[Critique] Moi, député (Jay Roach)

Jay Roach, réalisateur des Austin Powers et premiers opus de la saga des Fockers, met en scène l’affrontement politique de deux stars de la comédie américaine, pour la première fois réunies : Will Ferrell et Zach Galifianakis. Si les deux joyeux lurons sont fidèles à leur bêtise hilarante, le scénario manque de piment, jusqu’à créer une routine somme toute décevante.

Député à tout prix

Depuis Very Bad Trip, la popularité de Zach Galifianakis n’a cessé de croitre, il était donc naturel de s’attendre à une rencontre avec l’une des plus grandes star de la comédie américaine (bien que ses films peinent toujours à gagner les salles obscures françaises), à savoir Will Ferrell. La rencontre est loin d’être cordiale, puisque les deux acteurs campent des personnages briguant le poste de député de Caroline du Nord. Cam Brady (Will Ferrell) a toujours été élu : facile, sans adversaire ; jusqu’au jour où de puissants industriels, désireux d’avoir un politicien dans leur poche afin de mettre en oeuvre une nouvelle magouille économique, envoient en campagne Marty Huggins (Zach Galifianakis), personnage quelque peu beauf, à la naïveté maniérée. L’affrontement débute en faveur de Cam, dont la classe, les dérives sexuelles et la capacité à nier en bloc (ou à déformer) toute bévue, contraste terriblement avec le manque de répartie et de confiance de Marty, rapidement épaulé par un coach pour le transformer en redoutable machine politique.

Proche de l’exercice satirique, Moi, député délivre sont lots de séquences poilantes dans lesquelles Ferrell et Galifianakis tentent d’écraser leur adversaire par tous les moyens possibles, même les plus dégradants – scandales sexuels – ou grotesques – terrorisme de la moustache, vol du statut de père. Des situations exubérantes qui font pourtant échos à la sottise des vrais politiciens, d’ici ou d’outre-atlantique – il y a quelques semaines encore, Todd Akin, député du Missouri, déclarait qu’une femme violée ne pouvait pas tomber enceinte ! Seulement la puérile bataille politique est loin de parvenir à emmener ses comédiens sur de nouvelles terres, ni de les porter au sommet de leur humour, se contentant de cumuler ces rounds de boxe politique les uns à la suite des autres pour déboucher sur un final niais, qui cherche à dénoncer l’hypocrisie politique avec une frontalité ahurissante – on trouve parmi les scénaristes du film Chris Henchy, à qui l’on doit Very Bad Cops et son étrange dénonciation des scandales financiers en fin de film. Le plaisir d’assister aux querelles entre Ferrell et Galifianakis est aussi immédiat qu’éphémère. Peut-être que la présence de Jay Roach derrière la caméra y est pour quelque chose, Ferrell évoluant plus souvent avec Adam McCay – ici producteur – et Galifianakis avec Todd Phillips ; la collaboration se montre ici moins efficace sur le plan comique. Les dérapages contrôlées et les coups bas outranciers ne parviennent pas à insuffler une euphorie qui aurait fait briller cette peinture humoristique de ces personnes qui nous gouvernent sans vraiment savoir pourquoi.

2.5 étoiles

 

Moi, député

Film américain
Réalisateur : Jay Roach
Avec : Will Ferrell, Zach Galifianakis, Jason Sudeikis, Dylan McDermott, Sarah Baker, Dan Aykroyd
Titre original : The Campaign
Scénario de : Chris Henchy, Shawn Harwell
Durée : 85 min
Genre : Comédie
Date de sortie en France : 29 août 2012
Distributeur : Warner Bros. France


Bande Annonce (VOST) :

Article rédigé par Dom

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