[Critique] The Amazing Spider-Man (Marc Webb)

Alors que le premier opus de Spider-Man selon Sam Raimi ne souffle que sa dixième bougie cette année, cinq après le dernier épisode de sa trilogie, Sony décide de redémarrer la franchise sur de nouvelles bases plutôt que de signer pour un quatrième épisode avec la même équipe. C’est Marc Webb, qui comptait à son actif un seul long métrage, le joli 500 jours ensemble, qui se retrouve derrière ce blockbuster opportuniste mais sympathique sur certains aspects.

Une toile de plus

Il est courant de clamer que le nombre d’histoires qui peuvent être contées, par le cinéma ou non, est des plus limités. Tout est question de variations minimes, de transpositions, de relectures. Peut-être. Qu’en est-il des œuvres que l’on « recommence », comme si la précédente copie était bonne à jeter aux oubliettes ? Le reboot est sans nul doute l’acte le plus putassier qu’impose Hollywood depuis quelques années : le public sera au rendez-vous, fans aveuglés et détracteurs, puisqu’après tout, pour parler d’un film, il faut commencer par le voir ! Ainsi, nous voilà à découvrir encore une fois comment Peter Parker, cet adolescent futé et discret, élevé par son oncle et sa tante, devient l’homme araignée. Tobey Maguire cède le costume à Andrew Garfield, qui, sans prendre la moindre considération envers les comics books, apporte un jeu plus vif et plus plaisant que son prédécesseur. La vivacité et une sorte de fougue adolescente sont d’ailleurs les qualités nouvelles de cet Amazing Spider-man, offrant sur certains points une vision plus réaliste de son super-héros, comme l’a fait Christopher Nolan dans Batman Begins.

Pas de Mary Jane dans cet épisode, jouée alors par Kirsten Dunst, mais la présence de Gwen Stacy, brillante étudiante dont le charme opère profondément sur Parker, jouée par une pétillante Emma Stone qui partage comme Andrew Garfield sa première expérience dans un blockbuster. Si la naissance du super-héros et la découverte de ses pouvoirs apporte un réel plaisir, notamment grâce à un montage dynamique et des plans qui nous place directement à la place de Spider-man, l’intrigue manque de prendre de l’ampleur avec son bad guy désuet, un scientifique se transformant en homme lézard, directement tiré du comic book. Contrastant avec la crédibilité relative des enjeux présentés au début du film, ce personnage interprété par Rhys Ifans confine plus à la bouffonnerie qu’à la terreur que devrait apportée une créature menaçante, au plan machiavélique. Ainsi, s’il n’est pas autant plombé par les élans patriotiques des Spider-man de Sam Raimi, cet opus par Marc Webb souffre dans sa seconde partie d’une écriture indigente, menant à un climax plat et sans conséquence – une tare que l’on retrouvait déjà dans les Iron Man de Jon Favreau. En somme, cette super production à la 3D souvent lamentable, laisse assez perplexe : fallait-il relancer la franchise aussi tôt, pour un résultat aussi modeste ? Sûrement pas, mais voilà peut-être une nouvelle base intéressante pour un prochain film – jusqu’au reboot suivant ? Un amuse-gueule, et rien de plus, avant The Dark Knight Rises.

3 étoiles

 

The Amazing Spider-Man

Film américain
Réalisateur : Marc Webb
Avec : Andrew Garfield, Emma Stone, Rhys Ifans, Martin Sheen, Denis Leary
Scénario de : James Vanderbilt, Alvin Sargent, Steve Kloves, d’après l’oeuvre de Stan Lee et Steve Ditko
Durée : 136 min
Genre : Action, Aventure, Fantastique
Date de sortie en France : 4 juillet 2012
Distributeur : Sony Pictures Releasing France


Bande Annonce (VOST) :

Article rédigé par Dom

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6 commentaires

  1. Dommage que sur tout les méchants de Spiderman, Webb et utilisé le Lézard j’aurais préféré voir Mystério pour ce reboot … J’irais quand même le voir mais comme beaucoup de monde, plus pour patienter en attendant le prochain Batman qu’autre chose.

  2. oh, je pensais à être le seul à ne pas complètement cassé ce film sans raison d’être mais loin d’être mauvais…

  3. oh, je pensais à être le seul à ne pas complètement casser ce film sans raison d’être mais loin d’être mauvais…

  4. @Marc : je m’y connais pas en comics books mais je pense qu’il aurait été judicieux de prendre ou bien de construire un méchant plus crédible, plus cohérent avec l’univers du film.
    @Phil : il me semble que Fred de MyScreen et Stéphanie la Filmosaure sont de notre avis. Je suppose qu’il y avait des ondes négatives dans la salle lors de la projection presse !

  5. J’irai quand-même le voir malgré cette critique mi-figue mi-raisin et malgré mes propres doutes, notamment concernant Andrew Garfield qui, contrairement à Tobey Maguire, n’a pas le physique de l’emploi. Du côté positif, ce reboot n’est pas si inutile que ça puisqu’il nous présente enfin Gwen Stacey, le premier amour de Peter, personnage qui avait été amalgamé à celui de la party girl Mary-Jane Watson pour créer la MJ trop sage de Sam Raimi qui, malgré son profond respect et sa grande fidélité thématique au matériau d’origine, s’était permis quelques petits raccourcis de ce genre. Et puis on voit Oscorp, ce qui présage l’apparition du Green Goblin pour le n°2 et donc le meutre de Gwen qui fera de la place pour MJ.
    Du côté négatif, Kirsten Dunst sur laquelle j’avoue craquer depuis Virgin Suicides va me manquer, mais bon, sa carrière ne s’est pas achevée avec Spider-Man 3… Plus préoccupant, les acrobaties en vue subjective qui, dans la bande-annonce, font vraiment trop cinématiques de jeu vidéo. Et un seul bad guy, qui de plus n’en est pas vraiment un et est selon toi un peu faiblard, c’est peut-être un peu chiche. J’aurais bien vu un deuxième trouble-fête comme le Vautour, adversaire emblématique des débuts de Spidey et qui est bien, lui, un vrai méchant. En effet, le Lézard n’a jamais été « une créature au plan machiavélique » mais bien un être souffrant du syndrôme Jekyll/Hyde dont le côté saurien n’obéit qu’à son instinct de survie et n’est une menace pour l’espèce humaine seulement que parce qu’il perçoit l’Humanité comme une menace pour ses congénères.

  6. @bfg666 : le personnage a ce côté Jekyll/Hyde mais je le trouve très mal amené dans le film – là t’as l’impression que sa véritable motivation, c’est de changer l’humanité en reptile.

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