[Critique] Hell Driver (Patrick Lussier)

Belle affiche que celle de Hell Driver: Amber Heard, cheveux dans le vent, assise à la place du mort, offre son décolleté et ses jolis gambettes à Nicolas Cage qui préfère se concentrer fermement sur le bitume, maitrisant le volant d’une main enflammée. Mais le véritable pilote du bolide, intitulé Drive Angry outre-atlantique, n’est autre que Patrick Lussier, réalisateur qui collectionne les catastrophes à n’en plus finir (de Dracula 2001 à Meurtres à la Saint Valentin). Pourtant, force est de constater que la sortie de route est évitée de justesse.

Permis B

Il s’est échappé de l’Enfer pour une noble cause : sauver le bébé de sa fille assassinée par un gourou qui s’apprête à le sacrifier dans le but de ramener Belzébuth et tous ses poteaux sur Terre. Il s’appelle Milton, et c’est un badass interprété par un Nicolas Cage qui parvient toujours à nous surprendre grâce à sa chevelure indomptable. Sur sa route, il croise Piper (Amber Heard), une serveuse qui décide de tout plaquer et de se joindre à lui dans sa quête. Mais Milton est un traqueur chassé : le comptable de l’Enfer, joué par l’excellent William Fichtner, est également à ses trousses. Rassurez-vous, ce pur scénario de série B est assumé comme tel, l’ouverture du film laisse même envisager un petit bijou de bastonnade et de vulgarité dans la lignée du Planète Terreur de Robert Rodriguez. Voir Nicolas Cage désosser sans pitié ses adversaires et aimanter les gonzesses qui croisent son regard acerbe alors que l’explosive Amber Heard mitraille sec avec son langage de charretier procure un vilain plaisir régressif. Malheureusement, le film rétrograde violemment avant même d’avoir passé le cap de la première heure.

Les touches de loufoqueries et l’humour en-dessous de la ceinture qui permettaient d’enjoliver les fusillades et courses poursuites cheap sont perdus en route. Hell Driver révèle alors sa vraie nature : un petit divertissement du cinéma bis dont la seule prétention est d’avoir été tourné en 3D. Ce n’est pas l’immersion qui est recherchée ici mais le gadget, les débris et autres objets générés sur ordinateur qui sautent aux yeux du spectateur. Les séquences d’action sans envergure s’enchainent et les surprises manquent à l’appel, et pourtant, son trio d’acteurs principaux parvient à maintenir un certain intérêt, à savoir si Milton parviendra à sauver sa descendance et à empêcher les portes de l’Enfer de s’ouvrir sur notre monde ou non. On sait parfaitement que Nicolas Cage, acteur à la carrière en dents de scie, va rebondir après un tel film, comme toujours, mais pour Amber Heard, c’est différent. La sulfureuse et talentueuse texane cumule les médiocrités lorsqu’elle détient le première rôle féminin – ou bien, inversement, lorsqu’Amber Heard ne fait qu’un passage éclair, le film sera bon (Zombieland, Délire Express). Espérons que The Ward, en salles le 3 août, brise cette malédiction.

Alors qu’il débute comme une excellente série B à la sauce grindhouse, Hell Driver termine sa course comme un gentil nanar comestible. Les amateurs d’action peu exigeants apprécieront peut-être cette nouvelle broutille dans la carrière de Nicolas Cage ; les autres, peuvent passer leur chemin sans regret.

2.5 étoiles

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Hell Driver

Film américain
Réalisateur : Patrick Lussier
Avec : Nicolas Cage, Amber Heard, Billy Burke, William Fichtner, David Morse
Titre original : Drive Angry
Scénario de : Todd Farmer, Patrick Lussier
Durée : 104 min
Genre : Action, Thriller, Fantastique
Date de sortie en France : 23 mars 2011
Disponible en DVD et Blu-ray depuis le 23 juillet 2011
Distributeur : Metropolitan

Bande Annonce (VOST) :

Article rédigé par Dom

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3 commentaires

  1. j’ai regardé mais j’aurais dû passer mon chemin lol mais j’avoue qd même que certains passages m’ont bien fait marrer !!

  2. Juste un bon délire, avec du Nicolas Cage, bon moment à la clé.

  3. Ce n’est pas vraiment le genre de divertissement qui survit à un second visionnage.

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