer une atmosphère angoissante, privilégiant avec son chef opérateur une caméra épaule infecte de secousses. Ce manque d’ambition en terme de mise en scène conduit d’ailleurs à une illisibilité totale des quelques affrontements dans les mornes coursives, assez avares en effets gore – la générosité résidant probablement dans les cris et hurlements des créatures infectées. La volonté de travailler la mythologie de Rec relève également de l’anecdote, cherchant à expliciter une part de mystère qui contribuait aussi à la force du premier film. Laid et privé d’idée, ce [REC] 4 : Apocalypse surpasse sans mal la nullité du pénible second épisode. L’usage des caméras de surveillance rapproche d’ailleurs ce film d’une série désastreuse née à la même époque, Paranormal activity, dont le modèle économique doit faire rêver les producteurs de la saga hispanique : coûts de production modestes pour un profit maximal. Qu’importe les qualités des œuvres produites quand le public est systématiquement au rendez-vous. Heureusement pour le blason du cinéma de genre, ce petit tour en bateau devrait marquer la fin d’une saga au potentiel galvaudé dès la première suite. Voilà des adieux sans larme ni regret.

0.5 étoile

 

[REC] 4 : Apocalypse

rec-4-afficheFilm espagnol
Réalisateur : Jaume Balagueró
Avec : Manuela Velasco, Paco Manzanedo, Crispulo Cabezas, Ismal Fritschi
Titre original : [REC] 4 : Apocalipsis
Scénario de :
Durée : 96 min
Genre : Horreur, Thriller
Date de sortie en France : 12 novembre 014
Distributeur : The Jokers / Le Pacte

Bande Annonce (VOST) :

Article rédigé par Dom

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