[Les Arcs 2013] #03 Films sans concession

Taillefer

Deux films de la compétition officielle en cette 3ème journée de festival, For those who can tell no tales et Starred up. Une journée qui s’achève dans un esprit festif et glacial à l’igloo. Photo-ci dessus, le Taillefer.

notales

Après une poignée d’heures de sommeil, rapide petit-déjeuner au Manoir Savoie avant de rencontrer les attachées de presse du festival afin de planifier des interviews avec des comédiens – qui seront à découvrir sur Après la séance. Saut dans une navette pour rejoindre le Taillefer et après quelques mésaventures de changement de bus – encore une fois, oui –, j’ai découvert un film de Jasmila Zbanic, For those who can tell no tales – qui devrait sortir en France sous le titre Les femmes de Visegard. Kym Vercoe – qui joue son propre rôle, artiste à l’origine même du récit –, une australienne originaire de Sidney s’envole pour la Bosnie en choisissant son parcours en fonction d’un guide. Après Sarajevo, elle découvre la ville de Visegard et son cadre charmant. Malgré une journée bien remplie, Kym ne parviendra pas à trouver le sommeil dans l’hôtel Vilina Klas. Cette nuit d’insomnie délaisse la mise en scène digne d’un docu-fiction pour développer une atmosphère pesante, confinant le film au cauchemar éveillé. Kym apprendra sur internet que des massacres eurent lieu dans la ville de Visegard et que deux cents femmes furent sauvagement violées et assassinées dans l’hôtel où elle résida. Ne comprenant pas que l’on puisse recommander un tel lieu dans un guide, elle va retourner en Bosnie pour creuser l’aspect le plus sombre de Visegard. Dévoilant une terrible vérité que tout le monde cherche à taire ou à déformer, For those who can tell no tales est un film puissant par son parti pris engageant, où la simple touriste endosse presque le rôle d’une enquêteuse, portée par la nécessité de rendre hommage aux personnes massacrées. La petite ville perd tout son charme pour se révéler presque hostile, hantée par son passé ensanglanté qui enveloppe son héroïne. Très réussie esthétiquement, cette oeuvre permet aussi de redonner corps à un drame, de retrouver une sensibilité derrière les chiffres des victimes. Un film difficile, puissant et humain.
For those who can tell no tales devrait sortir au cinéma en France le 14 mai 2014.

starred-up

L’heure de pause avant la projection de Starred up permet, avant de se restaurer, de discuter du film tout juste découvert avec les autres festivaliers et membres du staff. S’il y a bien un adjectif pour qualifier Les Arcs, ce serait probablement « chaleureux ». Il règne une ambiance familiale, autant développée par les soirées que les rencontres anodines en journée.
Starred up est un film de David Mackenzie qui se déroule dans l’univers carcéral britannique. On suit Eric Love (Jack O’Connell), un mineur surclassé dans une prison pour adultes à cause de sa violence. Il retrouve derrière les barreaux son père, Neville (Ben Mendelsohn), qui ne ressortira plus jamais de l’enceinte d’une prison. Ultra violent et réaliste, le film est porté par son interprète principal, capable d’exploser à tout moment et de faire de son personnage un chien enragé. Il est aussi fascinant de voir comment Eric se fabrique une dangereuse arme dès son arrivée à partir d’une brosse à dents. Entre l’étude de la relation filiale et la nécessité de calmer la fureur du jeune meurtrier, Starred up examine les rares issues possibles pour son protagoniste dans un système carcéral qui n’essaie en rien de remettre les détenus sur le droit chemin. Seule lumière dans ce triste quotidien, Oliver (Rupert Friend), un bénévole animant un groupe pour apaiser la violence de certains détenus que rejoindra Eric contre son gré. Très intéressant par le portrait qu’il dresse, le film de David Mackenzie se perd quelque peu dans ses dernières minutes, oubliant le réalisme développé pour tomber dans le sensationnel et l’esbroufe – notamment dans une scène utilisant le montage parallèle. Au final, un film de prison fondamentalement peu original mais qui prend aux tripes par sa violence sans concession. Date de sortie en France inconnue mais le titre devrait être changé pour Les poings contre les murs.

A la nuit tombée, nous récupérons des luges pour nous rendre à l’igloo après une montée en télésiège. Les monts nous entourant, caressés par la lumière lunaire, rendent le cadre surréaliste et d’autant plus splendide. Avant de rejoindre la soirée animée par un DJ, nous traversons des galeries où de nombreuses sculptures impressionnantes ressortent des parois. Voici quelques photos :

aigle

loups

buffle

A nouveau, la soirée se termine O Chaud avec de joyeux lurons de chez Vodkaster et Dailymotion avant une nouvelle journée de cinéma et de plaisirs alpins.

Article rédigé par Dom

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Un commentaire

  1. Tous ses films m’ont l’air très frais ! J’aime bien la 2ème photo. Ce qui est sur aussi, c’est que la nouvelle année ne manquera pas de nouveaux films frais comme For Those who can telle no tales. J’ai hâte…

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