[Livre] « Et mes seins, tu les aimes ? » 50 fantasmes cinématographiques

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Paru chez La Musardine, « Et mes seins, tu les aimes ? » : 50 fantasmes cinématographiques est un recueil de textes signés Gérard Lenne, critique cinéma qui compte à son actif de nombreux ouvrages sur le 7ème art. Il nous propose ici de revisiter cinquante scènes érotiques en laissant libre cours à son imagination. Une œuvre qui mêle originalité et douce lubricité.

Il y a certains films qui se logent intégralement dans notre mémoire comme s’ils avaient été gravés dans le marbre, d’autres dont oublie tout au bout de quelques mois seulement, appréciés ou non. Et il y a ces films qui nous surprennent quand on les revoit, des surprises qui procèdent parfois du constat que notre souvenir d’une scène était faussé. Gérard Lenne a déjà exploré en profondeur cette relation entre le cinéma et la mémoire dans Je me souviens du cinéma (édition Balzac-Le Griot, 1989), et cette fois, avec « Et mes seins, tu les aimes ? » : 50 fantasmes cinématographiques, il s’amuse avec la mémoire du spectateur, revisitant des scènes en modifiant leur déroulement et leur dénouement. Tout le monde, cinéphile ou non, connaît le fameux cliché de Marilyn Monroe tentant de masquer sa culotte blanche, dévoilée par le courant d’air d’une bouche d’aération. Une situation qui, d’ailleurs, ne se déroule pas tout à fait dans 7 ans de réflexion de Billy Wilder puisque la véritable scène du film ne dévoile en rien les sous-vêtements de la star hollywoodienne ! Mais pour rester sur le propos et principe du livre, à partir de cette scène, Lenne va imaginer l’existence de rushs où Monroe ne porterait pas de culotte. La frontière entre réalité et fantasme est franchie.

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Marylin Monroe ouvre donc la série d’anecdotes revues et corrigées de cet ouvrage qui exploite des scènes de film allant de L’Ange bleu à Titanic de James Cameron, en passant par La Dolce Vita et Psychose d’Alfred Hitchcock. Lenne nous permet de prolonger le séjour au bordel avec Séverine dans Belle de jour, de voir sous un autre angle une situation périlleuse pour James Bond dans Goldfinger, de donner une conclusion pornographique à la scène culte ouvrant Le Mépris de Godard, ou encore d’explorer les activités nocturnes de Batman sur les coups de minuit. Certaines scènes revisitées se montrent moins séduisantes, comme l’étrange grand écart vicieux effectué avec Blanche-Neige et les 7 nains ou la revanche des femmes dans Orange mécanique, mais on navigue aisément d’un texte à l’autre, dont la longueur n’excède jamais trois pages. En plus de troubler malicieusement le souvenir que l’on garde de certaines séquences sous un mode lascif, Gérard Lenne provoque au travers de l’exposition de ses fantasmes une envie de redécouverte – tout comme l’envie de se diriger vers les œuvres encore inconnues. Du souvenir à la fantaisie charnelle, on revient toujours au même point de départ : le film, ouvrant une porte plus ou moins grande aux navigations de l’esprit.



« Et mes seins, tu les aimes ? » : 50 fantasmes cinématographiques de Gérard Lenne, édition La Musardine – 192 pages, 15€

Article rédigé par Dom

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