[Critique] Lucy, réalisé par Luc Besson

lucy-johansson

Après le calamiteux Malavita l’an passé, Luc Besson enchaîne avec une catastrophe d’une ampleur similaire, Lucy. Scarlett Johansson, dans le rôle titre, se voit accéder à toutes ses capacités cérébrales suite à l’ingestion d’une nouvelle drogue. Le film, lui, manque sérieusement de réflexion et pêche autant sur l’action.

Le nouveau Besson part du mythe que nous n’utilisons qu’un infime pourcentage de notre cerveau. Un sophisme qui mène Lucy à donner à son héroïne un accès de plus en plus vaste à sa matière grise grâce à une drogue, ce qui lui confère des pouvoirs de plus en plus impressionnants. Il y a peu encore, Limitless avait échoué à offrir un récit convaincant avec ses pilules développant le quotient intellectuel en s’engouffrant dans une logique d’enrichissement personnel. Ici, l’échec est différent, car Lucy cherche avant tout à instruire le spectateur fort maladroitement, prétendant détenir les secrets de la vie au travers de théories douteuses. Avec ses images préhistoriques et cosmiques, on a parfois l’impression que Luc Besson s’est lancé dans un remake de The Tree of Life – distribué par EuropaCorp – à sa propre sauce, c’est à dire avec sont lot de méchants asiatiques – avec à leur tête Choi Min-sik –, de flics franchouillards, de bagnoles qui virevoltent et au centre une pépée qui n’a pas peur d’appuyer sur la détente. La rencontre entre la dimension philosophico-scientifique et l’action chère au réalisateur de Léon est un échec dont l’ampleur ne cessera de croître parallèlement au pourcentage d’utilisation du cerveau de Lucy, dont le spectateur est informé systématiquement lorsque celui-ci augmente. De Taïwan à Paris, de Lucy l’australopithèque africaine à Lucy la bimbo Johansson – au jeu terriblement faux dans la première partie du film –, ce blockbuster dessine un désastre sans frontière spatio-temporelle. Il y a peut-être une idée ou deux, notamment à propos du langage et des mathématiques, qui auraient pu mener le film sur un versant plus intellectuel, mais tout développement est banni dans cette course à l’image-spectacle. Et malgré la débauche de moyens et d’effets numériques, aucune séquence d’action ne viendra concurrencer les moments les plus intenses des premières œuvres de Luc Besson, abandonné par l’inspiration. Seule mérite de cette œuvre inintéressante, sa courte durée, qui évitera la mort cérébrale à de nombreux spectateurs.

1

 

Lucy

lucy-afficheFilm français
Réalisateur : Luc Besson
Avec : Scarlett Johansson, Morgan Freeman, Choi Min-sik, Amr Waked, Analeigh Tipton
Scénario de :
Durée : 89 min
Genre : Science-fiction, Action
Date de sortie en France : 6 août 2014
Distributeur : EuropaCorp Distribution

Bande Annonce (VOST) :

Article rédigé par Dom

Partagez cet article avec vos amis ou votre communauté :

Twitter Facebook Google Plus

Un commentaire

  1. Rebonjour, la seule qualité du film c’est Scarlett Johansson qui est plutôt à l’aise dans son rôle, pour le reste, on s’abstient. Bonne après-midi.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *