[Critique] Super 8 (J.J. Abrams)

Super 8 est un défi, celui de retrouver les valeurs du cinéma américain des années 80, et plus particulièrement des productions fantastiques de Steven Spielberg, telles que les Goonies, Rencontre du 3ème type, E.T., ou encore Poltergeist, des films véhiculant des valeurs familiales, à la narration sincère et touchante, dotés d’un grand sens de l’aventure et du mystère. Bien que Spielberg soit producteur exécutif du projet, c’est J.J. Abrams, célèbre créateur de séries TV (Alias, Lost, Fringe) et redresseur de barres (il a sauvé les franchises Mission Impossible et Star Trek) qui se charge de l’écriture et de la réalisation de cette aventure propulsée par la nostalgie d’un cinéma disparu.

Nostalgie & grand fracas

Il y a du génie narratif dans l’ouverture de Super 8 : dans une fonderie, le panneau indiquant le nombre de jours sans accident passe de 784 à 1. C’est l’hiver et un enfant, assis sur une balançoire, a perdu sa mère. Dans la maison figée par le deuil, un homme éméché fait irruption avant d’être arrêté par un policier, le veuf. La présentation des personnages et de leurs relations n’aura nécessité qu’une poignée de minutes employées avec brio.
Tout comme les Goonies en son temps, le nouveau film de J.J. Abrams, se déroulant en 1979, suit les aventures d’un groupe de pré-adolescents, tous typés, ici unis par une passion pour le cinéma qui justifie le titre du film ; ces derniers réalisent un court-métrage au format super 8, mettant en scène un enquêteur confronté à de sanguinolents zombies. Dans cette bande, il y a Martin (Gabriel Basso) qui joue le rôle du petit enquêteur ; Charles (Riley Griffiths), le réalisateur ayant tout saisi sur l’industrie du cinéma ; Cary (Ryan Lee), l’expert en explosifs et effets gores ; Preston (Zach Mills), le preneur de son ; Joe (Joel Courtney) l’accessoiriste et maquilleur – notre jeune héros –, et bien sûr, la fille populaire de l’école, Alice (Elle Fanning), qui a accepté de prêter son aura et son talent à ses camarades.

Si la patte magique de Steven Spielberg est omniprésente dans les premières minutes du film, cette dernière va s’évanouir dès un spectaculaire accident de train dont va être témoin le groupe de cinéastes et qui bouleversera le quotidien de leur petite ville. Le choc est violent : Super 8 se dresse comme la rencontre improbable des Goonies et de Cloverfield, film d’action produit par J.J. Abrams dans lequel une immense créature détruit New York. L’intervention de l’armée et la disparition de certains habitants, dont la petite Alice – Elle Fanning confirme après Somewhere qu’elle a tout pour devenir une actrice exceptionnelle –, met de côté les aventures cinématographiques du groupe au profit de la recherche d’une créature venue d’ailleurs. Les séquences d’action prennent le dessus sur le récit dont le développement ira jusqu’à s’arrêter, sans pour autant provoquer de malaise grâce un casting idéal, à l’exception du grossier Colonel Nelec (Noah Emmerich), et un humour séant au cadre du film.

C’est dans son scénario que le film manque d’envergure, de mordant, car si J.J. Abrams est loin d’être un manchot derrière la caméra, il n’a pas les mêmes qualités d’écriture que Steven Spielberg ou de ses collaborateurs des années 80, comme Chris Columbus (scénariste des Goonies et des Gremlins). Il nous conduit même à une morale sur le deuil et les maux de la vie qui semble inappropriée au terme de cette histoire mouvementée. Cependant, on ne peut s’empêcher de se poser la question suivante : qu’aurais-je pensé de ce film si je l’avais vu au cours mon enfance ? Peut-être que l’émerveillement aurait été absolu. Peut-être que les ingrédients des vieilles recettes de Spielberg assaisonnés aux effets numériques auraient pris une saveur exquise.
Ainsi, Super 8 va sans nul doute conquérir un public jeune qui, par la suite, gagnerait à découvrir les véritables pépites des années 80. Les adultes, quant à eux, risquent de rester super sceptiques.

2.5 étoiles

Un grand merci aux équipes d’Allociné pour l’organisation d’une avant-première.

 

Super 8

Film américain
Réalisateur : J.J Abrams
Avec : Joel Courtney, Kyle Chandler, Elle Fanning, Riley Griffiths, Ryan Lee, Gabriel Basso, Zach Mills
Scénario de : J.J Abrams
Durée : 112 min
Genre : Aventure, Science-fiction, Action
Date de sortie en France : 3 août 2011
Distributeur : Paramount Pictures France

Bande Annonce (VOST) :

Article rédigé par Dom

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11 commentaires

  1. Le Petit enfant (8/10 ans) qui est en moi me dit que ce film tant espéré, va faire resurgir de magnifiques souvenir de cinéma (E.T, Les Goonies ou encore Les Grimlins). Merci Mr Spielberg, Merci Mr Zeméckis, merci a tout ceux qui ont un jour œuvré à la fin des années 70’s et aux début 80’s pour qu’aujourd’hui, des gens comme J. J. Abrhams nous propose des œuvres authentique et pleines de charme. Attendu avec grande impatience, « Super 8  » nous entraine dans une histoire de club des cinq version US et Fantastique. Que du bon. Film déjà gagnant en ce qui me concerne. Un vrai film de petit garçon. Un seul mot: « Youpiiiii!!!… »

  2. Attention Cornelius, se pourrait être la désillusion : la bande annonce du film est merveilleuse, mais le film est loin d’atteindre cette magie ! N’hésite pas à venir partager ton avis quand tu l’auras vu.

  3. J’ai pas l’impression d’avoir vu le même film, je compte au mieux 3 scènes d’action sur un film d’1h50 (et elles durent pas non plus longtemps), pour moi Abrams a vraiment pas privilégié ce point. Il s’est attardé sur une ambiance, des personnages et des valeurs d’un cinéma qu’on ne retrouve plus aujourd’hui oui, ça rend le film super nostalgique à mon sens, ponctué d’un humour toujours frais et servit par d’excellents jeunes acteurs. Je pense qu’il trouvera largement son public auprès de la génération 80’s, le film a été très bien reçu outre-atlantique et quand on ose s’attaquer à des pointures comme E.T. et les Goonies, on ne sait comment on va e sortir, or Super 8 s’en est sortie admirablement (à mon sens).

  4. Un des films que j’attends le plus même si de nombreux avis m’ont quelque peu refroidi. Croisons les doigts pour que j’adhère tout-de-même !

  5. Tu ne t’étais pas trompé sur l’immonde « battle los angeles », alors je vais attendre de l’avoir vu, mais je pense que JJ n’est pas du tout au niveau des début de Spielberg, quand il réalisai ses rêves en film. Mais en regardant la bande annonce, on peut découvrir derrière « avatar 2 exclu bande annonce! 2011 » et c’est très drôle… Pourvu que cela ressemble à ça…..

  6. @DBZ, les scènes d’action prennent le dessus sur le récit, pas en quantité bien sûr. On sent bien que c’est dans ces séquences là que J.J. Abrams prend son pied et se sent comme un poisson dans l’eau, contrairement à la narration. Je ne suis pas sûr que Super 8 charme tous les accros des prods des années 80. J’ai revu les Goonies très récemment – j’ai d’ailleurs le test du blu ray à publier, à l’occasion – et c’est un tout autre monde en terme de narration, d’ambiance, d’émotion.

    @Cinemarium, domdom2006 : attention, je ne dis pas non plus que le film est un raté complet. Simplement, il m’a laissé sur une impression mitigée.
    Je n’avais pas fait attention à la fausse bande-annonce Avatar 2 et, en effet, elle est très réussie !

  7. Eh bien, j’ai personnellement regardé « Super 8 » avec mes yeux d’enfant, et donc le spectacle a été à la hauteur (même au dessus en fait) de mes espérances. Je ne pense pas que ce soit l’arrivée de l’action qui entraine une diminution de l’intérêt qu’Abrams porte au tournage, mais plus le fait qu’il décide de se centrer plus sur le personnage de Joe et « les maux de sa vie ». Mais je pense que c’est une bonne chose, car finalement le thème du tournage en Super 8 n’est pas inépuisable et aurait vite ennuyé. Et le côté passage de l’enfance à l’adolescence est traité de manière assez belle. Et je ne suis pas d’accord sur l’absence de la patte Spielberg dans la suite du film, on y retrouve beaucoup des « Dents de la mer », de « Jurassic Park », de « La Guerre des mondes », sans oublier « E.T. ». Le final est aussi très spielbergien.

  8. Oui le tournage en Super 8 a ses limites, mais la partie de cache cache aussi ! J’ai vraiment ressenti un freinage dans le récit. Le final est dans l’esprit de Spielberg mais justement trop référencé.
    Ce film a eu le mérite de me donner envie de revoir E.T. et Rencontre du 3ème type !

  9. J.J Abrams c’est un peu le Spielberg du pauvre. Saison 1 de Lost correct, Mission Impossible 3 pas mal et c’est tout.

  10. Je pense qu’il est tout à fait différent de Spielberg surtout. Ils n’ont pas du tout la même sensibilité, ni le même parcours.

  11. Abrams est une copie bien faible du Spielberg des débuts. Il a du potentiel mais pour le moment c’est assez faible pour un mec vendu comme étant son « successeur ».

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