[Court métrage] Comme une poupée, de Joseph Catté

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Adaptation d’une pièce de Roland Topor, Comme une poupée est un court métrage horrifique réalisé par Joseph Catté. Découvrez le film ainsi qu’une interview du réalisateur.

Le film


Entretien avec Joseph Catté

Quel rapport entretiens-tu avec Roland Topor et pourquoi t’es-tu tourné vers une de ses pièces pour faire un court métrage ? 

Je n’étais pas spécialement familier de l’œuvre de Roland Topor avant de m’atteler à ce projet. Je connaissais évidemment ‘Marquis’ et ‘Téléchat’ de réputation mais cela n’allait pas beaucoup plus loin. A l’origine, je cherchais à travailler avec Pauline Helly, comédienne que je fréquentais en dehors du cercle professionnel, sans avoir de projet spécifique en tête. Elle m’a alors proposé quelques textes qui lui plaisaient particulièrement, dont la pièce ‘Bataille Intime’ qui a attiré mon attention.

Comment passe-t-on d’une pièce de théâtre à un court métrage de 5 minutes ?

La pièce originale est en fait une pièce courte, extraite du recueil ‘Batailles’, écrit avec Jean-Michel Ribes. Elle ne fait que quelques pages. Pour le court-métrage, j’ai évidemment retiré des passages qui me semblaient desservir le film mais les coupes ne doivent pas dépasser un tiers du texte original.
En ce qui concerne l’adaptation, le passage de la scène à l’écran, c’était la première fois que je travaillais à partir d’un texte pré-existant et non d’un scénario écrit par mes soins. Il s’agissait d’injecter mes idées personnelles et de m’approprier le texte sans trahir le travail de l’auteur. Je devais exploiter au maximum les particularités du médium cinéma (suggestion par le cadre, jeux de montage, effets-spéciaux) pour éviter une plate mise-en-image et donner un sens au travail de transposition.

La photographie est très soignée, avec différents styles entre le monologue et l’action illustrée. Vous avez visiblement tourné avec des appareils photos numériques Canon et le résultat est très séduisant. Comment l’image a été travaillée sur le tournage (et éventuellement en post-production) ?

J’ai en effet tourné avec deux reflex numériques, le Canon 5D MkII et le Canon 6D. Au niveau de l’éclairage, nous avons simplement utilisé des néons et des lampes de chevets. J’ai ensuite énormément retouché l’image en post-production. Étant graphiste de formation, j’avais la chance d’avoir les connaissances adéquates en matière d’étalonnage et d’effets-spéciaux. Au-delà du traitement des couleurs, j’ai ainsi pu ajuster la lumière, la netteté, la position de certains objets dans le cadre, les mouvements de caméras etc. Au final, entre les rushs bruts et le résultat, c’est le jour et la nuit…
Au niveau de mes influences visuelles, je devais donner une identité propre à chacune des deux séquences de mon montage alterné. Pour les scènes de rêve, je me suis inspiré du giallo, l’alliance du bleu et du rouge en étant la preuve indéniable. Pour les scènes de monologue, je me suis en revanche tourné vers une mise-en-scène plus posée et des cadres structurés, bien loin de l’aspect déchaîné des scènes de meurtre.

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A propos du tournage et de la post-production, sur combien de jours se sont déroulées ces étapes ?

Nous avons tourné quatre jours en septembre 2013. La post-production a ensuite duré presque six mois. Mon emploi de graphiste ne me permettait pas de m’y consacrer à temps plein et j’étais seul pour assurer le montage, l’étalonnage, les effets-spéciaux et le son.

Ce court métrage explore des genres délicats en France, entre le thriller et le film gore. Aurais-tu pour ambition de monter un projet de long métrage de film de genre ? 

Je me suis lancé dans ce projet spécifiquement pour m’essayer au genre horrifique. Je voulais bousculer mes habitudes car mes précédentes réalisations étaient d’avantage inspirées par les comédies musicales et l’insouciance des années 60. Au final, même si j’aime beaucoup le cinéma d’horreur, je ne suis pas plus attiré par ce genre que par n’importe quel autre.
Lorsque j’en aurais l’opportunité, j’aimerais évidemment monter un projet de long-métrage de genre. Mais pas forcément d’horreur extrême comme on peut le sous-entendre en France. Si je suis sensible à tous les cinémas, je suis surtout un grand fan de mélanges de genre et je suis souvent gêné par la capacité qu’ont beaucoup de films à ne jamais s’aventurer au-delà de leur codes… Certains films mélangent l’humour, le drame, le fantastique, la romance et n’en sont que plus riches et surprenants !

Que penses-tu de la problématique du film de genre en France, avec peu de films produits mais également peu de succès ?

Il est évident que le cinéma de genre n’est absolument pas reconnu en France, ce qui témoigne d’une énorme fermeture d’esprit et d’une frilosité dramatique de la part des financiers. Pourtant, des films comme Largo Winch prouvent que nous pouvons largement faire le poids face aux américains sur leur propre terrain. Comme les studios ont peur de l’échec, les budgets alloués sont minuscules et les réalisateurs n’ont pas les moyens de leurs ambitions. Les films ne sont donc pas satisfaisants pour le public, qui réserve un accueil mitigé à ces productions et confortent les financiers dans leurs positions. C’est un cercle vicieux dont il est difficile de sortir…

Article rédigé par Dom

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