[Critique] La Blonde framboise (Raoul Walsh)

Remake de One Sunday Afternoon avec Gary Cooper, La Blonde framboise est une comédie de Raoul Walsh qui plonge dans les malheurs sentimentaux et financiers de Biff Grimes (James Cagney), un dentiste en-devenir teigneux mais peu solide dans les combats à mains nues. Un retour sur les mœurs de la fin du XIXème siècle léger et amusant.

La femme idéale

Biff Grimes est aux premiers abords un personnage quelque peu antipathique, le genre de teigne difficile à vivre. Alors qu’il s’apprête à sortir pour la promenade dominicale avec sa femme Amy (Olivia de Havilland), un appel d’urgence pour un arrachage de dent le replonge dans son passé mouvementé. Au seuil d’une horrible vengeance le spectateur est invité à découvrir l’origine de la rancœur qu’il garde envers Hugo Barsntead (Jack Carson). Cette comédie romantique mise en scène par Raoul Walsh en 1941 à la demande de James Cagney affiche d’intéressantes qualités historiques, vis à vis de l’époque dans laquelle l’oeuvre se déroule, mais aussi du cinéma. On y trouve Rita Hayworth dans un de ses premiers rôles consistants, à l’aube de devenir un sex symbol et une légende du cinéma ; un rôle obtenu grâce au refus catégorique de l’actrice Ann Sheridan pour camper Virginia Brush – la fameuse blonde « framboise » du titre –, alors en conflit avec la Warner. Hayworth hérite alors de ce rôle de séductrice très courtisée, plus sensible à l’argent que peut dépenser ses soupirants qu’à leurs qualités humaines. Par le biais de l’entreprenant et peu scrupuleux Hugo Barnstead, Biff parvient à approcher cette femme adulée dans tous le quartier, pour mieux atterrir à son grand dam auprès d’Amy, amie de Virginia aux manières et principes en avance sur son temps.

On ne peut que s’attacher à Biff Grimes au fil des petites mésaventures le frappant inexorablement. Cagney parvient en effet à rendre son personnage sympathique par sa détermination, son aveuglement le conduisant à prendre de vilaines gifles plus amusantes que pathétiques. Séduisant dans sa structure, sa mise en scène vigoureuse et ses dialogues fins, La Blonde framboise évoque la différence entre désir et compatibilité sentimentale : bien que Biff soit fou de Virginia, Amy cache derrière ses effrayantes paroles – pour l’époque – une tendresse et une fragilité épousant parfaitement les traits du futur dentiste. Une belle démonstration que le bonheur à deux ne répond pas toujours aux premiers élans du cœur – et encore moins à la fortune. Le récit, se déroulant à la fin du XIXème siècle, aborde également de nombreux détails croustillants qui confèrent un charme particulier à ce film au casting solide : droit de vote des femmes, découverte des spaghettis – scène géniale où se mêle jalousie, désir de rachat et comique –, anesthésie au protoxyde d’azote – le fameux gaz hilarant –, premières automobiles, …
En somme, La Blonde framboise, nouveau titre de la collection Trésor Warner, est une comédie légère qui n’a pas souffert du poids du temps, bien au contraire.

3.5 étoiles

 

La Blonde framboise

Film américain
Réalisateur : Raoul Walsh
Avec : James Cagney, Rita Hayworth, Olivia de Havilland, Jack Carson, Alan Hale, George Tobias
Titre original : The Strawberry blonde
Scénario de : Julius J. Epstein, Philip G. Epstein d’après une pièce de James Hagan
Durée : 99 min
Genre : Comédie, Romance
Date de sortie en France : 3 avril 1967
Disponible en DVD depuis le 26 septembre 2012
Distributeur : Warner Bros

Extrait :

Article rédigé par Dom

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