[Critique] Mobile Home (François Pirot)

Premier long métrage de François Pirot, Mobile Home suit les aventures de deux potes qui décident d’explorer le monde en vivant sur la route. Mais leur projet de rejoindre l’Islande en passant par la Russie en mobile home se voit malencontreusement ajourné, les coinçant quelque temps dans leur Belgique natale.

Immobile

Julien (Guillaume Gouix) a pour projet d’aménager la grange familiale, lui permettant ainsi de vivre aux côtés de son père, sortant d’hospitalisation. Seulement, au détour d’une nuit à camper en compagnie de Simon (Arthur Dupont), tout juste séparé de sa compagne, lui avouant être incapable de vivre en couple, ce dernier va le convaincre de l’accompagner aux quatre coins du vieux continent, pour vivre autrement, libre et sans port d’attache, où l’argent se trouverait dans des boulots saisonniers. François Pirot s’intéresse à des personnages où de nombreuses routes sont toujours accessibles, avant la trentaine, quand rien n’est encore engagé sur le long terme, et ce qui marche d’emblée avec ce duo de grands enfants, c’est la formidable alchimie opérant entre Guillaume Gouix et Arthur Dupont. La complicité extraordinaire entre les deux comédiens et leur simplicité entrainent sans mal le spectateur dans leur projet un peu farfelu de quitter aussi subitement leurs racines pour fuir l’âge des responsabilités. L’annonce du projet aux parents provoque les premiers heurts, notamment du côté de Simon, qui ne désirent pas voir les économies d’une vie partir dans le financement d’une entreprise insensée. Le récit épouse le quotidien des deux protagonistes dans une forme naturaliste, progressant au fil de leur préparation qui les mènera à l’achat d’un mobile home. Une maison sur roue qui ne les conduira qu’à une poignée de kilomètres de chez eux à cause d’une panne, forçant le duo à trouver un petit boulot si près des leurs et de leurs anciens camarades du lycée.

C’est donc un anti-road trip qui se met en place, et dans cette immobilité forcée, non loin de chez eux, Simon et Guillaume vont chacun entrevoir de nouveaux projets les éloignant petit à petit du véritable départ. L’expérience que met en scène sobrement Pirot est autant un regard tendre et amusé sur la cohabitation entre deux amis que la naissance de deux hommes, quittant au gré de l’expérience et de la confrontation aux autres en l’absence du compagnon de route, leur univers de douce insouciance. L’exemple le plus fort étant la relation naissante entre Valérie (Cathérine Salée), mère élevant son jeune fils seule, et Guillaume qui, poussé par Simon, y voyait aux premiers abords un simple coup, marrant et sans conséquence. A force d’interroger les personnages sur leurs motivations réelles sans jamais s’éloigner du bercail, le film perd de sa fougue initiale pour revenir à une chronique post-adolescente plus classique, et quelque part moins séduisante. Ce voyage intérieur possède toutefois un véritable charme qui tient autant de la justesse de son casting que de la bienveillance du réalisateur.

3 étoiles

 

Mobile Home

Film français, belge
Réalisateur : François Pirot
Avec : Arthur Dupont, Guillaume Guioux, Jean-Paul Bonnaire, Claudine Pelletier
Scénario de : François Pirot, Maarten Loix, Jean-Benoît Ugueux
Durée : 95 minutes
Genre : Comédie dramatique
Date de sortie en France : 29 août 2012
Distributeur : Distrib Films

Bande Annonce :

Vous appréciez cet article ? Partagez-le :

Mots-clefs : , , , , , , , , ,

Un commentaire sur “[Critique] Mobile Home (François Pirot)”

  1. selenie dit :

    Franchement un faux road-movie intelligent et marrant avec un vrai fond. Ces « adultes » incroyablement immature nous touche malgré tout… 3/4

Laisser une réponse