[Critique] Dream House (Jim Sheridan)

Jim Sheridan, réalisateur salué pour Au nom du père, s’essaie au thriller fantastique. Doux euphémisme que de déclarer que cette tentative n’est pas concluante : Dream House entre dans la cour des immondices les plus onéreuses de l’année 2011. Quand casting alléchant et cinéaste de renom riment avec désastre…

Cauchemar sans issue

La véritable énigme de Dream House ne réside pas dans le film mais dans sa pré-production : comment Daniel Craig, Rachel Weisz, Naomi Watts et Jim Sheridan ont pu accepter de participer au tournage d’un film au scénario aussi ridicule, signé David Loucka, guignol de l’écriture qui n’a visiblement pas digéré Shining et Shutter Island ? Avaient-ils investi trop de pépètes en Grèce ? Ont-ils été dupés par leurs agents sous Xanax ? Ou bien, ont-ils signé au cours d’une soirée trop arrosée au Champomy ? L’enquête s’avérerait bien plus passionnante que ce long-métrage consternant de nullité, au point que le couple Craig/Weisz aurait refusé d’en faire la promotion ! Dans ce thriller psychologique ridicule qui sort de la route au bout d’une dizaine de minutes, une jolie petite famille s’installe dans une maison où un carnage se serait déroulé quelques années auparavant. Le quotidien paisible du père de cette famille « Barbie », Will Atenton, interprété par Daniel Craig, est bouleversé par l’inhospitalité étrange du voisinage et la présence menaçante d’un rôdeur épiant les siens.

Avant de sombrer dans l’absurde, Dream House peine à séduire par sa mise en scène impersonnelle, dans l’esprit des thrillers ordinaires des années 90. Scènes du quotidien doucereuses se mêlent aux fades séquences d’enquête, dans lesquelles Craig tentent vainement d’apporter une touche d’émotion.
Par son casting, cette couillonnade absolue pourrait piéger des spectateurs égarés dans les couloirs de leur cinéma préféré. Que vous soyez fervent admirateur de Daniel Craig, Rachel Weisz, ou de Naomi Watts, ne cédez pas à l’envie de les voir évoluer dans ce long-métrage entièrement bâti sur des twists affligeants tant leur mise en œuvre est abracadabrante. Alors qu’il tente de prendre le contrepied des thrillers qui jouent de la psyché du protagoniste, le film s’enfonce, dans une indigence inouïe, dans un marécage de maladresses qui pourrait provoquer le fou rire si seulement chaque minute n’était pas aussi insoutenable. Car bien qu’il ne s’écoule « que » 91 minutes jusqu’à la fin du générique, Dream House s’avère être un châtiment interminable qui se conclut dans un festival de sottises, permettant de parachever cette horreur avec brio.
Un film à recommander à vos pires ennemis.

0.5 étoile

 

Dream House

Film américain
Réalisateur : Jim Sheridan
Avec : Daniel Craig, Rachel Weisz, Naomi Watts, Elias Koteas
Scénario de : David Loucka
Durée : 91 min
Genre : Thriller, Drame, Fantastique
Date de sortie en France : 5 octobre 2011
Distributeur : Warner Bros. France

Bande Annonce (VOST) :

Article rédigé par Dom

Partagez cet article avec vos amis ou votre communauté :

Twitter Facebook Google Plus

4 commentaires

  1. Tu le vends bien ton film! 😀

  2. Un peu de peine pour Sheridan. Au nom du père était bon, My left foot excellent. Mais il a commencé à déconner avec le film du rappeur…

  3. @la méthode : alors il y a du nouveau, Jim Sheridan tenterait de faire retirer son nom du générique du film ! Voilà un geste à saluer. Apparemment, le tournage aurait été assez houleux car il aurait souhaité s’éloigner du scénario de Louka sans l’aval de la prod’
    Bref, on comprend mieux le désastre !

  4. Ca fait un moment qu’il y a un problème Sheridan… Merci de l’info en tout cas.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *